Archive dans décembre 31, 2020

APPEL A LA RESISTANCE NATIONALE ET ANTI-IMPERIALISTE CONTRE les régimes oligarchiques de Ouattara et Condé.

Les Amis d’ICOR en Côte d’Ivoire, en Guinée et en Afrique de l’Ouest, 15.11.2020

La Côte d’Ivoire et la Guinée Conakry vont au-devant d’une situation certainement difficile, où des mascarades électorales vont servir à légitimer pour la énième fois des préfets français de la sous région notamment Alassane Dramane Ouattara et Alpha Condé. 

Force est de constater que les masses travailleuses et populaires, les laissés pour compte de ces deux pays sont victimes depuis toujours des politiques économiques et sociales désastreuses des régimes autocratiques, des firmes multinationales, des programmes d’ajustement structurel du FMI de la Banque mondiale, avec une paupérisation inqualifiable et inique.  

Force est de reconnaître que c’est depuis les années 1985 à 1990, que l’application à outrance du libéralisme économique qui ait crée par l’intermédiaire des privatisations des sociétés d’États un capitalisme sauvage dans les pays tels que la Côte d’Ivoire et la Guinée. Pendant que les peuples opprimés végètent dans la misère, ce système libéral produit, crée une minorité de milliardaires bourgeois compradors dans la sous région.

C’est l’échec, la faillite d’une telle politique néocolonialiste, libérale qui pousse la France impérialiste et ses valets locaux à transformer l’appareil d’État en un instrument violent qui frise la répression médiévale et fasciste.  

  • En Côte d’Ivoire une telle politique a été conduite au départ par le PDCI-RDA de feu Houphouet-Boigny, de ses héritiers Henri Konan Bédié, feu le Général Gueï et depuis 2011 par Alassane Ouatttara.  
  • En Guinée Conakry c’est depuis la prise du pouvoir par Lassana Conté avec son parti le PUP dont Cellou Dalein Diallo fut premier ministre et actuellement président de l’International Libéral, en passant par Alpha Condé avec son parti le RPG, tous alliés de la puissance colonisatrice qu’est la France.  

Sans nul doute nous assistons à une âpre rivalité entre l’international Libéral représenté par le candidat Cellou Dalein Diallo et l’international socialiste représenté par Alpha Condé en Guinée Conakry. On peut aisément remarquer que les deux candidats de la mascarade électorale du dimanche 18 octobre en Guinée Conakry représentent un clivage bien éloigné des réalités de la vie quotidienne des guinéens et des peuples de la sous région.

Tandis qu’en Côte d’Ivoire, les partis bourgeois, ces faux démocrates regroupés aujourd’hui au sein du CNT (conseil national de transition) contre leurs frères de classe -l’oligarque Ouattara et ses affidés- participent eux aussi au chaos créé dans le pays par leur politique désastreuse du libéralisme qui détruisent les emplois, créent le chômage, attisent la haine, le nationalisme, le chauvinisme, divisent les nationalités et minorités nationales… 

  • Dans les conditions actuelles seule une lutte démocratique et Anti-Impérialiste permettra aux peuples de Côte d’Ivoire et de la Guinée Conakry de venir à bout de tous ces maux.
  • C’est pourquoi les démocrates et anti impérialiste ivoiriens, guinéens et les amis d’ICOR en Afrique de l’Ouest: appellent les peuples, les nationalités et les minorités nationales, la jeunesse, les intellectuels, les femmes, les jeunes filles, les artisans, les patriotes de toute tendance de la Côte d’Ivoire et de la Guinée Conakry, à une résistance nationale et anti-impérialiste contre le système Alassane Ouattara d’une part et d’autre part Alpha Condé, et la France impérialiste.
  • Dénoncent et condamnent la répression du régime Ouattara et Condé !


Dites non à une nouvelle guerre civile réactionnaire en Côte d’Ivoire et en Guinée Conakry ! 

