Archive dans octobre 29, 2020

Le plan de relance du gouvernement Macron

dans l’intérêt général ??

Le Café militant (Facebook : Kafe Militant), co-organisé par l’UPML et les Amis de l’ICOR en région parisienne a discuté en octobre du plan de relance du gouvernement. L’article suivant est un extrait de l’introduction au sujet :

Du plan de relance du gouvernement Macron dans l’intérêt général ??

Dans une situation où l’économie, le PIB (l’ ensemble des richesses produites) recule de 8 % en France et la production de 30 %, le plan de relance du gouvernement prévoit 30 milliards d’euros pour la transition écologique, 35 milliards pour la compétitivité et l’innovation, 35 milliards pour la cohésion sociale et territoriale.

Ce plan de relance – ce sont des subventions (cadeaux) ou allègements d’impôts surtout pour les grands groupes. Des 100 milliards d’euros, 10 financent la baisse des fameux impôts de production. Les entreprises capitalistes paieront donc encore moins d’impôts qu’avant!! Est-ce pour investir et créer des emplois ?? Dès le printemps, la zone euro avait transféré plus de mille milliards d’euros aux banques et 500 milliards d’euros pour sauver des entreprises de l’Union européenne (UE).

La philosophie et le discours du gouvernement sont: quand tout va bien pour les entreprises, donc c’est pour l’intérêt général, donc pour nous tous. Qu’en est-il réellement pour les couches populaires ?

« J’espère que le plan de relance en 2021 créera 160 000 emplois. C’est notre objectif », a déclaré le premier ministre Jean Castex.

En attendant, TOUS LES JOURS, des plans de licenciements, des fermetures d’entreprises et des faillites sont annoncés: Renault, Airfrance, TUI, Airbus, Bridgestone, Lacotère, Nokia, général électrique, Engie, Auchan… On évalue à 800 000 le nombre de destructions d’emplois d’ici à la fin de 2020. 5,8 millions de chômeurs est le chiffre officiel des catégories ABC cet été . Chaque chiffre est une vie, une famille, du malheur.

Plan de relance et emplois

Regardons Bridgestone : 2 ministres du gouvernement s’y sont déplacées pour interpeller « L’État appelle le groupe Bridgestone à prendre ses responsabilités … » la réponse des patrons est glaciale et d’un mépris total pour les 863 salariés menacés de perdre leur emploi, et le gouvernement, se voit humilié. Sauf  que la loi Travail a mis fin à l’autorisation administrative de licenciement et les divers gouvernements n’ont eu de cesse de réduire les quelques restrictions faites aux entreprises qui licencient.

A quoi servent les subventions ?

Les capitalistes investissent et créent des emplois pour faire le profit maximal par l’EXPLOITATION de la force du travail. L’argent de l’Etat aux entreprises va pour leur compétitivité sur le marché mondial. Et la concurrence entre les impérialistes est rude. Il faut restructurer, fusionner et rationaliser – les subventions vont servir à principalement DÉTRUIRE des emplois pour robotiser, à renforcer l’exploitation par la flexibilisation et la précarisation du travail.

Depuis 2018 se développe une des crises répétitives du capitalisme (comme en 2008) de suraccumulation du capital (amplifié par le corona). Les capitalistes ne peuvent plus vendre leurs trop de produits (voitures, etc), alors c’est l’heure de la destruction du capital qui ne leur sert plus à rien – donc aussi destruction du capital humain.

Attention à l’enfumage !

Le discours autour du plan de relance c’est de l’enfumage ! Le gouvernement ne changera pas les lois universelles du capitalisme dont il est le serviteur.

Fabien Roussel, chef du P « C »F déplore que l’on favorise les entreprises et leur production – et regrette des « oublis » dans la plan. Les partis sociaux-démocrates jusqu’à Martinez de la CGT exigent des « contreparties »aux subventions. Comme quoi ? Accompagner les chômeurs doucement dans leur queue d’attente à pôle emploi ?! Les illusions des partis réformistes jusqu’au P «C»F sont de la collaboration de classe !

Pas d’emplois dans les services publics

Le gouvernement ne crée pas d’emplois non plus dans les services publiques où la privatisation continuent, soit destruction d’emploi et précarisation. Dans les hôpitaux créer des postes serait urgent ! Voir la deuxième vague de la crise sanitaire ! Il n’en est rien ! A quelques exceptions près : juges + 1500 postes, police : + 1300 postes, mais seulement 700 pour les enseignants – avec un nombre d’élèves en augmentation.

Une attaque par les grands groupes internationaux

Sur les 100 milliards d’euros, 40 milliards seraient pris en charge par l’Union européenne, mais pas automatiquement. La condition  est de mettre en place la retraite à points, de démanteler l’assurance chômage qui restreint les conditions d’accès aux indemnités et qui les baisse. D’autres « réformes structurelles » vont suivre.

Le plan de relance est une attaque globale, brutale et renforcée des monopoles internationaux sur les travailleurs, attaque concerté des gouvernements Européens. Il augmentera le chômage et la misère !

Et les salaires et allocations ?

Les « experts » dans les médias nous disent que la population aurait une épargne de 100 milliards d’euros, pas la peine d’augmenter les salaires et allocations. La belle statistique !

