Interventions au meeting du 31 octobre contre la guerre

Interventions au meeting du 31 octobre contre la guerre

 

Bonjour à tous, heureux de nous voir ici rassemblés et si nombreux…

1.Je parle au nom de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (membre de l’ICOR). Nous avons participé dès le début à la formation de l’unité d’action autour de l’Appel contre les commémorations du 11 novembre et nous avons signé l’Appel.

2. Vous avez vu au début du meeting le clip vidéo de Jolie Môme, puis vous avez entendu l’intervention du Collectif….

On ne peut qu’être d’accord : Si nous protestons contre la rencontre impérialiste des Trump, Macron et Poutine, on sait aussi que leur politique – et les guerres sociales et militaires qu’ils mènent – n’ont pas commencé avec Trump, Macron et Poutine.

3. L’impérialisme – stade où le capitalisme veut dominer le monde ; pour cela il utilise tous les moyens : économiques, politiques et militaires pour réduire les peuples à l’esclave, à l’exploitation.

4. -L’impérialisme c’est aussi un système en crise permanente, un capitalisme pourrissant, dira Lénine, qui a montré aussi que le capitalisme réunit toutes les conditions matérielles pour faire le prochain pas en avant dans l’histoire, vers une société véritablement socialiste.

5.Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une nouvelle situation, tout le monde le ressent :

le système impérialiste entier tel qu’il était avant la « mondialisation » tend à se disloquer, de nouveaux prétendants au repartage du monde apparaissent : Chine, Russie, Brésil,… Ils tendent à ravir la suprématie aux anciens impérialistes ; ce sont des guerres commerciales accentuées, des taxes douanières, des déclarations guerrières, des manœuvres militaires jusqu’à des confrontations agressives… Trump représente bien les inquiétudes des anciennes puissances dominantes.

On voit également en Europe et partout dans le monde apparaître des gouvernements d’extrême droite jusqu’aux fascistes. Nationalisme et chauvinisme avancent – comme ici en France.

L’Union Européenne, comme un bloc impérialiste dirigé par les États Français et Allemand prétendent régenter tous les peuples d’Europe

6. Une tendance générale à la préparation de la guerre se fait le jour. Les budgets d’armement augmentent, en France on instaure un service civique (militaire en fait) pour toute la jeunesse, on veut militariser les collèges des banlieues populaires.

De gigantesques manœuvres militaires se développent : la Russie et la Chine il y quelques mois ; actuellement ce sont celles de l’OTAN en Norvège ; Trump dénonce certains traités anti-nucléaires anciens, etc.

Plus dangereux que jamais au Moyen Orient les forces dominantes impérialistes se confrontent directement, d’autres forces, nouvelles, comme la Turquie veulent un repartage du monde.

7. Pour toutes ces raisons, nos actions pour le 11 novembre sont parfaitement justifiées et elles montrent l’OPPOSITION à cette politique guerrière. D’autres oppositions se développent contre la politique de Trump en Irlande, en Grande Bretagne, etc. Oppositions à celle de la France en Afrique ; il nous faut les renforcer et développer l’internationalisme !

8. Ce n’est qu’un début ! notre engagement doit avoir une suite !

Le Chauvinisme ne doit pas gagner à nouveau les peuples ! Il faut combattre la droitisation des gouvernements, de leur politique qui entretiennent chauvinisme et racisme ! Il faut s’opposer à cette tendance à préparer la guerre.

J’en conclurais qu’il faut structurer un large FRONT anti-impérialiste et anti-fasciste !

 

L’intervention suivante est du Comité antiguerre :

« L’ennemi principal est à la maison » Karl Liebknecht, 1915

Ce 11 Novembre, Trump, Poutine, Netanyahu et quelques-uns des pires fauteurs de guerre vont retrouver leur collègue Macron à Paris, à l’occasion d’un « Forum de Paris sur la Paix ».

Cette date n’a pas été choisie au hasard par ces profanateurs : c’est la commémoration des 100 ans de la fin de la boucherie de 14-18. Pour Trump, Poutine, Netanyahu et Macron, la paix c’est la paix des cimetières, ceux qu’ils laissent derrière eux à Mossoul, Alep, Gaza et Raqqa.

On fait tout aujourd’hui pour que les peuples ne sachent pas que ce sont deux révolutions qui ont mis fin à la boucherie de 14-18 : Octobre 1917 en Russie, et Novembre 1918 en Allemagne. Les peuples se sont levés, ont renversé leurs dirigeants et ont fraternisé par delà les tranchées qui crucifiaient l’Europe.

Voilà ce qu’en disait Karl Liebknecht , un des rares socialistes à avoir sauvé l’honneur en maintenant ces convictions internationalistes : « L’ennemi principal est à la maison ».

Pour le Collectif Antiguerre, c’est le mot d’ordre : « contre toutes les interventions impérialistes, à commencer par celles de la France ».