  • Dénoncent les menées de la France, des USA, de l’Angleterre et de l’Allemagne en tant que puissances impérialistes qui fomentent, intrigues et complotent en Côte d’Ivoire, en Guinée Conakry, dans le Sahel et dans le monde entier pour que leurs intérêts ne reculent devant aucun crime ! 
  • Dénoncent les accords de coopération asservissants, accords qui sapent l’indépendance nationale de la Côte d’Ivoire et de la Guinée Conakry. Ils exigent la fermeture de la base militaire du 43è BIMA stationnée à Port-Bouet en Côte d’Ivoire et le départ des troupes de l’OTAN au Mali, Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso !
  • Les démocrates ivoiriens, guinéens et les amis d’ICOR en Afrique de l’Ouest dénoncent enfin les mascarades électorales avec la complicité des politiciens, des bourgeois compradors, de la CEDEAO, de l’UNION AFRICAINE et de l’ONU pour préparer la recolonisation de la Côte d’Ivoire et de la Guinée Conakry. 
  • Nous savions que les élections en Afrique ont toujours fait le lit des régimes acquis à l’impérialisme international et aux multinationales. Une recette que nous avions déjà vue au Togo en 2018 et 2020.
  • Ne nous leurrons pas sur cette reconquête de la Côte d’Ivoire et de la Guinée Conakry par les puissances étrangères car on nous présente la situation à travers les désaccords autour de la constitution, des mandats présidentielles et le cadre électoral. Nous pensons que c’est un faux débat et une grosse diversion pour occulter, éluder les véritables enjeux. 
  • C’est pourquoi nous appelons le peuple ivoirien et guinéen à redoubler de vigilance et à s’organiser autour des véritables organisations démocratiques et anti impérialistes pour continuer leur lutte salutaire contre les multinationales et les régimes oppresseurs. 

A bas les régimes oligarchiques de la Côte d’Ivoire, et de la Guinée !

A bas l’impérialisme français !

Troupes de l’OTAN, Hors du Sahel et d’Afrique ! 

Vive l’indéfectible lutte des peuples opprimés d’Afrique, de l’Amérique Latine et d’Asie ! 

Vive le dixième anniversaire de l’ICOR, détachement de soutien et de combat des peuples opprimés du monde ! 

Conakry, le 15 novembre 2020

Arrêtez les préparatifs de guerre au Kurdistan du Sud !

Le peuple kurde n’est pas seul !

9 décembre 2020

Résolution de l’ICOR sur le Kurdistan

Depuis des mois, le parti PDK, le parti de Barzani, au pouvoir au Kurdistan du Sud, prépare une guerre contre le PKK sous des prétextes hypocrites. Il est évident qu’avec ses provocations militaires et sa propagande contre le PKK, le PDK, en étroite coopération avec les services secrets turcs du MIT, veut préparer la voie à une guerre d’invasion de l’État fasciste turc contre le mouvement de liberté kurde. Le stationnement des forces militaires a pour but d’encercler le mouvement de libération kurde de différentes directions et de couper ses liens avec le monde extérieur. À cette fin, le PDK a stationné des unités militaires à la « Porte de Qendîl » dans la région de Zînê Wertê, après quoi l’armée de l’air turque a bombardé des positions de la guérilla dans la région. Des unités spéciales du PDK ont encerclé à l’arme lourde la zone de guérilla de Gare, dans les zones de défense de Medya. D’autres attaques de l’armée turque ont suivi sur la région frontalière stratégique de Heftanîn et sur toute la région de Bradost, Xinêre, Goşine et Helgurt. Les nombreuses attaques de l’armée de l’air turque prouvent que le PDK transmet directement des informations à la Turquie.

Depuis octobre, le gouvernement irakien et le PDK tentent également, sans grand succès, d’obtenir le contrôle total de la région autonome des Yezidis du Shengal et de dissoudre les forces d’autodéfense.

Tout cela montre l’ampleur de l’ensemble des préparatifs de guerre, qui sont menés dans le cadre d’une coalition et avec l’accord de diverses puissances contre-révolutionnaires. L’État colonial turc mobilise tout ce qui est en son pouvoir pour détruire le PKK, étouffer la volonté de liberté du peuple kurde et s’attaquer aux acquis du peuple kurde, en particulier des femmes. Mais, les États-Unis impérialistes soutiennent également tout plan visant à affaiblir le mouvement de libération kurde.