La rémunération annuelle du PDG de Bridgestone, Masaaki Tsuya, est d’un million de dollars par an. La rémunération annuelle du PDG de General Electric, Lawrence Culp, dont le groupe licencie depuis l’année dernière des centaines de salariés du site de Belfort : 2,5 millions de dollars par an. Mais 9,3 millions de personnes en France vivant avec moins de 1 063 euros par mois – le niveau du seuil de pauvreté selon l’Insee – , qui correspond à 60% du revenu médian de 2018. Mais rien dans le plan de relance sur les salaires et allocations – et que des miettes ni pour le personnel hospitalier, les « premières de corvée » si appréciées et décorées après la vague catastrophique d’infections du covid.

Défendre les intérêts des ouvriers et employés, de la large majorité!

Ce n’est possible que par une large lutte politique et syndicale, en unifiant les revendications et en unifiant nos luttes, en liant les questions économiques aux questions politiques.

Un « programme d’urgence »sera bientôt publié sur notre blog.

Mais se battre sans fin contre un système à bout de souffle et désastreux ? Courage ! Osons discuter et nous organiser pour une société alternative dans l’intérêt général, socialiste, collective et de démocratie directe. La Commune de Paris, il y a 150 ans, en a été un exemple très précieux d’enseignements pour notre avenir. Son anniversaire en 2021 sera l’occasion de les mettre en lumière.

Apprendre du passé pour construire l’avenir !

Salauds de pauvres : le fantasme du Président

Paru dans regards.fr 2020-10-22

Mercredi 14 octobre, à la 40ème minute d’une interview télévisée qui en a duré 45, Le président de la République a été interrogé sur l’aggravation de la pauvreté et sur la demande faite par beaucoup d’augmenter le RSA et d’en élargir l’attribution aux moins de 25 ans sans ressources. Emmanuel Macron a alors déclaré : « Je tiens à une chose, c’est qu’on ne perde pas nos fondamentaux. Nos fondamentaux, c’est la lutte contre la pauvreté par le retour à l’activité et le travail. Et plus on augmente de manière unilatérale tous nos minimas sociaux (et on ne les rabaisse jamais après), plus on rend difficile le retour à l’activité. C’est ce qu’on a constaté. Et c’est pour cela que j’assume d’avoir il y a quelques mois, massivement et historiquement augmenté la prime d’activité de 100 euros par mois. Et donc je préfère cette aide exceptionnelle massive, comparable à ce qu’on a fait au printemps, plutôt qu’une transformation de nos minima sociaux ».

C’est ce qu’a expliqué l’économiste Michael Zemmour, maître de conférences à l’Université Paris Panthéon Sorbonne, chercheur à Sciences Po, lors d’une table ronde du Printemps des Économistes qui s’est déroulé virtuellement du 13 au 16 octobre : « Le Président a expliqué qu’on n’allait pas revaloriser le RSA parce que cela nuirait à l’insertion. C’est une question qui s’est beaucoup posée. C’est une théorie économique très en vogue depuis 15 ou 20 ans. J’ai regardé encore cela hier. Il n’y a aucune étude qui permet de justifier cela. C’est quand même un problème parce qu’il s’agit de personnes en très grandes difficultés sociales et financières en période de crise et où en plus l’emploi est rare. Et on justifie cela par un phénomène économique que nul n’a constaté. On dit : « On ne va pas augmenter votre aide mais c’est pour votre bien », mais ce n’est pas le cas »….

Et au contraire, les études abondent pour montrer que le RSA n’a pas permis de réduire significativement et durablement la pauvreté. Celle-ci a même réaugmenté dès 2018. Il est évidemment très difficile de démontrer que son augmentation ou son niveau ont nui à la reprise de l’activité, puisqu’il est très bas (564,78€ maximum par mois, pour une personne seule 847,17€ pour un couple et au maximum 1186,04€ pour un couple avec 2 enfants à charge) et qu’il augmente très peu (+ 0,9% en 2020). Depuis la création du RMI en 1994, et sa transformation en RSA en 2006, il n’a en fait augmenté plus vite que les prix qu’entre 2012 et 2017 et de façon très modeste.

Bien entendu aucun impact sur le taux de paresse supposé des pauvres n’a pu être constaté.

Selon le sociologue Nicolas Duvoux, professeur à l’Université Paris 8, « les travaux concordent pour souligner plusieurs choses : les gains monétaires à la reprise d’un emploi ne sont pas décisifs dans les comportements des allocataires du RSA. Ces derniers ont envie de sortir des minima sociaux bien plus pour retrouver une dignité et une participation à la vie sociale que pour gagner un peu plus ».

Et tout montre que ce qui manque ce sont les emplois, pas la volonté de les occuper. Avant même l’épidémie et l’effondrement des petits boulots et des activités non salariées et des activités partielles, 30% des emplois à temps partiels étaient subis et non souhaités. La prime d’activité est sans doute incitative à l’emploi, mais elle n’est pas du salaire, si bien qu’elle a « l’avantage » pour les employeurs de désinciter à l’augmentation des bas salaires, et elle a pour effet pervers d’amplifier la perte de revenu à la suite d’un licenciement. Elle n’est pas comptée dans l’indemnité chômage et on n’y a plus droit quand on perd son travail. L’universitaire Muriel Pucci en a établi le constat : « La prime d’activité amplifie la perte de revenu à la suite d’un licenciement ». Et c’est ce qui se passe massivement depuis le confinement et qui menace de rebondir avec le nouveau choc sanitaire et économique.

