La vraie parole politique des luttes du printemps 2016 et quelques leçons pour l’avenir

La vraie parole politique des luttes du printemps 2016 et quelques leçons pour l’avenir

Une contribution sur le mouvement contre la loi travail 2016 de camarades. Certains points sont en débat au sein de l’UPML. Cette analyse, d’abord portée au débat entre camarades fin 2016, est maintenant livrée à l’appréciation (critique) de tous nos lecteurs. Alors n’hésitez pas à donner votre point de vue.

1) Un monde en bouleversement

a) Sur un fond de crise économique rampante, de non-reprise, de crises sociales et politiques ouvertes, et d’une tendance à la répression des mouvements sociaux ; sur un fond de guerres au Moyen Orient et de ripostes terroristes aux services des rivalités impérialistes, se dessine la très prochaine crise financière et économique. Elle accentuera toutes les contradictions fondamentales de ce monde et polarisera encore plus les conflits de classe et/ou nationaux porteurs de solutions fascistes et/ou révolutionnaires.

L’avenir de ces contradictions et de ses polarisations a son fondement dans la course mondiale aux profits du capital financier international, dans la lutte de classe que mènent les possédants mais aussi, et surtout depuis peu, elles s’alimentent des résistances à l’échelle mondiale, y compris en France, que lui opposent les classes exploitées.

b) La grande bourgeoisie française (et internationale), autrement dit les monopoles nationaux et internationaux/Super-monopoles exigent de profondes « contre-réformes » pour restaurer les taux de profit, pour être compétitif, etc. En France la poli­tique extérieure du capital financier est agressive. L’État français qui le représente mène des guerres dans pas moins de 7 pays. Sa politique intérieure est dans la même ligne : une guerre sociale, économique, politique contre le salariat, mais pas que, car elle frappe également la petite et moyenne bourgeoisie  «indépendante» – il faut à tout prix « abaisser les coûts », pour restaurer les « marges ». Ce n’est donc pas un « libre choix politique » que font et feront les gouvernements, c’est l’exigence des lois économiques capitalistes. Lois qui s’expriment également dans les politiques menées par l’UE (Accords de Lisbonne…), par la mise en place actuelle du CETA…

c) Face à cela, les nombreuses résistances, les protestations, les grèves, etc. et les traditions « démocratiques » issues des 30 glorieuses sont des entraves. Les gouvernants ont recours de manière croissante aux contraintes sociales et politiques. Les institutions de « paix sociale » (Parlement, élections,…) sont de plus en plus discréditées. Les apparences « libérales », « démocratiques » font place aux réalités dictatoriales, à la violence d’État sous prétextes de luttes anti-terroristes, d’insécurité. Nous tendons à entrer sans nul doute dans une nouvelle période de l’histoire, une période de dictature ouverte du capital, de fascisation de l’État dont le fond est l’instabilité et la crise profonde du système. Lier à la démagogie, le discours dominant du gouvernement, et de nombreuses forces politiques institutionnelles, tend à ne plus parler que de répression comme solution aux protestations populaires.

2) 2015/2016 – l’émergence d’un mouvement souterrain

a) Dans un mouvement de révolte et de ras le bol populaires très fort se multipliaient les comités de soutiens aux Air-France, aux Goodyear, les collectifs anti-guerres, anti-état d’urgence, contre la répression policière, etc. On a vu aussi de fortes manifs à Sivens, à NDDL, des anti-COP21. Et, chose extrêmement importante, un fort mouvement gréviste que les médias voulaient ignorer. C’est ainsi qu’on passait  d’une moyenne de 30 grèves par jour en juin 2015 à plus de 100 par jour début février 20161, surtout dans des petites entreprises et menées par des jeunes.  Aujourd’hui ça continue : en septembre ce sont entre 100 et 200 luttes quotidiennes.

b) Des résistances qui se développent et s’amplifient 2 : « Les autres formes de conflits du travail, souterraines, moins visibles, plus ponctuelles, relèvent bien de cette guerre de position qui permet à une société civile plus ou moins organisée de résister face à l’emprise des appareils de domination… ». « Le recours à la grève sert de plus en plus à exercer une pression politique sur les pouvoirs publics plutôt qu’une pression économique sur les employeurs du secteur privé ». C’est ce que cette étude nomme les « grèves manifestantes », dont le nombre a considérablement augmenté depuis 2009.

