Archive dans décembre 18, 2018

L’UPML et l’UCL rejoignent l’ICOR

Depuis le 9 décembre 2018, l’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste sont donc officiellement passées du stade de « Amis de l’ICOR » à celui de membre de l’ICOR à part entière.

Nos deux organisations forment les 23ème et 24ème organisations membre de la section Europe de l’ICOR. Nous sommes également les premières organisations françaises à faire le choix de rejoindre la coordination internationale, dans le but de travailler conjointement à une meilleure interaction entre nos forces.

A nos yeux, le franchissement de cette étape est crucial. Il vise à rompre un isolement des organisations communistes de France vis-à-vis des autres organisations politiques communistes présentes en Europe et dans le monde.

Nous pensons que la solidarité entre nos organisations, l’assistance commune, le soutien commun -politique comme organisationnel- est un appui pour se renforcer les uns les autres, mais également se renforcer tous ensemble.

Nous pensons également qu’il s’agit d’un lieu de débat et d’échange qui permet d’affiner nos analyses respectives, de mieux comprendre la situation économique, politique et géopolitique. L’ICOR est un creuset qui fond les expériences des différentes organisations afin de pouvoir avancer vers la conception d’une ligne plus juste et plus efficace.

Nous considérons également que la coopération internationale est un vaccin nécessaire pour lutter contre les déviations bien trop fréquentes du mouvement communiste -notamment en France- le sectarisme, le chauvinisme, le social-impérialisme.

Nous comptons impulser prochainement la création d’un Comité ICOR-France. Ce comité aura pour fonction de synchroniser les actions de nos organisations respectives, de relayer les mots d’ordres de la coordination, mais également de pouvoir travailler avec les Amis de l’ICOR. Nous appelons à les communistes et leurs organisations à coopérer avec ce comité, dans le but de pouvoir travailler conjointement. Nous appelons en particulier les organisations qui luttent pour l’indépendance, dans les colonies et néo-colonies de l’impérialisme français à travailler avec nous.

L’ICOR est peu connu en France, et nombre d’organisations et d’individus se questionnent à son sujet. Nous les invitons à prendre contact avec nous. Nous les invitions à travailler avec nous. L’ICOR est un outil qui prend la forme des mains qui le manient. Travaillons ensemble à le forger pour qu’il soit celui de la révolution internationale !

Le 13 janvier, nous défilerons ensemble, dans les rues de Berlin, pour commémorer le 100 ème anniversaire de la révolution allemande, écrasée par les Corps Francs, aux ordres du SPD Social-Démocrate. Nous participerons à la manifestation pour Liebeknecht, Luxembourg et Lénine.

Nous marcherons d’un même pas, sous un même drapeau, celui de l’ICOR !

Rejoignez l’ICOR et les Amis de l’ICOR.

Renforcez l’unité internationale des organisations communistes !

Vive l’internationalisme prolétarien , vive le communisme !

Renforcez l’ICOR!

Messages de soutien internationaux pour les révolutionnaires dans le mouvement des gilets jaunes

Nous mettons à disposition de nos lecteurs quelques messages d’encouragement qui nous viennent de l’étranger.

Les salutations à la France des gilets jaunes de la part de Lisa Gärtner (MLPD), lors de la manifestation du lundi à Gelsenkirchen le 10 décembre 2018 : https://www.rf-news.de/2018/kw50/von-gelsenkirchen-nach-frankreich-gruesse-der-montagsdemo-an-die-gelbwesten

Message d’un groupe étudiant ML de Hambourg :

Message de la PML de Russie :

Chers camarades !

            Notre organisation, la Plateforme Marxiste-léniniste (Russie) est totalement solidaire de la résolution de l’ICOR.

            Comme il y a déjà longtemps, le prolétariat français, ouvriers, paysans et autres opprimés, sont à l’avant-garde du combat pour leurs droits. Dans la patrie de la Commune de Paris, les travailleurs à nouveau donnent au monde entier l’exemple dont on doit agir, dont on doit combattre pour une vie digne.

            C’est avec espoir et fierté que nous suivons les évènements révolutionnaires qui se produisent actuellement. Nous soutenons le mouvement des « gilets jaunes »   et nous nous tenons étroitement à leur coté ! 

            Il ne s’est encore jamais produit dans l’histoire que les bouleversements révolutionnaires en France restent sans répercussions dans les autres pays. En Europe et dans les pays proches, de ces actions victorieuses du prolétariat français on tirera des enseignements, des analyses et des appels aux armes.

            Malheureusement ici en Russie, une période de réaction de longue durée se prolonge. La dictature de Poutine agissant par le biais d’un système de pouvoir personnel s’appuyant  sur des mesures policières agressives s’est attaquée aux travailleurs et au mouvement démocratique citoyen. Utilisant la terreur et les provocations on a détruit les moindres progrès des organisations actives, liquidé les syndicats indépendants, effrayé et fait pression sur les activistes de gauche de la scène politique. En ce qui concerne la qualité idéologique dans l’ex premier pays du Socialisme, s’imposent l’archaïsme primitif, le cléricalisme, l’obscurantisme, le militarisme et tout ce qui sort de ces cadres est anéanti.

            Les représentants de l’ancienne nomenclature révisionniste du PCUS cherchent aujourd’hui un soutien dans les milieux  les plus acharnés de la réaction religieuse-nationaliste. Les cosaques et les Cent-Noirs que le peuple soviétique était arrivé à oublier après des décennies de vie heureuse sous le socialisme, aujourd’hui se répandent donc dans les rues et sur les places de nos villes comme si tout cela pouvait être effacé après qu’ils aient passé cent ans dans les poubelles de l’histoire universelle.

            Aujourd’hui, alors que la pension moyenne de retraite en Russie s’élève honteusement à 179 euros, alors que dans le pays un fossé gigantesque se creuse entre les riches et les pauvres, le régime se débrouille pour mener deux guerres et fait constamment des préparatifs pour la prochaine. Avec cela la situation déjà désastreuse des travailleurs ne fait qu’empirer.