« Remarquablement mal protégés »

Au total, expose Michael Zemmour, durant le confinement, « la France a très bien protégé l’essentiel de sa population avec le chômage et l’activité partiels. Mais les personnes qui n’étaient pas dans un emploi stable ou avec des revenus stables ont été remarquablement mal protégés. C’est cela qu’on a vu dans le confinement, et qui va continuer de s’aggraver. C’est-à-dire des personnes qui ne sont pas dans un emploi stable, qui vont arriver en fin de droit au chômage et qui n’ont même pas accès au RSA, comme les jeunes ».

« L’aide exceptionnelle massive » accordée au printemps, dont le Président s’auto- congratule à la façon de son collègue des États-Unis, a été terriblement insuffisante. Comme sa duplication, à l’automne, le sera tout autant.

Trois mesures d’urgences doivent impérativement être prises pour empêcher le déferlement de la pauvreté : le RSA devrait être revalorisé de façon substantielle ; les jeunes devrait y être intégré de plein droit ; la protection de l’assurance chômage ne doit pas être restreinte mais étendue. Du fait de l’attentat terroriste de l’enseignant Samuel Paty, le Premier ministre Jean Castex a reporté l’annonce de mesures de lutte contre la pauvreté qu’il devait faire ce samedi 17 octobre. Mais nul n’espère y voir figurer ne serait-ce que l’une de ces trois mesures.

Selon le Baromètre de la pauvreté réalisé par l’Ipsos 2020 pour le Secours populaire au début du mois de septembre, 57% des Français ont peur de basculer dans la pauvreté. Un pourcentage en hausse de 3 points sur l’année précédente, mais qui dépasse la barre des 50% depuis 2007.

Le Président et le gouvernement n’ont pas l’air de s’en inquiéter. Comme s’ils avaient au contraire décidé de faire avec et de surfer sur la peur de devenir pauvre et la culpabilité de le rester.

Saisonniers, traités comme des bêtes

Nous empruntons ce témoignage au Bulletin Basta. Les enseignements que l’on peut en tirer serait de dire que nous avons là non une exception mais la règle de l’exploitation du travail précaire et qui tend à se généraliser.

« On était traités comme des animaux » : la face cachée du travail saisonnier dans le secteur agricole

par Sophie Chapelle – 21 septembre 2020

Des journées de travail de neuf heures sans pause où l’on mange en cachette, des heures supplémentaires jamais payées, des cas de harcèlement sexuel… Cinq travailleurs détachés du secteur agricole ont décidé de briser le silence et d’attaquer leurs employeurs espagnols et français bénéficiant de ses contrats.

C’est « la rage », dit-elle, qui la fait tenir debout, malgré une sclérose en plaques qui la fait cruellement souffrir. Yasmina Tellal, 38 ans, a été employée de 2012 à 2017 par Laboral Terra, une entreprise de travail temporaire espagnole qui propose de la main d’œuvre aux exploitants et entreprises agricoles françaises. Ces dernières n’ont qu’à signer un contrat avec cette société d’intérim, qui se charge de fournir les salariés et de gérer leurs démarches administratives.

Avec quatre autres salariés, Yasmina a porté plainte aux prud’hommes contre Laboral Terra et huit entreprises agricoles françaises [1] pour non-respect des contrats de travail, non-paiement des heures supplémentaires et des congés payés, manque à l’obligation de sécurité et préjudice moral. Si des travailleurs détachés du secteur agricole ont bien tenté ces dernières années de porter l’affaire en justice, les procès sont rares. Le jugement est attendu ce 22 septembre. « L’enjeu est d’obtenir que la justice donne leur juste mesure aux atteintes commises aux droits humains. Les enjeux économiques pour la filière agricole ne doivent pas primer. Les frontières ne doivent plus être un motif de dérogation à l’application stricte et universelle des droits humains », estime Yann Prévost, l’avocat de Yasmina.

« Une fois à Avignon, les problèmes ont commencé »

Yasmina, d’origine marocaine, a vécu en Espagne avant d’arriver en France, à l’âge de 29 ans. Elle travaillait dans le prêt-à-porter jusqu’à ce que la crise de 2008 ne la pousse à fermer boutique et à quitter son pays avec une amie. Un de leurs proches les aiguille vers Laboral Terra, qui leur promet une embauche pour une mission d’un an, dans le secteur agricole en Provence. « Une fois à Avignon, les problèmes ont commencé », se remémore t-elle. En matière de logement, c’est la désillusion. « Il a fallu qu’on se débrouille pour se loger, contrairement à ce qui était annoncé. » Laboral Terra ne leur propose qu’un lit au domicile des responsables locaux. « Ils voulaient nous mettre dans leurs appartements à eux ». Yasmina et son amie décident de louer un appartement à leurs frais à partir d’avril 2012.