Déjà le 6 novembre 2018, ils avaient renouvelé leur hostilité contre le PKK en lançant un appel à l’arrestation des principaux cadres du PKK. Les États coloniaux de la région soutiennent également les attaques contre le PKK, car celui-ci est l’une des dynamiques révolutionnaires les plus importantes de la région et représente donc, à juste titre, une menace existentielle pour les dirigeants capitalistes et impérialistes colonialistes.

Les attaques à venir contre le PKK au Kurdistan du Sud constituent donc un grand danger pour la lutte pour la liberté dans la région.

Le PDK, qui fait obstacle aux efforts d’unification du peuple kurde et ignore tout appel au calme de la part des dirigeants du PKK, risque une nouvelle guerre civile au sein du peuple kurde qui s’étendra à l’ensemble du Kurdistan par sa coopération perfide avec l’État turc fasciste. Elle trahit les justes revendications de liberté et d’autodétermination du peuple kurde.

Il est nécessaire de contrecarrer ces plans et d’organiser la solidarité internationale avec le peuple kurde.

Nous demandons au PDK d’arrêter immédiatement ses préparatifs de guerre et sa coopération avec l’État fasciste turc !Nous appelons toutes les personnes dans le monde qui aiment la liberté à descendre dans la rue contre toute attaque contre le peuple kurde et ses combattants de la liberté dans toutes les régions du Kurdistan !

A bas l’impérialisme et le colonialisme !

Vive la solidarité internationale et la lutte pour la démocratie et la liberté !

Signataires (en date du 20/12 2020, d’autres signataires sont possibles):

  1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
  2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
  3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
  4. PCT Parti Comuniste du Togo
  5. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
  7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
  8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
  9. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
  10. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
  11. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
  12. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  13. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
  14. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
  15. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
  16. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
  17. UCLyon Unité Communiste Lyon, France
  18. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
  19. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
  20. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
  21. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa
  22. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
  23. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
  24. PR Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
  25. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
  26. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
  27. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
  28. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  29. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
  30. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)

Inde: la grève la plus importante de l’Histoire mondiale

Inde : La Grève générale la plus importante de l’Histoire

Source : Consortium News, Vijay Prashad
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Si ceux qui ont fait grève le 26 novembre formaient un pays, ça serait le cinquième pays le plus peuplé au monde après la Chine, l’Inde, les Etats-Unis et l’Indonésie, écrit Vikay Prashad.

Grève générale en Inde le 26 novembre 2020 (IndustriALL Global Union, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)

Des fermiers et des agriculteurs du nord de l’Inde ont défilé sur de nombreuses autoroutes nationales en direction de la capitale Indienne New Delhi dans le cadre de la grève générale le 26 novembre.

Ils portaient des panneaux arborant des slogans contre les lois anti-agriculture et pro-entreprises adoptées par le Lok Sabha Indien [chambre basse, équivalent de l’Assemblée Nationale française, NdT] en septembre, et passées au Rajya Sabha [chambre haute, Conseil des Etats, NdT] par un simple vote.

Les agriculteurs et fermiers grévistes exhibaient des drapeau indiquant leur affiliation à un panel d’organismes, depuis le mouvement communiste jusqu’à un large front d’organisations d’agriculteurs. Ils ont protesté contre la privatisation de l’agriculture, qui dégraderait la souveraineté alimentaire de l’Inde et éroderait leur capacité à rester agriculteurs.

Environ deux tiers de la main d’oeuvre indienne tire ses revenus de l’agriculture, qui contribue environ à 18 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Inde. Les trois projets de loi passés en septembre portent atteinte au programme d’achat par le gouvernement au prix de soutien minimum, mettant 85 pour cent des fermiers possédant moins de 2 hectares de terres à la merci des grossistes en situation de monopole, et menant à la destruction d’un système qui a jusqu’alors maintenu sa production agricole malgré les variations erratiques des prix des denrées alimentaires.

Cent cinquante organisations agricoles différentes se sont rassemblées pour leur marche sur New Delhi. Ils parlent d’occuper la ville jusqu’à nouvel ordre.