            Les problèmes pour la Russie s’accumulent comme boule de neige. Tout un tas de questions en suspens, économiques, politiques ne peuvent plus être résolues en elles-mêmes ou comme résultat d’une action ou par la nomination de nouveaux dirigeants exerçant un autre type de management.

            Il n’y a qu’une seule solution à tout cela, et cette solution est révolutionnaire !

            Permettez nous encore de réaffirmer notre solidarité avec le « mouvement des gilets jaunes » et de leur exprimer nos remerciements pour cet exemple concret d’offensive prolétarienne réussie !


Week-end révolutionnaire : Berlin 12 et 13 janvier 2019

« Manifestation des 3L » et meeting pour le centenaire de La révolution de novembre 1918 en Allemagne

La détresse et la misère pendant les quatre années de la Première Guerre mondiale en 1918 ont constitué la base du soulèvement révolutionnaire des travailleurs et des soldats en Allemagne. Les conseils de travailleurs et de soldats révolutionnaires ont chassé l’empereur et ont mis fin à la Première Guerre mondiale. Ils obtiennent la journée des huit heures, le droit de vote des femmes et les libertés syndicales.
Mais les masses populaires veulent aller plus loin ! De simples réformes ne suffisent pas pour renverser les capitalistes et établir le socialisme. Il faut un parti révolutionnaire déterminé, reconnu par les masses et expérimenté pour mener ces luttes afin qu’elles ne soient pas dirigées vers l’impasse réformiste parlementaire. Le Parti Communiste d’Allemagne (KPD) a été fondé seulement au milieu de la révolution de novembre, le 30 décembre1918. Pour qu’ils n’élargissent pas leur influence sur la classe ouvrière, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, dirigeants communistes, ont été assassinés le 15 janvier 1919 par une milice réactionnaire tout comme des centaines de révolutionnaires.

C’est un week-end pour tirer les leçons de la révolution de novembre avec nos camarades du Parti Marxiste-Léniniste d’Allemagne (MLPD). Préparer la révolution socialiste exige la construction à temps du parti révolutionnaire :

  • Samedi 12 janvier 2019  – 10h : visite guidée dans le Berlin révolutionnaire
  • samedi 12 janvier : meeting du MLPD et de Rebell, son organisation de jeunesse : « 100 ans de la révolution de novembre – 50 ans de construction du Parti révolutionnaire »
  • Dimanche 13 janvier -10 h – « Manifestation des LLL » à Berlin ! Nous participerons à la grande manifestation organisée à l’occasion du 100e anniversaire de l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht. Chaque année, cette manifestation commémorant Lénine, Liebknecht et le Luxembourg est la plus grande manifestation pour le socialisme en Allemagne. La manifestation commence à 10 heures au Frankfurter Tor. Le MLPD et ses amis s’y retrouveront à partir de 9 heures.

Quelques précisions sur le programme du meeting « 100 ans de Révolution de Novembre en Allemagne et 50 ans de construction du MLPD » :

Discours de la présidente du Parti, Gabi Fechtner, spectacle et nombreux invités internationaux. Le thème de la soirée : quels leçons peut-on tirer de la Révolution de Novembre aujourd’hui. La leçon la plus importante – construire à temps un parti communiste fort ! En Allemagne en 1982, après 10 ans de préparation, le MLPD fut fondé.

 L’événement aura lieu au Kontrast Event Hall de Hoppegarten près de Berlin, au 33 Handwerkerstraße. L’événement commence à 17h. Dès 15 heures, le hall est ouvert pour des stands de restauration et d’information. La station de S-Bahn Birkenstein (ligne S5) la plus proche se trouve à environ 30 minutes de marche. Mais aussi a 15h16, 15h36 et 15h56, une navette sera organisée pour se rendre du S-Bahn au hall.

Entrée: 10 euros ou 7 euros pour les élèves, étudiants, chômeurs, etc. A un prix de solidarité de 13 euros, vous pouvez soutenir le travail du MLPD.

L’Union Prolétarienne ML et l’Unité Communiste de Lyon organisent des délégations pour ce week-end militant.

Envie de nous rejoindre pour aller à Berlin ?

S’adresser à contact-upml@riseup.net ou à unite.communiste.lyon@gmail.com

Sur la situation en Ukraine : la position du KSRD – ICOR

La position sur la situation en Ukraine du KSRD [Conseil de Coordination du Mouvement de la Classe Ouvrière en Ukraine] octobre 2018

Nous relayons ce positionnement de nos camarades membres de l’ICOR en Ukraine non comme une position de l’UCL, mais bien comme un texte d’information pour apporter autre chose comme point de vue que celui qui filtre au travers des agences pro-occidentales ou des relais de Moscou. Nous pensons que les marxistes-léninistes d’Ukraine sont plus que légitimes pour apporter leur pierre à la réflexion des communistes en France, d’autant que leurs positions sont partagées par la Plate-Forme Marxiste-Léniniste de Russie.

La situation en Ukraine

L’évolution de la situation en Ukraine depuis 2014 suscite de nombreux débats. À cet égard, nous nous devions d’apporter une clarification fondamentale sur la base d’une analyse de classe.

Le régime politique qui a existé en 2010-2013 et qui a été dirigé par l’ancien président Viktor Ianoukovitch a été caractérisé par l’autoritarisme et par une forte concentration du pouvoir dans les mains d’un groupe politique représentant la plus grande société financière et industrielle nationale appelée SCM [System Capital Management, qui est un holding intégralement détenu par un homme d’affaire nommé Rinat Akhmetov]. En fait, le régime a fait de l’Ukraine sa propriété privée. Des militants prolétaires progressistes, des journalistes, disparaissaient et mouraient d’année en année. La classe ouvrière vivait dans un climat de peur.