Il leur faut attendre trois mois avant que Laboral Terra ne leur fasse signer un premier contrat ; et qu’elle soient aspirées par un rythme infernal. Yasmina travaille régulièrement les samedi et dimanche, sans que cela ne se répercute sur le montant de son bulletin de salaire. « Ils n’ont rien respecté : ni les 35 heures, ni les congés, pas plus que la possibilité d’avoir accès à la couverture complémentaire santé. » Les contrats s’enchaînent, dans l’emballage de fruits et légumes, puis dans les serres de fraises à Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône. Certaines journées de travail n’en finissent plus. « Il faisait 60°C. On travaillait de 6 h du matin à 1 h de l’après midi. On n’avait pas de pause, pas de café, pas le droit de manger, pas de toilettes. » Dans une autre entreprise d’emballage de pommes, elle travaille 15 heures par jour, avec une heure de pause seulement. Il y a là « un comportement de mépris et un abus de la force de travail », estime son avocat.Je lis, j’aime, je vous soutiens

« Il y a des manifs pour les droits des animaux, il n’y en a pas pour nous »

Pour chacun de ses contrats, Yasmina ne sait jamais combien elle va percevoir. L’indemnité de fin de mission n’est précisée nulle part. Des retenues sur salaires, « injustifiées » selon son avocat, sont opérées [2]. Les irrégularités sont monnaie courante. « Il m’est arrivé de signer un contrat de six mois mais au bout d’un mois, Laboral Terra m’appelait pour me signifier de ne pas venir le lendemain, sans aucune explication », souligne Yasmina.

Ce traitement indigne vaut pour les autres travailleurs détachés. « Un de mes employeurs appelait Laboral Terra et lui disait « ramène-moi 40 personnes ». Ensuite l’employeur disait aux travailleurs détachés : « Toi, tu viens pas demain, toi non plus », alors même qu’il n’avait pas de raison pour arrêter les contrats de ces gens. On n’est pas des machines. Mais on était traités comme des animaux, comme des vaches ! Et encore, les animaux ont plus de droits que nous. Il y a des manifs pour les droits des animaux, il n’y en a pas pour nous. Une des entreprises françaises a quand même viré une femme parce qu’elle était enceinte, en appelant la société espagnole pour arrêter son contrat. Ils l’ont laissée sans rien ! »

Des brutalités et du mépris, jusqu’à la mort

Les entreprises françaises, « ne considèrent pas les travailleurs détachés comme des ouvriers de « chez eux », pense Yann Prévost. Ils peuvent être beaucoup plus brutaux, plus indifférents à leur sort et à leurs souffrances au travail. » Malgré différents maux qui se révéleront être les symptômes d’une sclérose en plaques, Yasmina n’a jamais bénéficié de visite médicale. Un jour, alors qu’elle se décide à parler de ses droits sur son lieu de travail, elle se fait frapper le lendemain par une autre salariée. « Des violences ont été commises par d’autres ouvriers ou des représentants de Laboral Terra auprès de Yasmina sans que l’employeur n’intervienne, alors que les faits se déroulaient sur le lieu de l’entreprise », dénonce son avocat.

L’affaire Elio Maldonado atteste de cette indifférence. Le 7 juillet 2011 à Eyragues, dans les Bouches-du-Rhône, ce travailleur équatorien de 33 ans, en contrat avec la société d’intérim espagnole Terra Fecundis, meurt sur une exploitation de melons, au terme d’une journée de labeur où l’eau a manqué. Yann Prévost, qui défend également la famille d’Elio Maldonado, l’affirme : « Il est décédé de déshydratation car tout le monde se fichait de ces travailleurs au point de ne pas les faire boire. » [3]

« Un système de « dumping » social »

L’affaire en cours devant les prud’hommes est, pour l’avocat, « l’illustration de tout un système de « dumping » social ». Le recours à Laboral Terra et aux travailleurs détachés représente une aubaine économique pour les entreprises agricoles françaises. Les cotisations sociales, qui sont payées en Espagne par l’entreprise de travail temporaire, sont deux fois moins élevées qu’en France. « Le patron d’une des boîtes françaises ne regardait même pas le contrat de travail amené par Laboral Terra. « Ce qui compte c’est que je paie moins » disait-il », se souvient Yasmine. « Le contrat de travailleur détaché est peut-être une forme de « dumping » social, mais c’est un contrat parfaitement légal autorisé par l’UE », a répliqué l’avocat d’une entreprise d’emballage agricole française lors de l’audience aux prud’hommes.

Il n’est en effet pas illégal d’avoir recours au travail détaché si cela se fait de manière limitée dans le temps. Or, Yasmina a travaillé pendant plusieurs années pour deux de ces sociétés, ce qui confirme un besoin structurel, et non pas temporaire, de main d’œuvre. Elle demande en conséquence une requalification de ses missions d’intérim en CDI (contrat à durée indéterminée). Yann Prévost estime également que le statut de travailleuse détachée ne peut pas s’appliquer dans la situation de Yasmina. Pour qu’il y ait détachement, l’employeur de société espagnole aurait dû l’embaucher en Espagne comme ouvrière agricole, avant de la « mettre à disposition » d’employeurs français. Or, Yasmina n’a jamais travaillé en qualité d’ouvrière agricole en Espagne, et elle résidait en France au moment de la signature de ses contrats. Une requalification en contrat de droit français est donc demandée. Si elle aboutit, Yasmina pourra ainsi bénéficier de la juste rémunération dont elle a été privée pendant des années.