C’est ainsi que se constituait et se développait de mois en mois un pôle radical, surmontant l’inertie de la « gauche » social-démocrate/Vert et des directions syndicales (de la CGT, CFDT et FO principalement). Pôle encouragé et soutenu par des « anticapitalistes » de tout genre à contrecourant de la droitisation des partis de gouvernement. A contre-courant aussi du scepticisme de certains qui « n’y croyaient plus », prêt à rejeter les exploités au profit des nouvelles précarités.

c) Les partis de droite applaudissaient quand les Valls et Macron parlaient d’aller en matière de contre-réformes « vite et fort » ; la gauche (le Front de gauche, « frondeurs »), balançait entre un soutien « critique » et une faible opposition au gouvernement. Toutefois cette « gauche » s’est déconsidérée ces derniers temps : vote de l’état d’urgence ; pas ou peu de lutte contre la loi Macron, etc. Les masses populaires n’ont pas confiance, ne s’y reconnaissent pas. Les partis parlementaires coulent dans la décadence : affrontements, divisions et chez tous aucun programme n’émerge si ce n’est celui du souverainisme et du chauvinisme. C’est aussi un gouvernement rejeté, voire haï dans les milieux populaires et à travers lui un discrédit des « institutions » (l’État).

d) Après des reculs pendant des décennies (malgré les fortes résistances anti-CPE ou sur les retraites en 2010), 2016 sera la première grande lutte sous Hollande ! On commence à surmonter les multiples déceptions des contre-réformes comme l’ANI, le CICE, le pacte de Responsabilité, les lois Macron et Rebsamen, la réforme du collège, les plans Hirsch, la loi Nôtre, qui frappent toutes les catégories de salariés, du privé comme du public. Elles s’accompagnent d’intensification de l’exploitation, de management par la peur, de souffrance au travail, de suicides, de dépressions d’un quart des salariés, de la mort durant le chômage… Le ras-le-bol ne demandait qu’à s’exprimer. La loi travail sera la goutte d’eau généralisant pour demain ce que vivent déjà beaucoup aujourd’hui. On y est.

3) La direction CGT glisse à gauche – elle doit suivre le mouvement ! 

a) La forte dégradation des conditions économiques et sociales pousse les bases syndicales à la radicalité, à l’autonomie  vis-à-vis de directions incapables de sortir d’une logique de collaboration de classe. L’absence de contestation de l’ANI, la molle opposition à la loi Macron par la direction confédérale n’avait pas été comprise ni acceptée par la base de la CGT : plus de 80 structures CGT (syndicats, UL, UD, fédérations) feront entendre leurs protestations. Lors des manifs parisiennes par exemple, aucune banderole ne reprenait les mots d’ordre confédéraux qui centraient sur la « défense de l’entreprise ». Malgré ces défiances, les directions se devaient – avec du retard ! – de reconquérir la direction des luttes tout en étant les partenaires privilégiés du gouvernement social-démocrate. Ce qui donnera le double discours de la CGT au cours du mouvement contre la loi travail. Cela montre la grande importance d’un travail combatif radical et positif à la base des syndicats, contrairement à la propagande négative du blog « ouvalacgt » qui renforce bien souvent le défaitisme;

b) Toutefois cette radicalisation de la base est fortement marquée par la tradition anarcho-syndicaliste. Tradition d’activisme, rêvant de « grève générale » s’appuyant sur une vision à court terme, sur une sous-estimation de la lutte politique et un rejet, plus ou moins marqué, des Partis, reprenant des positions anticommunistes.

4) La montée en puissance et l’éclatement

a) En janvier-février 2016, manifestations importantes à Nantes, Rennes, Vannes, Quimper, etc. contre le projet d’aéroport de Notre Dame Des Landes. Puis, c’est un vaste mouvement de colère des paysans qui bloquent routes, centrales agricoles et hypermarchés. Tous ces mouvements, qui s’additionnent au mouvement gréviste, sont bien reçus dans les milieux populaires. Il s’en dégage un esprit « anticapitaliste » : rejet des grands groupes, de la « finance internationale », des diktats de l’UE, etc.