L’idée de l’accord d’association avec l’UE est née dans les profondeurs du régime en 2011. Il visait principalement les profits des entreprises de SCM, de ses alliés et de sa superstructure politique. Au cours de la période 2011-2013, Kiev a mené des négociations intensives avec l’UE, plaidant publiquement en faveur du renforcement de l’indépendance vis-à-vis de la Russie et de ses intérêts. Toutefois, à partir de 2013, l’accaparement et la corruption à tous les niveaux ont conduit à des déséquilibres importants dans l’économie, que le régime de Ianoukovitch a essayé de compenser par l’augmentation de la dette extérieure. Mais le FMI et d’autres institutions du capital mondialisé ont proposé des fonds en échange de la soumission complète des intérêts du pays. La bourgeoisie nationale représentée par le SCM et ses alliés ne s’est pas montrée intéressée et a lancé des appels d’offres à l’Occident, essayant d’obtenir les conditions de négociation les plus favorables.

Entre-temps, la situation économique s’est détériorée et, avant la signature de l’accord d’association avec le Kremlin de l’UE, Kiev s’est vu proposer une alternative : quitter l’association et se rapprocher de la Fédération de Russie, avec un prêt à faible taux d’intérêt de 15 milliards de dollars. La clique Ianoukovitch a accepté, en dépit de la massive et agressive propagande pendant 3 ans sur l’ »intégration européenne ». Malgré toutes les exhortations personnelles des dirigeants européens (dont la chancelière allemande Angela Merkel), l’accord n’a pas été signé.

Ce renversement de tendance a été un facteur important dans l’évolution de la situation. Une partie politiquement active de la société, percevait comme positive le contenue de la propagande pro-européenne et ne pouvait accepter le refus du  » vecteur européen  » par l’élite au pouvoir. A Kiev et dans d’autres grandes villes, les  » euromaidans « , des réunions de masse et des manifestations de soutien au  » vecteur  » sont apparues et ont commencé à se développer. Ces mobilisations ont été immédiatement soutenues par les pays occidentaux sur les plans organisationnels, financiers et politiques. Ces mobilisations ont été dirigées par les forces de droite et bourgeoises  » oppositionnelles « , spéculant habilement sur la perturbation de la classe ouvrière par la politique et des crimes du clan Yanoukovitch.

Le régime a rapidement pris des mesures fermes contre ces protestations, et, en un mois, il a perdu tout contrôle sur la situation. La manipulation habile des  » dirigeants maidanais « , associée à l’athmosphère de protestation, réelle, des masses, ont conduit à l’élargissement des protestations jusqu’au renversement du régime. Ces événements présentaient, dans leur essence, certaines caractéristiques de la révolution démocratique nationale contre la domination oligarchique des acolytes du SCM. Mais il était tout à fait prévisible et attendu que la droite et les dirigeants populistes s’emparent immédiatement du pouvoir, dans le pays désormais entre leurs mains. En 3 mois, les élections présidentielles extraordinaires ont été remportées par Petro Porochenko, l’un des plus grands  » oligarques  » nationaux, qui, quelques années auparavant seulement, ne dédaignait pas d’être ministre dans le gouvernement Ianoukovitch. Cette fois, Porochenko s’est présenté comme un combattant contre l’ancien régime, pour l’ »avenir européen du pays ».

La Russie, vaincue localement dans la lutte pour l’Ukraine, a immédiatement réagi en fomentant une rébellion armée dans la région autonome de Crimée, soutenue par les troupes régulières russes. Il en a résulté une occupation militaire et l’annexion de facto de la Crimée a entraîné une forte détérioration des conditions de vie de sa population. De plus, en mars-avril 2014, avec l’aide de combattants pré-entraînés et d’une propagande mensongère, Moscou a pris l’initiative de se saisir des institutions publiques dans les principales villes des régions de Donetsk et de Lugansk. Ces zones ont été choisies uniquement su fait que l’l’influence administrative du régime évincé y était la plus forte, presque totale. Pour cette raison, les forces armées locales n’ont pas résisté à ceux qui se sont emparés des institutions de l’Etat.

Dans ce contexte, les nouvelles autorités de Kiev ont décidé de lancer une  » opération antiterroriste « , l’ATO, dans le Donbass contre les rebelles pro-russes. L’ATO a rapidement rencontré une résistance organisée, bénéficiant d’un approvisionnement particulièrement important de la part de la Russie. En août 2014, l’armée régulière russe est arrivée au Donbass, principalement avec des groupes tactiques de petites dimensions, de l’ordre du bataillon. À l’automne 2014, la ligne de front s’est stabilisée. Les deux parties constituent des forces militaires structurées, les rebelles pro-russes reçoivent tout type de soutien de la Russie, et les armées locales sont commandées par des officiers de l’armée russe.

Ainsi, nos travailleurs sont devenus victimes de la lutte entre les différents centres d’influence impérialistes. D’une part, les travailleurs de la majeure partie du pays sont exposés à la propagande officielle, détournant leur attention des problèmes sociaux urgents vers des idées nationalistes qui sont étrangères aux intérêts de classe réels de ces travailleurs. En conséquence, les sentiments de droite dans la société se sont accrus, ce qui a renforcé les forces de droite telles que le « secteur droit » [Pravyï sektor], la « liberté » [Vseukrainske ob’iednannia « Svoboda »] et autres. La  » décommunisation  » a été lancée, les symboles communistes ont été interdits. En plus des véritables escouades de volontaires, un certain nombre de  » bataillons  » oligarchiques ont été créés, financés par une grande capitale et agissant dans son intérêt, y compris les conflits commerciaux. Dans le pays, il y a des conseillers militaires de l’Occident et de ses alliés (USA, Canada, UE, Israël et autres).