« Des sociétés font fortune sur le dos des droits humains »

Lors de l’audience, les sociétés agricoles ont aussi fait valoir qu’elles ne trouvaient pas suffisamment de saisonniers en France, ce qui les conduisait à se tourner vers l’étranger. « Ce n’est pas que les Français ne veulent pas travailler, ce sont les conditions de travail qui sont en cause », réagit Yasmina. « Les Français qui arrivent sur les champs connaissent les lois et leurs droits. Ils commencent à travailler mais ils demandent une pause au bout d’un moment, réclament que leurs heures supplémentaires soient payées… Et ils voient leurs contrats s’arrêter ! »

Les entreprises utilisatrices estiment par ailleurs ne pas être responsables des agissements de l’entreprise étrangère qui met les travailleurs à sa disposition. « Si les exploitants français étaient plus exigeants sur les conditions de travail et d’embauche, il n’y aurait pas des sociétés comme Terra Fecundis pour faire fortune sur le dos des droits humains », fait valoir Yann Prévost, qui demande la requalification des exploitants français en « coemployeurs » aux côtés de Laboral Terra. Cette dernière s’est déclarée en liquidation judiciaire le 13 juin 2019. Une liquidation qualifiée d’« opportune » par l’avocat qui les soupçonne de l’avoir fait pour échapper aux procédures judiciaires. Mais le système continue, tient-il à rappeler. « Le chiffre d’affaires d’une société d’intérim espagnole comme Terra Fecundis oscille entre 50 et 60 millions d’euros dont 90 % sur le sol français. Leur business, florissant, repose sur un système d’exploitation de personnes vulnérables. » Une procédure a d’ailleurs été ouverte contre Terra Fecundis en 2014 pour « travail dissimulé en bande organisée », conduite par l’inspection du travail, la Police aux frontières et l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCTRI) [4].

« L’agriculture industrielle tient sur ces esclaves »

En faisant des recherches sur internet, Yasmina découvre la procédure contre Terra Fecundis. « Je me suis dit qu’on avait une chance de gagner. » Voilà maintenant trois ans qu’elle s’est lancée dans cette bataille judiciaire, aux côtés de quatre autres travailleurs rencontrés lors de missions pour Laboral Terra. Yasmina s’est d’abord rapprochée de la CGT locale, puis a rencontré le Collectif de défense des travailleurs étrangers dans l’agriculture des Bouches-du-Rhône (Codetras). « C’est grâce à eux qu’on n’a pas lâché. Ils nous apportent beaucoup de soutien, nous ont aidés avec une collecte à payer les frais de justice. »

« Ces personnes sont dans une extrême détresse et sont hyper vulnérables », témoigne Émilie Loison, qui a rejoint le Codetras il y a un an et demi. « Certains se blessent et ne le montrent pas, sinon ils sont virés. » Pour cette éleveuse de chèvres en pastoral, il n’y a pas de contradiction à être cheffe d’exploitation agricole et à militer pour la défense des droits de ces travailleurs agricoles. « Dans mon syndicat [la Confédération paysanne] nous revendiquons plus d’éthique et de justice sociale. »Je lis, j’aime, je m’abonne

« On était embrassées de force, humiliées »

Yasmina a également entamé une procédure au pénal pour agression sexuelle et traite d’êtres humains. « On était embrassées de force, humiliées. Lorsque le responsable espagnol arrivait sur le lieu de travail, il me touchait devant tout le monde alors que je le repoussais. On n’a pas couché avec eux en dépit des pressions. Je ne savais pas que je devais vendre mon corps si je ne voulais pas que mon contrat s’arrête. » L’instruction est en cours à Avignon.

Pour être en sécurité, Yasmina a changé d’adresse et a quitté Avignon. Mais les séquelles demeurent. « Mon amie est suivie depuis trois ans par un centre psychologique. Elle est traumatisée. On a peur de tout le monde. Moi, j’ai perdu ma santé à cause d’eux. Un autre collègue a des problèmes de cœur. Ils ont changé définitivement notre vie. » Elle espère que la justice leur donnera raison en condamnant ces sociétés « afin d’en finir avec l’exploitation des gens. ça peut donner à d’autres le courage de s’en sortir, de partir. » Dans le cas contraire, elle redoute le pire. « Je ne veux pas que des gens soient encore plus exposés qu’avant si la décision nous est défavorable. »

[Mise à jour le 22 septembre 2020 : la Cour n’a pas reconnu de “fraude” au statut du travailleur détaché. Yasmina Tellal a en revanche obtenu le paiement de rappel de salaires et congés payés. Elle a décidé de faire appel.]

Sophie Chapelle

Notes

[1] Vilhet Fruit, QualiPrim, Hmong Distribution, Les Jardins Bio de Martine, GAEC Durance Alpilles, Coccolo, Le Clos des Herbes et Mehadrin Services

[2] Laboral Terra a par exemple opéré un prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu en Espagne alors même que Yasmina réside de manière permanente en France.

[3] À l’issue d’une information judiciaire ouverte à Tarascon (au cours de laquelle la société espagnole a été placée sous le simple statut de « témoin assisté »), la Sarl a été jugée en janvier 2020 pour « homicide involontaire » par violation délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité. Une relaxe ayant été prononcée, la famille a depuis fait appel.