b) C’est dans ce contexte de recul social, de politiques réactionnaires et d’usure des institutions que se développent la détermination et la durée de la lutte contre la loi Travail. La pétition lancée sur les réseaux sociaux recueillent très rapidement plus d’un million de signatures ce qui rend possible l’appel à une manifestation nationale en début mars. Manifestation qui ébranlera un peu plus les partis de « gauche » et poussera au cul les directions syndicales confédérales – à l’exception remarquée de la CFDT (dont la direction se ralliera complétement au projet du gouvernement). SUD-Solidaires sera partie prenante du mouvement du début à la fin, ses militants ayant bien souvent un rôle très actif.

b) Parallèlement les étudiants et les lycéens déclenchent une lutte contre la précarité (#onvautmieuxqueça). La coordination étudiante pousse à l’élargissement de la lutte contre la loi travail. Mais celle-ci nécessitait une politique indépendante, une perspective qui a manqué tant l’anti-communisme à fortement masqué l’aspiration et la réflexion à « un autre monde ». Le gouvernement réprime violemment ce mouvement.

c) « Nuit debout » est devenue un mouvement national d’opposition, mais trop dilettante, petit-bourgeois et trop confus pour vraiment inquiéter la bourgeoisie. « ND » a eu le mérite de mettre en avant qu’il fallait mettre fin au « monde » de la loi travail – sans que ce monde soit bien défini autrement que par un « anti-capitalisme » vague, sans aucune autre alternative explicite. Autre mérite : les « nuits debout » deviendront le point de ralliement de divers mouvements de protestation : sans papiers, mal-logés, écologistes, salariés, chômeurs. Dans bien des villes, « Nuit debout » servira d’embryon de coordination des luttes existantes et de soutien à celles-ci. Mais si ces luttes n’ont pu se coordonner nationalement (malgré les tentatives de « On bloque tout » c’est qu’il leur manquait la conscience et la perspective d’une politique commune.

d) Des AG importantes, des comités de grève se sont formés fusionnant des mouvements locaux en lutte générale (et donc politique) contre le gouvernement et sa loi. Le mouvement « On bloque tout » se présentait – à une petite échelle – comme une direction alternative et lutte des classes aux directions syndicales. On notera la présence parfois importante de militants et de structures de FO, de l’UNSA et de la CFDT.

Les grèves de la fin mai chez les cheminots, celles des raffineurs, des agents des centrales nucléaires, des dockers, des agents des aéroports, des salariés de la RATP, des éboueurs… étaient des grèves ouvrières, souvent l’expression de militants CGT radicalisés. Ces mouvements de grève, même minoritaires (elles ne toucheront pas la grande industrie), ont ouvert une nouvelle phase de cette lutte avec un impact économique et politique fort. La classe ouvrière a montré un peu de sa force ! Le gouvernement et les instances européennes alertées a dû réagir (prendre dans la réserve stratégique du pétrole et des livraisons de l’étranger). D’où la colère du MEDEF et du gouvernement diabolisant la direction CGT obligée de suivre les luttes et incapable pendant un temps de rétablir l’ordre. Toutefois dans certaines régions comme dans les Bouches du Rhône la CGT plus combative a su organiser une lutte puissante : à Marseille il fallait voir les km de bateaux en attente, disent les témoins.

5) Le mouvement social et ce qu’il révèle ou « la vraie parole de la lutte »

a) Pour une forte minorité de travailleurs la crise, qui a pu écraser les consciences, n’est plus subie comme une fatalité. Les luttes sont plus déterminées ! Cela s’exprime également dans un changement large d’ambiance politique et de crise des Partis de « gauche ». Une méfiance croissante de ce qui vient d’en haut, tant de l’ « union nationale », que de l’état d’urgence. Les combats grévistes sur les conditions de travail ou pour l’emploi, entrainent une sympathie large, et l’aspiration à une société qui fasse passer les hommes avant les profits.

b) Du rejet du parlementarisme à l’action directe. En l’absence de perspectives politiques, le mouvement ouvrier tend à l’action directe. Des tendances à l’auto-orga se dégagent du carcan des syndicats « réformistes », tout en restant pour un temps dans un cadre « réformiste ». Le mouvement est devant nous et au-delà de la loi travail elle-même, cherchant son chemin contre « le monde » de cette loi Travail.

c) Le mouvement à venir, que n’arrivera pas à enterrer la politique sécuritaire, devrait encore plus surprendre. Il devrait amener à renforcer le sentiment d’appartenir à un camp, à une classe, et à réfléchir plus en profondeur sur la situation. Le mouvement a manqué d’orientation politique et de direction politique ce qui lui aurait permis de consciemment rompre avec le réformisme. Certaines revendications comme le « revenu universel », la démocratie directe expriment la forte recherche d’une autre société plus sociale et plus démocratique.