Une partie de ce processus a déclenché une recrudescence patriotique sincère parmi les masses, dirigée contre l’agression sanglante de Poutine et les régimes fantoche du Donbass. Cette augmentation s’exprime, entre autres, dans le mouvement des volontaires qui assistent les forces ukrainiennes sur la ligne de front. En outre, la guérilla populaire contre les juntes locales pro-Kremlin s’intensifie dans la partie occupée du Donbass. Malheureusement, la plupart des patriotes sincères ne voient pas l’autre côté de la question, à savoir l’impérialisme occidental et le régime de Kiev, dont la rhétorique patriotique et même anti-impérialiste est liée à ses intérêts politiques et commerciaux.

A son tour, la classe ouvrière du Donbass et de la Crimée est soumise à la propagande impérialiste féroce du Kremlin, qui tente de créer l’illusion de l’ »autodétermination des peuples » et de la « lutte anti-fasciste ». En fait, les forces pro-moscovites utilisent des méthodes pro-fascistes qui sont typiques des dictatures militaires réactionnaires du monde entier. Les soldats de l’armée régulière de Poutine et des groupes armés locaux pro-russes apportent la mort et la destruction à notre pays et à ses travailleurs. La partie de l’Ukraine occupée par ces troupes s’est transformée en une zone d’anarchie et de peur, où règnent les bandits armés, ayant souvent un passé criminel. Les travailleurs font des grèves et protestent, mais ces actions sont durement réprimées par les juntes locales, qui licencient des centaines de manifestants. En fermant les yeux sur tout cela, la majorité des  » forces de gauche  » révisionnistes, telles que le PCU révisionniste, ainsi que des groupes volontaires et/ou trotskistes, soutiennent directement ou indirectement les actions de Moscou, y compris l’agression militaire réfléchie suivie d’une vaste campagne internationale de promotion.

Nous, marxistes-léninistes ukrainiens, sommes fermement opposés à toute forme d’agression impérialiste dans notre pays. Nous appelons nos camarades de tous les pays à abandonner l’idée que certains impérialistes peuvent être meilleurs que d’autres. L’impérialisme, le capitalisme se traduisent toujours par la guerre et par la violence. Les aspirations des travailleurs ukrainiens ne sont pas de suivre la propagande bourgeoise, mais de lutter pour les droits réels, pour des salaires décents et une protection sociale adéquate, pour des niveaux de vie plus élevés. Et, bien sûr, ils ont le droit de vivre sans guerre, sans le rugissement des obus sous les paroles mensongères du Kremlin ou de la bourgeoisie occidentale.


A bas les envahisseurs impérialistes !


Vive la révolution socialiste !


Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !


Le Conseil du KSRD

Ukraine

Message de l’Allemagne : Solidarité avec les protestations de masse des Gilets jaunes en France

Le Parti marxiste Léniniste d’Allemagne exprime sa solidarité avec les Gilets jaunes en France                                                          13 Décembre 2018

Le week-end dernier, pour la quatrième fois consécutive, plus de 100.000 manifestants ont protesté contre la politique antisociale du gouvernement français et du président anti-populaire Emmanuel Macron. Peter Weispfenning, porte-parole du MLPD, explique :

 « Le mouvement des gilets jaunes est un véritable mouvement populaire : Travailleurs et travailleuses, cols blancs, élèves et étudiants,petits agriculteurs et petits commerçants se retrouvent ensemble dans la rue pour une réelle amélioration de leur situation sociale. Ils ont bravé des centaines d’arrestations, la violence policière brutale et la diffamation en tant que présumé « mouvement de droite ». Lundi, Macron a dû faire des concessions sociopolitiques de grande portée. Cependant, en grande partie, les manifestants n’en sont pas satisfaits. 2 500 postes de péage et carrefours giratoires sont toujours occupés. Pour samedi prochain,des manifestations de masse sont de nouveau annoncées. »

 Peter Weispfenning explique : « La situation dans l’UE se caractérise par des protestations massives de plus en plus nombreuses, de fortes luttes syndicales, divers gouvernements en mode de crise, une tendance générale à produire des crises et une polarisation sociale accrue. Dans cette situation, le mouvement des gilets jaunes a montré que le développement vers la droite des dirigeants ne doit pas être accepté. On peut réussir contre ce développement et même l’arrêter. Le mouvement de masse des gilets jaunes est l’expression du revirement progressif de l’état d’esprit. Il encourage les masses, dans leur lutte à l’échelle européenne contre le développement vers la droite des gouvernements et des partis bourgeois, pour le travail, la paix, un environnement vivable et une alternative sociétale socialiste. »

Peter Weispfenning souligne : « Les ami-e-s de l’organisation révolutionnaire mondiale ICOR de France nous rapportent de discussions de masse sur la perspective sociale, de nouvelles formes d’organisation populaire, mais aussi d’un grand manque de clarté sur ce qui est de droite et de gauche, etc. La reconstruction d’un parti révolutionnaire, ancré dans les masses, en est encore à ses débuts en France, qui peut donner à ce mouvement de la clarté et une activité organisée. »

Il conclut :« Dès le début, le MLPD a souligné sa solidarité avec la lutte des gilets jaunes. Lundi dernier, de nombreux manifestants du lundi sont également descendus dans la rue avec des gilets jaunes et ont fait comprendre clairement que la lutte contre la politique antisociale, contre le développement vers la droite doit également se développer davantage aussi en Allemagne. Il est important que l’ICOR en Europe ait pris l’initiative d’organiser en commun une offensive contre le bloc impérialiste de l’UE à l’occasion des élections européennes. L’ICOR représente une forte alternative socialiste de gauche et un positionnement clair contre les forces réactionnaires et chauvines. »

Pour plus d’informations, depuis la France, veuillez-vous adresser à www.rf-news.de

Solidarité internationale avec la lutte des Gilets Jaunes – Déclaration de l’ICOR


European Continental Committee 14th December 2018

Solidarité internationale avec la lutte des Gilets Jaunes

traduction en turc

traduction en allemand

traduction en anglais

L’ICOR salue la lutte menée par les travailleurs et les travailleuses et par les masses populaires de France contre la vie chère, contre la destruction de leurs droits sociaux, contre la rapacité des exploiteurs.