[4] Du fait de la crise sanitaire, les audiences prévues devant le tribunal correctionnel du 11 au 14 mai dernier ont été reportées sine die.

L’ICOR a 10 ans – Joyeux anniversaire! (UPML/France)

L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste félicite l’ensemble des organisations, les Amis de l’ICOR et, aussi et surtout, les coordinateurs et coordinatrices en Afrique, en Amérique, en Asie, en Australie et en Europe pour les dix ans d’existence de l’ICOR. Quel chemin parcouru ! L’ICOR est notre œuvre commune et nous signons à 100 % le texte de nos camarades de l’Unité Communiste pour cet anniversaire. Laissez-nous juste rajouter quelques mots sur ce que l’ICOR nous a apporté, ce qu’elle apporte aux révolutionnaires !

L’ICOR a changé notre militantisme. Nous sommes des internationalistes et nous avons toujours suivi l’actualité et les luttes dans le monde. Avec l’ICOR, nous les vivons avec les camarades des organisations membres et Amis de l’ICOR dans les divers pays. Nous les soutenons, développons des luttes internationales communes et nous savons que nous marchons dans la même direction. C’est un immense renfort dans nos activités, dans lesquelles la construction d’organisations révolutionnaires fortes, impliquées dans les luttes et ancrées dans les masses est notre priorité aujourd’hui. Nous avons reçu des messages de soutien et des délégations ICOR à l’occasion des luttes en France, par exemple lors de la lutte contre les attaques du gouvernement sur le code du travail. A l’occasion de la COP 21, l’ICOR a manifesté avec nous à Paris pour un changement révolutionnaire qui sauvera nos bases de vie. Nous nous sommes mobilisés en France pour le Rojava et la Palestine, nous avons fait connaître ici les luttes chez Airbus à Hambourg qui concerne Toulouse également, etc.

Avec l’ICOR, nous avons mieux connu les camarades de l’Unité Communiste lors de l’important séminaire de l’ICOR pour les 100 ans de la révolution d’Octobre. Depuis, nous coopérons de plus en plus étroitement. L’ICOR a favorisé notre coopération, la mise en commun de nos forces sur la base de principes clairs contre le capitalisme et l’impérialisme. Travailler à l’unité des communistes, sans taire les divergences, est devenu un axe essentiel de l’activité de nos deux organisations. Nous sommes heureux que l’unité des révolutionnaires se renforce au niveau international, comme le prouve le nombre croissant d’organisations membres de l’ICOR.

Notre unité et notre force sont bien nécessaires vue la décadence du système capitaliste avec ses multiples crises. Les prolétaires et masses populaires contestent de plus en plus la politique bourgeoise, ses institutions et son État. A nouveau, les dominants veulent sortir de leurs difficultés grandissantes par le fascisme et la guerre.

Qu’un nouveau Front uni international anti-impérialiste et anti-fasciste large, fort et convaincant, initié par l’ILPS et l’ICOR, s’y oppose avec succès !

Que l’ICOR et ses organisations membres deviennent un pôle d’attraction encore plus fort quand elles coordonnent et orientent les différents combats en cours et à venir !

Qu’elle donnent un nouvel espoir aux peuples du monde pour renverser bientôt ce système et construire une société socialiste.

Célébrons en ce sens l’année prochaine l’actualité des 150 ans de la Commune de Paris, du premier État ouvrier !

Nous souhaitons à toutes et tous bonne santé et force, clairvoyance et succès pour une autre décennie combative et révolutionnaire ! Salutations cordiales !

Octobre 2020

L’ICOR à 10 ans, que de chemin parcouru ! /

Intervention de Monika Gärtner-Engel, Coordinatrice principale de l’ICOR

Chers amis et camarades du monde entier !

L’ICOR a 10 ans aujourd’hui, et à cette occasion, elle vous adresse ses salutations chaleureuses et révolutionnaires. Le 6 octobre 2010, 90 ans après la révolution d’Octobre et la fondation de la IIIe Internationale, nous avons célébré sa fondation lors d’une cérémonie internationale à Berlin. La Résolution de fondation a résumé :

« Le temps est mûr d’opposer quelque chose de nouveau au capital financier international hautement organisé et relié au niveau mondial et à son système impérialiste mondial, – l’organisation du mouvement révolutionnaire et ouvrier international et des larges masses, sur un nouveau degré de la coopération et de la coordination transnationales de l’activité pratique. »

Les mots sont suivis d’actes ! C’est ainsi que l’ICOR s’est consolidée et renforcée. Fondée par 41 organisations et partis révolutionnaires sur quatre continents, elle s’est développée pour atteindre plus de 60 organisations membres sur tous les cinq continents du monde.

Félicitations pour ces dix années de succès et merci pour les grands efforts et le travail persévérant à toutes les organisations de l’ICOR ; merci pour l’engagement désintéressé à tous ceux qui ont pris des fonctions et des responsabilités – du premier Coordinateur principal, Stefan Engel, qui a ouvert la voie à suivre, aux dernières demandes d’adhésion à l’ICOR en cours du Portugal et de la Sibérie ; à tous les amis de l’ICOR et à tous les alliés partout dans le monde.