L’international. Malgré des centaines de messages de solidarité et des multiples délégations internationales, le manque de perspective se montre également dans le peu de coordination internationale. Une partie /une minorité de militants et grévistes discute et est consciente que l’essentiel de la ‘loi travail’ est dicté par le grand capital financier. Il est vu comme l’ennemie principale des travailleurs, il faut analyser sa politique à tous les niveaux (national, UE et international), le dénoncer et l’attaquer. L’internationalisme et la coordination internationale des luttes doivent se renforcer tout en combattant le repli national. De ce point de vue la déclaration de l’ICOR et sa délégation à Paris ont été des pas dans le bon sens. Elles appellent à la lutte international commune, pas à la sortie de l’UE comme objectif principal.

d) Le mouvement a subi un revers avec l’adoption forcé de la loi par le paragraphe 49.3, mais c’est un échec politique pour le gouvernement. Car le mouvement a été aussi et surtout le drapeau plus ou moins conscient de ceux qui cherchent à regrouper des forces suffisantes pour renverser « le monde de la loi travail ». L’objectif de renverser ce monde s’est renforcé. Ceux qui ont menés les luttes économiques et les militants syndicalistes radicaux sortent de cet épisode fortifiés, ayant vu la force potentielle de leur camp, la détermination et le courage qui en animent l’aile la plus avancée. Au-delà d’une lutte revendicative, il s’agissait de rejeter la décision politique d’une nouvelle loi. Les réflexions sur des « élections alternatives » montrent la volonté de dépasser la simple abstention négative.

e) Les forces organisées sont faibles et peu ou pas centralisées. Une nouveauté toutefois : le rôle de centralisation (et d’échange d’expériences) que prennent les dit « réseaux sociaux » et internet. Toutefois, des UL, des UD, des syndicats ont appelé aux protestations contre la Loi travail, signé la pétition, organisé des réunions et des manifs, etc. On peut penser que l’ensemble des « rebelles » dans la CGT, et ailleurs, ont eu un rôle positif. En absence de Parti révolutionnaire, ces fractions syndicales, les interpros et les « nuits debout » – animées bien souvent par « l’extrême-gauche » – remplissent un vide politique. Mais ils le remplissent que partiellement – décalage et différentes étapes dans la lutte (étudiants en grève, les ouvriers hésitent…). Il manque une direction nationale et internationale ; l’organisation la plus importante apparaît dans les grèves ouvrières du pétrole, des cheminots, des dockers, etc. où la CGT montre partiellement son rôle national ! Cela doit être une leçon à tirer avec les militants – le rôle de la nécessaire organisation, si souvent décriée. La lutte ne dépasse pas la défensive – la résistance à l’attaque – malgré la critique sur le fond des activistes. Sans une organisation politique pas de perspective politique.

f) Un mouvement de masse politique. Il trace dès le début une ligne de démarcation très nette, indiquant très clairement qu’il est à gauche. Il tend à rompre complètement avec le PS et avec les politiques d’alliances du Front de gauche et du PCF. On peut dire qu’il se développe à nouveau une contestation, confuse certes mais globale du capitalisme, du libéralisme et de l’impérialisme (qui s’inscrit dans une remontée internationale des révoltes ouvrières et populaires). La conscience de classe progresse et les luttes se radicalisent dans la forme. Les idées de révolution trouvent un terreau favorable chez une partie des activistes. C’est un mouvement large qui entraine de jeunes scolarisés (futur salariés, futurs chômeurs bien souvent) et beaucoup de femmes. Au-delà des manifs et des blocages, ce mouvement débat, s’interroge sur l’avenir, bref il s’engage en politique Toutefois, on ne sent pas encore une aspiration à s’organiser de manière permanente et à créer un nouveau Parti révolutionnaire.

6) Perspectives : ce qui se développe et ce que nous devons faire

a) Les manif du 15 septembre ont été des réussites ; la mise en pratique de la loi pourrait bien générée conflits ou résistances de toutes natures. A laquelle s’additionneront la réforme du collège, des conflits pas réglés à la SNCF, chez EDF, à la Poste, dans l’aviation civile, chez les agents territoriaux, le médico-social et bien d’autres encore. Sans compter les multiples luttes pour l’emploi, les conditions de travail ou les salaires, dont le nombre en ce début octobre montait à 200 par jours.