Les images de Champs-Elysées noyés de fumée, les images d’affrontement ont traversé le monde. Le monde vous regarde. Le monde à les yeux rivés sur ce qui se passe en France.

Camarades, votre lutte est juste et nécessaire !

Il est légitime de se révolter contre les taxes injustes qui vous étranglent !

Il est légitime de se battre pour un meilleur salaire !

Il est légitime de ne pas vouloir que soit détruit ce qui a été conquis par vos pères, vos mères, à la sortie de la guerre.

Dans une France ruinée, par leur force, par leur unité, ils et elles avaient imposé à la bourgeoisie française la Sécurité Sociale, l’assurance chômage, les retraites.

Dans une France 9ème puissance mondiale, prétendre que cela n’est plus possible est un mensonge honteux !

Ce que veulent les architectes de ces réformes, c’est tout vous prendre, pour qu’il ne vous reste plus que de quoi survire. Survivre pour travailler un jour de plus, pour leurs profits.

C’est leur but.

A l’appel du gouvernement Macron, la police tente d’écraser votre mouvement. Demain il demandera à la justice de se venger de vous, de venger l’affront que vous lui avez fait : refuser d’être soumis à son ordre injuste.

Vous n’êtes pas seuls ! Sachez-le ! Dans tous les pays d’Europe, dans tous les pays du monde, les travailleurs et les travailleuses se dressent aussi contre les politiques injustes. Partout du mécontentement et de la colère.

Partout, les exploités réclament un nouveau monde ! Partout le peuple va connaître qu’il ne peut avoir confiance qu’en lui même pour diriger !

Certains veulent uniquement transformer votre lutte en vote pour leurs organisations bourgeoises. Ils marchent sur vos luttes pour se hisser vers le pouvoir et pour ensuite vous asservir à leur tour.

D’autres essaient d’entraîner votre colère vers la xénophobie, vers le racisme, vers la haine de vos frères et sœurs de lutte, de vos frères et sœurs de souffrance.

Ce sont des opportunistes qui vous méprisent au fond du cœur. Ne les écoutez pas !

Écoutez la voix de la solidarité internationale, des travailleurs et travailleuses du monde qui vous soutiennent ! Écoutez la voix de vos camarades ! Ensemble, par delà les frontières qui nous séparent, les hommes et les femmes triment sous les mêmes fardeaux.

Nous faisons face, ensemble, à un même oppresseur !

En France, il prend le nom de Dassault, de Pinault, d’Arnault.

En Allemagne, de Albrecht, de Schwarz, de Liebherr.

En Russie, de Lissine, de Mordachov, de Mikhelson.

Cet oppresseur est l’exploiteur capitaliste, le bandit impérialiste. Il se nourrit de votre sueur, verse votre sang. Il mène la guerre pour le partage du monde, dans une concurrence effrénée d’une poignée de profiteurs, d’une poignée de parasites richissimes, toujours pour agrandir leur fortune.

Qu’importe que la Terre s’épuise. Qu’importe que les villes soient éventrées par les bombes. Seuls leurs taux de profit comptent.

Mais les pas en arrière et les premières concessions du gouvernement Macron le montrent: celui qui se bat peut gagner! Celui qui ne se contente pas des miettes peut se battre pour le beurre, l’argent du beurre et même la crèmerie !

Pour cette victoire, nous devons être très bien organisés avec une perspective claire. Et nous avons besoin d’un long souffle! L’ICOR s’engage pour cette organisation internationale, pour la coopération et la coordination pratiques. L’union de 54 organisations révolutionnaires de quatre continents, l’UCL et l’UPML en France inclues.

Face à nos bourgeoisies nationales, face à l’occupation dans les pays dominés par l’impérialisme, chacun, nous ne formons qu’une seule ligne, qu’un seul rempart de résistance. Passons de la résistance à la contre attaque, et de la contre attaque à la victoire !

Nous formons l’avenir du monde. Nous travaillons ! Nous produisons tout ! Nous devons décider. Comme le chante l’Internationale « Nous ne sommes rien…soyons tout ! »

Dans ses statuts, l’ICOR écrit: «Les masses dans le monde ne veulent pas périr dans la barbarie capitaliste! La politique méprisante pour le genre humain du capital financier international incite l’élan révolutionnaire de l’humanité vers une société sans exploitation et oppression, sans misère, destruction de l’environnement et guerre qui offre des perspectives à la jeunesse.» C’est le socialisme.

Prolétaires de tous les pays unissez-vous !

Vive la lutte des classes contre les exploiteurs !

Organisez la solidarité avec le mouvement en France!

Signataires à la date du 14/12/2018 :

  1. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

  2. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

  3. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

  4. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

  5. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

  6. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

  7. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

  8. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

  9. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie

  10. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

  11. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

  12. UCL Unité Communiste Lyon

  13. Amis de l’ICOR en Portugal

Email: coordinationeurope@yahoo.co.uk Phone: +31-6-42728611

Le mouvement des gilets jaunes : La surestimation des difficultés

Nous reproduisons une analyse de l’Union Communiste de Lyon sur les positions  gauchistes face au mouvement des gilets jaunes sur laquelle nous partageons bien des points de vue

Source – La surestimation des difficultés par UCL

La surestimation des difficultés. Partie 2

E.Vertuis

Au fur et à mesure de l’écriture de ce texte, le temps s’écoule. Les positions se décantent, et certains qui, hier, rejetaient le mouvement des Gilets Jaunes, aujourd’hui, le regardent d’une autre manière. Il s’agit de quelque chose de positif.