La base de la croissance et de l’attrait de l’ICOR sont les principes prévoyants adoptés il y a dix ans, s’ils sont réellement vécus et mis en pratique :

  • Face aux différences encore nombreuses entre les révolutionnaires du monde s’organiser en commun sur la base de questions clés au plan idéologico-politique : surmonter de façon révolutionnaire le système capitaliste/impérialiste ; perspective du socialisme/communisme ; nécessité de la dictature du prolétariat ; rôle dirigeant de la classe ouvrière ; démarcation nette du révisionnisme, de l’anarchisme et du trotskisme.
  • Chacun décide lui-même de l’activité de l’ICOR à laquelle il veut participer – mais si un engagement est pris, il doit être mis en œuvre de manière fiable !
  • Une unification idéologico-politique progressive avec des séminaires, le droit à des contributions mensuelles à la discussion de chaque organisation sur le site web et, notamment, des résolutions qui ne deviennent valables qu’avec l’approbation majoritaire des organisations de l’ICOR. De ces dernières, rien qu’en 2020 15 résolutions aux questions brûlantes de l’époque ont été faites à l’initiative ou avec la participation active de nombreuses organisations de l’ICOR.
  • Indépendance financière. Chacun paie une cotisation définie par lui-même – mais ceci de manière fiable. L’ICOR finance son travail exclusivement grâce aux cotisations de ses membres, aux dons et aux activités financières pleines de bonnes idées. Elle est sans dette.
  • Culture de débat prolétarienne, respect mutuel et respect de la souveraineté des organisations membres.
  • Politique de la porte ouverte pour l’adhésion ou la coopération avec d’autres.

La tâche principale de l’ICOR est la coordination et la coopération pratiques sur ces bases. Elle a déjà fait des pas importants dans ce sens :

  • Lors de quatre journées de lutte internationales de l’ICOR – le 1er mai, le 8 mars, les journées de commémoration et de lutte contre la guerre, et la journée de lutte pour l’environnement – les organisations de l’ICOR veulent s’engager ensemble sur la base d’un appel commun avec des manifestations, des réunions de conscientisation et des publications.
  • La solidarité pratique dans la lutte pour la démocratie, la liberté et le socialisme avec le point culminant du pacte de solidarité avec la lutte de libération kurde ; dans les conditions les plus difficiles avec 177 brigadistes construisant le centre de santé à Kobaně qui est aujourd’hui une clinique pour femmes où des milliers de bébés sont nés entre-temps.
  • L’un des moments forts a été sans aucun doute l’ensemble pour le Centenaire de la révolution d’Octobre – à commencer par des publications et des activités dans les différents pays, un séminaire international avec 60 organisations participantes de 40 pays et comme point culminant des activités et des manifestations à Saint-Pétersbourg du 05.11.à 09.11.2017.
  • Les coordinations continentales organisent des campagnes ou aussi des séminaires communs, par exemple sur la question de l’environnement, sur les nouveaux phénomènes dans le système impérialiste mondial, comme sur la question controversée des nouveaux pays impérialistes.
  • Les organisations de l’ICOR agissent ensemble de manière combative et critique lors de conférences internationales telles que les conférences mondiales de l’ONU sur le climat.
  • L’ICOR a lancé et soutenu des campagnes avec d’autres associations révolutionnaires telles que l’ILPS contre l’énergie nucléaire en 2011.
  • Elle est un partenaire actif et une force motrice d’alliances non-affiliées à des partis à l’échelle mondiale. Par exemple, l’importante coordination internationale des mineurs et des ouvriers de l’automobile ou les deux Conférences mondiales des femmes de la base qui ont eu lieu jusqu’à présent.
  • Les conférences des paysans et des ouvriers agricoles, qui ont déjà eu lieu plusieurs fois au niveau régional, et qui sont prévues à l’avenir au niveau mondial, sont orientées vers l’avenir.
  • Ensemble avec l’ILPS, l’ICOR a pris l’initiative et créé, entre-temps, les conditions essentielles à la mise en place, à l’échelle mondiale, d’un Front uni antifasciste et anti-impérialiste.

On ne saurait surestimer ces succès obtenus par la lutte commune. Ils se distinguent de manière attrayante du déclin mérité ou bien des scissions des alliances révisionnistes, trotskistes ou sectaires-séparatistes. Sans exagération et avec fierté, nous pouvons donc dire aujourd’hui : l’ICOR est devenue la représentante vivante et proactive des associations révolutionnaires du monde entier. Sans scissions, sans symptômes de déclin et sans querelles liquidatrices.

Mais rien ne serait plus étranger à l’ICOR, rien ne serait plus inapproprié que l’autosatisfaction. Jugée d’après les tâches que l’avenir réserve aux révolutionnaires du monde, l’ICOR n’en est qu’à ses débuts et a encore beaucoup à apprendre et à construire. Elle est confrontée à d’énormes défis pour mettre en pratique ses principes de manière vraiment conséquente et à tout moment. Elle doit surtout continuer à progresser dans la coopération et la coordination pratiques réelles. Elle doit être encore plus déterminée à discerner, discuter et clarifier en temps utile les questions idéologico-politiques brûlantes de l’époque, et à travailler de manière conséquente pour la conscientisation et l’organisation.