Grève générale en Inde le 26 novembre 2020 (IndustriALL Global Union, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)

Environ 250 millions de personnes de tout le pays ont rejoint le mouvement, en faisant la plus grande grève de toute l’Histoire. Si les grévistes formaient un pays, il serait le cinquième plus peuplé du monde après la Chine, l’Inde, les Etats-Unis et l’Indonésie. Des zones industrielles dans toute l’Inde – de Telangana à Uttar Pradesh – ont cessé toute activité, les travailleurs des ports de Jawaharlal Nehru (Maharashtra) à celui de Paradip (Odisha) ont arrêté de travailler.

Grève générale en Inde le 26 novembre 2020 (IndustriALL Global Union, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)

Les ouvriers du charbon, minerai de fer et métal ont déposé leurs outils, alors que les trains et bus restaient à l’arrêt. Les travailleurs des secteurs informels ont rejoint le mouvement, suivis par les professionnels de santé et les employés de banque. Ils ont fait grève en opposition à la loi ouvrière qui étend le temps de travail quotidien à 12 heures et réduit les avantages de la population ouvrière de 70 %. Tapan Sen, le secrétaire général du Centre des syndicats indiens, a déclaré : « La grève d’aujourd’hui n’est qu’un début. D’autres luttes intenses vont suivre. »

La pandémie a aggravé la crise dans les classes ouvrière et paysanne, incluant les plus riches exploitants. En dépit des dangers de la pandémie, poussés par un profond sentiment de désespoir, ouvriers et paysans se sont rassemblés dans les espaces publics pour témoigner de leur perte de confiance en leur gouvernement. L’acteur Deep Sindhu a rejoint la protestation, où il a dit à un officier de police : « Ye inquilab hai. C’est une révolution. Si vous prenez les terres des fermiers, qu’est-ce qu’il leur reste? Que des dettes. »

Grève générale en Inde le 26 novembre 2020 (IndustriALL Global Union, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)

Le long des frontières de New Delhi, le gouvernement a mis en place des forces de police, barricadé les autoroutes et préparé un affrontement à grande échelle. Alors que les longues colonnes de fermiers et d’ouvriers agricoles s’approchaient des barricades et faisaient appel à leurs frères qui avaient mis de côté les vêtements des fermiers et revêtu des uniformes de police, les autorités ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau contre les fermiers et les ouvriers agricoles.

Grève générale en Inde le 26 novembre 2020 (IndustriALL Global Union, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)

Le jour de la grève générale des fermiers et ouvriers, le 26 novembre, est également le Jour de la Constitution en Inde, marquant un grand acte de souveraineté politique. L’article 19 de la Constitution Indienne (1950) stipule clairement que les citoyens indiens ont le droit à « la liberté d’expression et de parole » (1.a), le droit de « se rassembler pacifiquement et sans armes » (1.b), le droit de « constituer des associations et des syndicats » (1.c), et le droit de « se déplacer librement à travers le territoire d’Inde » (1.d).

Au cas où ces articles de la Constitution auraient pu être oubliés, la Cour suprême indienne a rappelé à la police dans une affaire judiciaire de 2012 (l’incident de Ramlila Maidan vs. le Ministre d’Etat) que « les citoyens ont un droit fondamental de se rassembler et de protester pacifiquement, qui ne peut être retiré par une décision arbitraire du législatif ou de l’exécutif. »

Les barricades de la police, l’utilisation de gaz lacrymogène et l’utilisation de canons à eau – mélangée avec l’invention israélienne de levures chimiques destinées à induire un réflexe vomitif – violent la lettre de la Constitution, ce que les fermiers ont crié aux forces de l’ordre à chacune de ces confrontations. En dépit du froid intense au nord de l’Inde, les policiers ont aspergé les paysans avec de l’eau et des gaz lacrymogènes.

Grève générale en Inde le 26 novembre 2020 (IndustriALL Global Union, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)

Mais il en faillait plus pour les arrêter. Alors que de courageux jeunes gens sautaient sur les canons à eau et fermaient les vannes, les fermiers ont conduit leurs tracteurs sur les barricades pour les démanteler, la classe ouvrière et les paysans se battus contre la lutte des classes qui leur est imposée par le gouvernement.