La méthodologie du revirement est parfois étrange. Certains ont choisi une voie fascinante : celle de dire « notre position est restée la même, c’est le mouvement qui a changé. » En somme, plutôt que d’admettre le fait d’avoir eu tort, il est plus aisé de prétendre que le fond de l’affaire n’est plus le même. Cette position, très divertissant au demeurant, exige un commentaire :

Nous ne sommes pas des prophètes. Le matérialisme dialectique, indépendamment de l’avis qu’on lui porte, est la seule méthode d’analyse efficace qui puisse être employée pour parvenir à établir des positions justes. Mais elle se base sur des éléments matériels, non sur des suppositions. Ce qui permet de déterminer la nature d’un mouvement, c’est son contenu de classe, sa pratique, son fond. Des fois, il arrive qu’on se trompe. Mais il est important, alors, de savoir -ne serait-ce que pour soi même- le reconnaître.

Il n’en reste pas moins qu’il est important de comprendre quels ressorts idéologiques sous-tendent le rejet de cette mobilisation. Cette position peut se caractériser comme une « déviation de gauche » dans le sens où elle surestime la possibilité de rallier la plus grande majorité du mouvement, ou même une partie des éléments les plus avancées. Elle considère qu’il est impossible de pouvoir faire triompher une ligne politique révolutionnaire ou tout du moins progressiste au sein de celui-ci. Il faut donc d’ailleurs que ce mouvement s’éteigne le plus vite possible. Au gauchisme s’ajoute le liquidationnisme.

Là se retrouve la conception idéaliste ou au minimum une mauvaise conception de la dialectique, du matérialisme dialectique et de la lutte des classes. La primauté de la pensée sur la matière, de l’idée sur la pratique, explique en grande partie ces prises de position. La mobilisation des gilets jaunes est effectivement partie de mots d’ordres et de revendications qui avaient un caractère interclassiste et qui pouvaient prêter le flanc de manière importante aux dérives poujadistes ou même fascisantes. C’est là une vérité indéniable. Mais les sages qui ont décidé que ce mouvement serait « de droite » ont opté pour une négation de tout ce qui pourrait le faire évoluer.

L’interaction entre les idées et les pratiques transforment tout. Le mouvement des gilets jaunes ne fait pas figure d’exception. Il avance, change, se transforme. Beaucoup sont partis dans la lutte avec des idées préconçues ou fausses. Des idées sur la République et la Démocratie, transmises par l’école. Des idées sur le fonctionnement de la société, des croyances en des théories du complot, dans le fait que les médias, les politiciens, soient des maîtres et non des outils…etc.

Mais plus la lutte avance, plus elle brise ces idées. Les violences policières ont brisé le paradigme d’une police du côté du peuple. Le patronat, au début très présent, s’est à présent distancié. Le regard sur les politiciens évolue, et la compréhension de leur place dans la lutte des classes se fait jour. Cette évolution est d’une part le fruit de l’expérience de la lutte, d’autre part celui d’un apport qui a été fait par les militants et militantes progressistes et révolutionnaires qui se sont impliqués en son sein.

Une grande partie de ceux qui veulent mettre à l’index ce mouvement s’abritent de manière acritique derrière la propagande des médias bourgeoise. Derrière la surmédiatisation de l’extrême-droite et la sous-médiatisation de celles de gauche se niche également la tentative de la part du gouvernement et de la bourgeoisie de fracturer le front contestataire. Beaucoup sautent à pieds joints dans ce piège et y puisent une source sans cesse renouvelée d’arguments fallacieux. Mais après tout, ont-ils jamais agi autrement tout au long de l’histoire ?

Nous considérons que cette position est fausse et dangereuse, car elle ne voit que d’une manière idéalisée le mouvement de masse et capitule devant les difficultés, laissant ainsi le champ libre à l’extrême-droite, dans une sorte de prophétie auto-réalisatrice.

Le mouvement des Gilets Jaunes est présenté comme un mouvement par essence réactionnaire, impulsé, contrôlé, dirigé par les fascistes et l’extrême-droite. Ce point de vue rejette les revendications justes qui peuvent être portées par ce mouvement. Et elles sont nombreuses. Parmi celles qui reviennent inlassablement, arrivent en tête une volonté de démocratisation et de justice, une volonté de s’opposer à un pouvoir entre les mains de la bourgeoisie. Objectivement ces revendications sont justes, même si elles sont formulées parfois de manière erronées ou empreintes d’une position subjectivement fausse.

Ces critiques ont pointé du doigt des éléments qui sont véridiques. Notamment le fait que des patrons et des petits patrons aient participé, le 7 novembre, à la mobilisation. C’est un fait.

Mais où sont-ils, où sont-elles désormais ? Ceux et celles qui avaient tenté de surfer sur le mouvement et de l’utiliser à leurs propres fins renâclent désormais. Les blocages, le ralentissement de l’économie, l’apparition de revendications sociales, tout cela leur déplaît fortement. Cette expérience progressive de la trahison de la part de la bourgeoisie et d’une part de la petite-bourgeoisie tend à renforcer le caractère populaire, voire prolétarien, du mouvement. Mais, comme il n’est pas pur au départ, pas 100% prolétarien, il est jeté aux oubliettes.

Pourtant certains et certains, parmi les plus véhéments, voient dans la révolte des Canuts un exemple magnifique. Cela, tout en niant le fait qu’il s’agissait avant tout d’une révolte de petits d’artisans, de petits bourgeois en déclassement contre la grande industrie de la soie.