Nous vivons actuellement la crise économique et financière mondiale la plus profonde, aggravée par la pandémie de Corona. La transition vers une catastrophe environnementale mondiale s’accélère. La pauvreté massive et le chômage de masse, les mouvement migratoires par millions, la faim, les épidémies et les guerres attaquent et menacent les bases d’existence de l’humanité. La concurrence inter-impérialistes dans le nombre croissant et l’agressivité accrue des différentes forces impérialistes s’intensifie de manière hautement dangereuse. L’exploitation et l’oppression de la classe ouvrière internationale sont poussées à l’extrême. La double exploitation et l’oppression de la masse des femmes et la violence brutale dont elles sont victimes s’aggravent. La jeunesse ne devrait se voir offrir un avenir que dans la barbarie capitaliste !

Les forces dirigeantes répondent aux luttes de classe et de masse par la terreur d’État, la fascisation des appareils d’État et la répression des forces révolutionnaires. L’une de leurs méthodes les plus importantes aujourd’hui, c’est l’anticommunisme ouvertement réactionnaire ou se déguisant en moderne. Ses représentants font semblant de critiquer le capitalisme, mais déclarent qu’il est sans alternative, que tous les efforts pour trouver une perspective révolutionnaire sont insensés ; ils tiennent des propos incendiaires contre les prétendus « stalinistes » et « maoïstes ». Aujourd’hui, l’anticommunisme s’avère de plus en plus être l’obstacle décisif dans la conscience des masses, au développement de la conscience de classe et à la décision de lutter pour la démocratie, la liberté et le socialisme. C’est surtout pour cette raison que le socialisme scientifique a encore une influence relativement faible dans les luttes et les mouvements importants du monde.

Cependant, dans la tendance approfondie du système impérialiste mondial à produire des crises, les dirigeants en place ne peuvent souvent plus régner à l’ancienne. De plus en plus souvent, les masses ne veulent plus vivre à l’ancienne. Dans toujours plus de pays, des crises se développent qui touchent la société entière et, à l’échelle mondiale, la tendance accélérée à une crise sociétale globale du système impérialiste mondial. La classe ouvrière, en particulier le prolétariat industriel international, fait entendre sa voix avec des luttes déterminées. Les femmes s’élèvent au plan mondial, surtout dans les mouvements de masse contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes. Les militants écologistes reconnaissent de plus en plus clairement la nécessité de s’orienter vers une transformation de la société. La jeunesse du monde se rebelle contre l’exploitation et l’oppression, contre le racisme, le fascisme, le terrorisme d’État, le militarisme, la destruction de l’environnement et le paternalisme anticommuniste.

Le plus grand problème dans ces multiples luttes, c’est souvent l’absence ou la faiblesse des forces de construction de partis marxistes-léninistes dans les différents pays ainsi que la faiblesse de la coopération internationale efficace. Toute notre attention doit se concentrer sur la dialectique de la construction ciblée du parti dans les différents pays et sur le renforcement décisif de notre coopération internationale au sein de l’ICOR ainsi que sur le renforcement du Front uni anti-impérialiste.

L’ICOR envisage l’avenir avec optimisme. Nous vivons, travaillons et luttons pour notre idéal socialiste et communiste de liberté. La situation politique mondiale réclame une solution. Jamais auparavant, en dehors des immenses forces destructrices, les conditions matérielles préalables à la construction du socialisme n’ont été aussi prononcées qu’aujourd’hui. Travaillons encore plus résolument pour remplir notre rôle social historique !

Prenons le 10e anniversaire de la fondation de l’ICOR comme l’occasion d’une grande initiative :

Organisations révolutionnaires du monde – rejoignez l’ICOR et le Front uni anti-impérialiste ! Tirez les conséquences du fait qu’aujourd’hui, le système impérialiste mondial ne peut être combattu et vaincu que de manière coordonnée et transnationale. Surmontez le scepticisme ou les doutes, et faites confiance à la force de notre processus d’apprentissage critique et autocritique commun !

Nous faisons appel aux organisation membres de l’ICOR :

  • Gagnez des membres avec détermination – pour le parti dans votre propre pays, pour l’ICOR et pour le Front uni anti-impérialiste.
  • Investissez plus de force de vos partis dans le travail international !
  • Renforcez votre initiative et votre activité dans la coordination et la coopération pratiques réelles, en particulier au niveau continental et régional.
  • Discernons, discutons et clarifions de manière encore plus conséquente les questions clés au plan idéologico-politique dans la préparation de la révolution socialiste internationale.

2021 marque le 150e anniversaire de la Commune de Paris, l’établissement de la première dictature du prolétariat dans le monde. Ne serait-ce pas une excellente occasion pour les organisations de l’ICOR de rencontrer d’autres révolutionnaires du monde afin de discuter les enseignements de la Commune de Paris, de les appliquer à nos jours et de nous unir encore plus étroitement ? Nous ne savons pas encore comment la pandémie de Corona va se poursuivre – mais nous trouverons des voies et des moyens. Le mouvement révolutionnaire et ouvrier international peut, doit et va devenir une force supérieure à l’impérialisme.

En avant avec la construction de l’ICOR, du Front uni anti-impérialiste et de forts partis révolutionnaires dans tous les pays !

Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

En avant dans la lutte pour la démocratie et la liberté, en avant pour la révolution socialiste internationale !