Ce n’est qu’ainsi, en combattant nos dirigeants qui mettent le monde à feu et à sang, que nous inspirerons les exploités et les opprimés vivant sous le gouvernement des autres puissances impérialistes, que nous réanimeront l’internationalisme, que nous arrêterons la guerre.

Ou, comme le déclarait Salma Yaqoob (Stop the War Coalition) le 11 décembre 2015 : « Il existe une autre grande puissance, ce sont les peuples »

15 ans après l’invasion de l’Irak, après 17 ans d’une « guerre contre le terrorisme » qui a fait des millions de morts, en Afghanistan et au Pakistan, en Irak, au Sahel, plus personne ne peut nier ce que nous étions une poignée en France à oser dire après le 11 septembre 2001 : les interventions des puissances impérialistes ne feront qu’aggraver dramatiquement une situation monstrueuse.

Avec l’État Islamique, nos dirigeants avaient trouvé un énième croquemitaine pour justifier leurs bombardements et occupations, un ennemi si terrifiant qu’ils paraîtraient des anges en comparaison. Ces bombardements ont fait des dizaines voire des centaines de milliers de morts, à Mossoul, Manbj et Raqqa. Un Bataclan tout les jours, comme l’avait déclaré Omar Slaouti.

Avec l’écrasement de l’État Islamique, les impérialistes promettaient un avenir de paix pour la Syrie et l’Irak. Depuis, les Américains, Français et Anglais occupent Manbij, la Turquie a envahi Afrin, des milliers de civils n’ont que les ruines de leurs maisons comme sépulture à Raqqa. Les Occidentaux bombardent Damas pour appuyer les provocations israéliennes, en faisant cyniquement mine de s’indigner des attaques chimiques, eux qui ont bombardé Mossoul et Raqqa au phosphore blanc.

Les puissances impérialistes ne sauraient faire partie de la solution, elles sont le principal problème d’une région déchirée par les repartages du monde depuis 100 ans.

« Parce qu’il est de moins en moins possible d’être contre la guerre, il est plus en plus nécessaire d’être contre la guerre. » Canons Rompus, « minuscule groupe de personnes », 2016

Nous vivons au cœur d’une des pires puissances impérialistes de la planète, qui occupe directement la moitié de l’Afrique, 56 après la fin officielle de la colonisation.

Depuis 2011, notre pays a mené au moins une nouvelle guerre chaque année : bombardements contre la Libye, intervention en Côte d’Ivoire, intervention massive au mali depuis 2013, étendue à l’ensemble du Sahel avec l’opération Barkhane, bombardements, livraisons d’armes et « d’instructeurs » en Irak, puis en Syrie.

Trump, c’est la guerre, c’est 700 bases militaires dans le monde, un budget militaire de 686 milliards de dollars pour la seule année 2019.

Macron s’aligne aujourd’hui sur Trump en augmentant massivement le budget militaire, et en couvrant la marche à la guerre contre l’Iran. Macron promeut une « Europe de la défense » qui veut doter cette superpuissance d un bras arme. nous disons, non a l ‘OTAN, non a la défense européenne. Notre pays est un des principaux fournisseurs d’armes de l’Arabie Saoudite, bourreau du Yémen et fossoyeur de la révolution en Égypte. Macron couvre les crimes de guerre quotidiens du chien de garde israélien et réprime les mouvements de solidarité avec la Palestine.

L’islamophobie maladive en France, contre laquelle nous avons tant de mal à lutter à gauche, joue un rôle déterminant dans la légitimation de ces guerres. Et l’assentiment aux guerres que mènent nos gouvernants renforce en retour le racisme, les lois sécuritaires, justifie la répression des mouvements sociaux, nous laisse pieds et poings liés face à nos dirigeants. Trump, c’est la guerre, mais c’est aussi un puissant encouragement aux fascistes comme Bolsolnaro qui vient de prendre le pouvoir au Brésil en s’appuyant sur l’armée de la dictature.

« Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre », comme l’écrivait déjà Marx à propos de l’Irlande opprimée par l’Angleterre.

Construire un mouvement antiguerre n’est pas seulement un impératif moral, c’est une nécessité pour les exploités et les opprimés de ce pays.

Il nous faut donc nous organiser, riposter par une résistance à la hauteur de ce que nous subissons, à la hauteur des guerres qui se font contre les populations, contre nous et en notre nom. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un Collectif contre la guerre, qui :
• exige l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait des bases militaires, la fin des traités et alliances (OTAN…) ;
• dénonce le marché des ventes d’armes qui irrigue entre autres les pires dictatures ;
• combat la militarisation de la société, le quadrillage des territoires et des esprits par le complexe militaro-sécuritaire ;
• soutient le droit à l’autodétermination des peuples, apporte sa solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.
Nous voulons élargir ce comité, nationalement et localement, à toutes les organisations et à toutes les personnes qui se retrouvent dans ce combat.

Le 11 Novembre, nous manifesterons contre Trump, Poutine, Netanyahu et tous les fauteurs de guerre. Ce sera le début de la construction d’un mouvement large et durable contre la guerre.

 

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