La Commune de Paris leur apparaît comme magique et drapée d’or, alors que le prolétariat n’est pas seul à prendre les armes. La Révolution russe non plus. La Makhnovtchina non plus. Krondstadt non plus. Et ce indépendamment de la manière dont on conçoit son rapport à ses questions. Les mouvements purs n’ont jamais existé et n’existeront jamais. Toujours il existera des contradictions internes, toujours il existera des avancés et des retardés dans les mouvements, une aile -même relativement- progressiste et réactionnaire. La lutte des classes, tant qu’elle n’est pas menée jusqu’au bout, influence toujours les luttes et les révolutions. Même après une révolution victorieuse, il existe toujours l’opportunisme, le défaitisme, le liquidationnisme. Il existe durablement l’influence des conceptions bourgeoises, féodales, mafieuses, même lorsque leur base sociale aura été liquidée. Il ne suffit pas de s’affirmer pur, marginal, pour s’en prévaloir. Au contraire, leur négation ne fait que fragiliser la possibilité de lutter contre elles.

L’avancée de la dialectique est impitoyable pour tout le monde. Nous pouvons assister au fait que certains révoltés, incapables de suivre, effrayés par le chemin qui se trace, prennent désormais le visage de réactionnaires. Finalement, ils finissent leur décantation politique. Commencé à l’ultra-gauche, pétri d’aventurisme, de pureté, ils deviennent dépités par les masses, qui ne les « méritent pas ».

C’est le stade du « Collectif Athéné Nyctalope » qui, le 28 novembre, écrit « Principale caractéristique commune : les revendications n’intègrent aucune dimension globale ou sociale. Ce qui est pratique quand l’objectif premier n’implique pas une refonte de la société sur des bases plus justes ou, plus simplement, la remise en cause du système. » et qu’il faut « ne pas sacrifier nos rêves ou nos marginalités imposées sur l’autel de l’efficacité. De ne pas oublier d’où nous venons même si nous ne savons pas où nous allons — ailleurs que dans le renoncement à nos valeurs. »

Une des manières par lesquelles ces individus justifient leur position est l’anti-autoritarisme. En réalité, ces individus nagent en plein paradoxe. Eux-même sont largement dans un fonctionnement autoritariste, dans lequel ils refusent de comprendre la subjectivité des mobilisés. Comme Lénine l’écrivait « Dans tout travail, l’autoritarisme est une erreur, car il dépasse le niveau de conscience des masses et viole le principe de libre adhésion; c’est une manifestation de ce mal qu’on appelle précipitation. Nos camarades ne doivent pas croire que tout ce qu’ils comprennent, les larges masses le comprennent également. Seule une enquête effectuée parmi les masses permet de s’assurer si elles ont compris telle ou telle idée, si elles sont prêtes à passer à l’action »

Voulant forcer l’intégralité du mouvement à adopter d’emblée, sans explication, leurs géniales analyses sur tous les aspects de la société, ils et elles ne se heurtent qu’au rejet. Incapable de pouvoir s’appuyer sur une ligne de masse, incapable de parler, de s’exprimer, ces individus se comportent comme le héros d’une des fables de La Fontaine, le renard et les raisins.

« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »

Ils maquillent alors leur autoritarisme et leur renoncement en anti-autoritarisme. Il leur paraît exclu d’intervenir, de donner le moindre message politique, de travailler à faire évoluer les positions. Il faut que cela soit spontané et par l’intervention de la grâce divine. Et si le mouvement n’est pas pur…gare à lui !

Dépités, ils évoluent par la suite vers une position de rejet complet, se plaçant en surplomb de l’actualité, devenant comme le groupuscule « à gauche », ex-PCF(mlm), ex-PCMLM, dont la seule existence est de cracher au visage de ceux qui luttent.

Ils écrivent le 30 novembre « Le mouvement ouvrier a toujours exigé la primauté de la conscience et de l’organisation. La croyance en le spontanéisme et en un vitalisme populaire n’a jamais abouti qu’au fascisme. » et plus loin que « Voir en le slogan « Macron démission » quelque chose de positif, c’est tomber au niveau de l’ultra-gauche ou du fascisme. C’est réfuter la primauté de la théorie, avec le principe des valeurs positives, d’un projet rationnel, d’une organisation méthodique. C’est s’imaginer que « tout ce qui bouge est rouge », alors qu’à une époque de dépression du capitalisme, comme on peut le voir partout, l’agitation sociale est plus que poreuse au corporatisme, au populisme, au social-impérialisme. »

Reniant par la même toute possibilité de révolution. Les masses sont « beauf », elles sont trop stupides pour acquérir la théorie pour la théorie, sans jamais comprendre la pratique. Pourtant ce sont les luttes qui politisent, les luttes qui font comprendre le besoin de la théorie aux masses. Marcher à l’envers, c’est être un intellectuel petit bourgeois. Mais après tout, pour ces aventuriers, rien n’est plus beau que les grands principes. Dommage que ces même principes leur fassent soutenir la police et voter Macron, qualifié de rempart antifasciste. Ils transitionnent déjà vers leur phase finale.

Cette phase finale est celle de l’abandon ou de la trahison pure et simple. Ou ils végètent dans leur petit monde, dans leur safe-space d’entre-soi petit bourgeois, ou ils renoncent complètement. Certains franchissent le Rubicon et se disent « puisque rien n’est assez bien, tout est assez bien ». Et ils finissent comme ces Goupil, ces Finkielkraut, ces Cohn-Bendit. Ils finissent en politiciens de leur classe, pour leur classe.

Cette destination finale n’est pas mécanique, mais elle est une tendance lourde qui s’est exprimée nombre de fois dans l’histoire de la lutte des classes. Elle peut se stopper par un électrochoc. Mais une fois dans les rangs des politiciens bourgeois, le demi-tour est exceptionnel.

Eux-mêmes ne sont pas en odeur de sainteté dans le mouvement des Gilets Jaunes. Il oscille certes entre espoir naïf et rejet complet, mais tend vers se hisser hors des cadres parlementaristes. Nous y reviendrons en partie finale.