Sans parler de la crise agricole, des très nombreux procès de manifestants et militants inculpés (190 actuellement) durant les manifestations de ce printemps, ceux d’Air France, des 8 de Goodyear. Ces mouvements économiques et sociaux dispersés pourraient bien tendre peu à peu à se confondre dans une lutte politique globale. L’enjeu est alors de participer à donner à ce mouvement d’ensemble sa « vraie conscience » de classe.

b) Les luttes vont se développer c’est certain, pour s’affirmer comme « seules alternatives » face aux élections (car « seule la lutte paie ! », pour les anarcho-syndicalistes.) La tâche est alors de développer une agitation-propagande, concrète et à partir des expériences, capables d’élever le niveau de conscience et d’organisation de la classe ou de fractions de celle-ci. Autrement dit, ne pas se laisser emporter par les mouvements de lutte mais encourager les débats sur l’alternative, encourager la réflexion sur l’au-delà de cet « anti-capitalisme » très flou. Il nous faut démontrer par une propagande vivante que tout cela c’est le capitalisme régie par ses lois.

c) Quelle alternative ? Pour nous c’est clair, c’est le communisme. Mais c’est quoi concrètement le combat communiste dans une société capitaliste-impérialiste qui a réuni au niveau mondial les conditions de sa propre disparition ? Là aussi il faut être concret : face aux monopoles, face au ca­pital financier international qui s’imposent au monde, apparaît l’exigence de leurs expropriations et d’une gestion collective, de la dictature du prolétariat. Face à la « concurrence », à la compétitivité capitaliste, à la guerre doit s’imposer la coopération, l’entraide, la solidarité, l’internationalisme et la coopération internationale. On sent cette exigence dans les masses, même dans les masses petites bourgeoises, par exemple, qui dominent dans le mouvement écologiste.

d) Ne pas perdre le cap, il nous faut tra­­­vailler à l’objectif tactique immédiat : reconstruire le mouvement communiste dans la perspective du Parti. En partant de la conscience (ligne de masse) en croissance mais désorganisée, il faut travailler à recruter et former les éléments les plus avancés et faire preuve d’imagination et de réflexion dans ce que nous pouvons proposer et planifier. Promouvoir des actions vers les entreprises et les quartiers populaires. Organiser sous diverses formes larges pour aller vers l’organisation politique. Ne voir que la « faiblesse du mouvement, de type « Indignés », qui « rejetterait la théorie, une idéologie centralisatrice, et tout programme concret », disait un sympathisant, c’est ne pas voir d’où nous partons : de 10 ans, 20 ans voire plus de résignation, de replis sur soi, de passivité, d’écœurement.

e) Toutefois, nous sommes dans un véritable mouvement de masse, qui porte insuffisance et confusion, parcouru par un anticommunisme fort. Il nous faut être concret, formuler des axes de mobilisations, des revendications concrètes et l’organisation nationale et internationale. Et faire converger les protestations, les revendications. Contre le chômage, la précarité, la misère ; formuler des revendications positives comme l’exigence de la réduction du temps de travail et de son intensité, liant le social à l’écologie « le capitalisme épuisant le travailleur et la nature »… tout en combattant les idées petit-bourgeois, anars, le rejet des organisations politiques et autres. Il n’y a que comme cela que nous pourrons intéresser à la politique et à l’avenir socialiste les masses populaires. Nous pourrions travailler à réaliser avec quelques autres un tract militant, faire des réunions même avec peu de forces. Il faut profiter de la situation pour reconstruire un mouvement ML lié aux masses.

f) Nous devons nous préparer à la recherche d’un engagement, d’un parti de la part des activistes d’aujourd’hui. Nous devons réfléchir et trouver les formes d’organisation et les tactiques nous permettant de nous lier au mouvement pour reconstruire programme et organisation communistes vers le parti révolutionnaire. Et quand on parle du Parti révolutionnaire à construire, on doit parler de la voie qui y mène, du programme politique nécessaire.

13 octobre 2016

1 Selon les relevés méticuleux de Jacques Chastaing.

2 Dans « La lutte continue »  (« Les conflits du travail dans la France contemporaine », éditions du Croquant, 2008) par un collectif de politologues et sociologues

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