 

 

Appel à la formation d’Assemblées populaires par les Gilets Jaunes de Commercy

 

Nous participons à la diffusion de cet appel lancé par les Gilets Jaunes de Commercy (Meuse), qui proposent la formation d’Assemblées populaires. Un appel indispensable qu’il faut porter dans la pratique, car il montre que la question cruciale de ce mouvement insurrectionnel n’est pas seulement la question économique qui écrase le prolétariat, mais aussi la question du pouvoir populaire contre le pouvoir bourgeois. Selon nous ce pouvoir populaire ne pourra se renforcer que s’il sort de son cadre local. Alors que l’on voit l’ampleur du mouvement au niveau national et même son impact au niveau international (à la Réunion, en Belgique, en Hongrie, en Allemagne), la coordination et donc la représentation de chaque AG va devenir une nécessité pour faire face à l’Etat bourgeois. Et pourquoi pas, des représentants de chaque AG mandatés et contrôlés par la base ?

 

REFUSONS LA RÉCUPÉRATION ! VIVE LA DÉMOCRATIE DIRECTE ! PAS BESOIN DE « REPRÉSENTANTS » RÉGIONAUX !

Depuis près de deux semaines le mouvement des gilets jaunes a mis des centaines de milliers de personnes dans les rues partout en France, souvent pour la première fois. Le prix du carburant a été la goutte de gasoil qui a mis le feu à la plaine. La souffrance, le ras-le-bol, et l’injustice n’ont jamais été aussi répandus. Maintenant, partout dans le pays, des centaines de groupes locaux s’organisent entre eux, avec des manières de faire différentes à chaque fois.

Ici à Commercy, en Meuse, nous fonctionnons depuis le début avec des assemblées populaires quotidiennes, où chaque personne participe à égalité. Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations-services, et des barrages filtrants. Dans la foulée nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours pour nous organiser, décider des prochaines actions, dialoguer avec les gens, et accueillir celles et ceux qui rejoignent le mouvement. Nous organisons aussi des « soupes solidaires » pour vivre des beaux moments ensemble et apprendre à nous connaître. En toute égalité.

Mais voilà que le gouvernement, et certaines franges du mouvement, nous proposent de nommer des représentants par région ! C’est à dire quelques personnes qui deviendraient les seuls « interlocuteurs » des pouvoirs publics et résumeraient notre diversité.

Mais nous ne voulons pas de « représentants » qui finiraient forcément par parler à notre place !

À quoi bon ? À Commercy une délégation ponctuelle a rencontré le sous-préfet, dans les grandes villes d’autres ont rencontré directement le Préfet : ceux ci-font DÉJÀ remonter notre colère et nos revendications. Ils savent DÉJÀ qu’on est déterminés à en finir avec ce président haï, ce gouvernement détestable, et le système pourri qu’ils incarnent !

Et c’est bien ça qui fait peur au gouvernement ! Car il sait que s’il commence à céder sur les taxes et sur les carburants, il devra aussi reculer sur les retraites, les chômeurs, le statut des fonctionnaires, et tout le reste ! Il sait aussi TRÈS BIEN qu’il risque d’intensifier UN MOUVEMENT GÉNÉRALISÉ CONTRE LE SYSTÈME !

Ce n’est pas pour mieux comprendre notre colère et nos revendications que le gouvernement veut des « représentants » : c’est pour nous encadrer et nous enterrer ! Comme avec les directions syndicales, il cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. Des gens qu’il pourra ensuite récupérer et pousser à diviser le mouvement pour l’enterrer.

Mais c’est sans compter sur la force et l’intelligence de notre mouvement. C’est sans compter qu’on est bien en train de réfléchir, de s’organiser, de faire évoluer nos actions qui leur foutent tellement la trouille et d’amplifier le mouvement !

Et puis surtout, c’est sans compter qu’il y a une chose très importante, que partout le mouvement des gilets jaunes réclame sous diverses formes, bien au-delà du pouvoir d’achat ! Cette chose, c’est le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un système nouveau où « ceux qui ne sont rien » comme ils disent avec mépris, reprennent le pouvoir sur tous ceux qui se gavent, sur les dirigeants et sur les puissances de l’argent. C’est l’égalité. C’est la justice. C’est la liberté. Voilà ce que nous voulons ! Et ça part de la base !

Si on nomme des « représentants » et des « porte-paroles », ça finira par nous rendre passifs. Pire : on aura vite fait de reproduire le système et fonctionner de haut en bas comme les crapules qui nous dirigent. Ces soi-disant « représentants du peuple » qui s’en mettent plein des poches, qui font des lois qui nous pourrissent la vie et qui servent les intérêts des ultra-riches !

Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation et de la récupération. Ce n’est pas le moment de confier notre parole à une petite poignée, même s’ils semblent honnêtes. Qu’ils nous écoutent tous ou qu’ils n’écoutent personne !

Depuis Commercy, nous appelons donc à créer partout en France des comités populaires, qui fonctionnent en assemblées générales régulières. Des endroits où la parole se libère, où on ose s’exprimer, s’entraîner, s’entraider. Si délégués il doit y avoir, c’est au niveau de chaque comité populaire local de gilets jaunes, au plus près de la parole du peuple. Avec des mandats impératifs, révocables, et tournants. Avec de la transparence. Avec de la confiance.

Nous appelons aussi à ce que les centaines de groupes de gilets jaunes se dotent d’une cabane comme à Commercy, ou d’une « maison du peuple » comme à Saint-Nazaire, bref, d’un lieu de ralliement et d’organisation ! Et qu’ils se coordonnent entre eux, au niveau local et départemental, en toute égalité !

C’est comme ça qu’on va gagner, parce que ça,là-haut, ils n’ont pas l’habitude de le gérer ! Et ça leur fait très peur.

Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer.

Non aux représentants et aux porte-paroles autoproclamés ! Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité !

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !

Si vous vous retrouvez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contactez-nous surgiletsjaunescommercy@gmail.com et coordonnons-nous sur la base d’assemblées populaires et égalitaires !

Appel à la formation d’Assemblées populaires par les Gilets Jaunes de Commercy