Les 12 points de la charte des doléances mise en avant par les syndicats professionnels, ayant capté les sentiments du peuple. Les demandes incluent un retrait total de la loi anti-ouvrière, anti-fermiers votées par le gouvernement en septembre, l’annulation de la privatisation d’entreprises publiques majeures, et une aide immédiate de la population qui souffre des difficultés financières provoquées par la crise du coronavirus ainsi que des années de politiques néolibérales.

Ce sont des demandes simples, humaines et vraies ; seul les coeurs les plus durs les refusent, n’offrant pour réponse que les canons à eau et les gaz lacrymogènes.

Grève générale en Inde le 26 novembre 2020 (IndustriALL Global Union, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)

Ces demandes d’aide immédiate, de protection sociale pour les ouvriers et de subventions agricoles s’applique aux ouvriers et paysans du monde entier. Ce sont des revendications comme celles qui ont provoqué les protestations récentes au Guatemala et celles qui ont mené à la grève générale du 26 novembre en Grèce.

Nous entrons dans une période de cette pandémie où des troubles sont probables, de plus en plus de personnes dans les pays dirigés par des gouvernements bourgeois en ont de plus en plus assez du comportement odieux de leurs élites. Les rapports montrent les uns après les autres que les fractures sociales se font plus extrêmes, une tendance qui date de bien avant la pandémie mais s’est aggravée en conséquence.

Il est tout à fait naturel que les fermiers et agriculteurs s’agitent. Une nouveau rapport du Land Inequality Initiative (Initiative sur l’Inégalité des terres) montre que seulement 1 pour cent des fermes du monde exploitent plus de 70 pour cent des terres agricoles mondiales, signifiant que les grandes exploitations agricoles dominent le marché alimentaire des entreprises et mettent en danger la survie de 2.5 milliards d’individus qui dépendent de l’agriculture pour leur subsistance.

L’inégalité de la répartition des terres, en considérant ceux qui ne possèdent pas de terre et la valeur des terres, est la plus haute en Amérique Latine, Asie du Sud et certaines régions d’Afrique (avec l’exception notable de la Chine et du Vietnam, qui ont « les niveaux d’inégalité les plus bas »).

Un jeune homme, Avtar Singh Sandhu (1950-1988), lit Maxime Gorky’s Mother (1906) au début des années 1970 à Punjab, d’où une grande partie des fermiers et ouvriers agricoles se sont déplacés jusqu’aux barricades autour de New Delhi. Il était très touché par la relation entre Nilovna, une femme de la classe ouvrière, et son fils, Pavel, ou Pasha.

Pasha trouve ses marques dans le mouvement socialiste, rapporte chez lui des livres révolutionnaires, et lentement, lui et sa mère se radicalisent. Quand Nilovna le questionne sur l’idée de solidarité, Pasha répond : « Le monde est à nous ! Le monde est aux travailleurs ! Pour nous, il n’y a ni nation ni race. Pour nous, il y a seulement des camarades et des ennemis. »

Cette idée de solidarité et de socialisme, dit Pasha, « nous réchauffe comme le soleil ; c’est le deuxième soleil au paradis de la la justice, et ce paradis réside dans le coeur du travailleur. » Ensemble, Pasha et Nilovna deviennent des révolutionnaires. Bertolt Brecht a raonté cette histoire dans sa pièce Mother (1932).

Avtar Singh Sandhu a été tant inspiré par le roman et la pièce qu’il a pris le nom de « Pash » comme takhallus, son nom d’auteur. Pash est devenu un des poètes les plus révolutionnaires de son temps, assassiné en 1988 par des terroristes. Je suis herbe fait partie des poème qu’il a laissé derrière lui :

Si tu le souhaites, jette ta bombe sur l’université.

Réduis son campus à un tas de ruines

Jette ton phosphore blanc sur nos taudis

Que vas-tu me faire ?

Je suis herbe. Je pousse partout.

C’est ce que les fermiers et les ouvriers en Inde disent à leurs élites, et c’est ce que les travailleurs disent aux élites de leur propre pays, des élites dont le souci – même en temps de pandémie – est de protéger leur pouvoir, leurs propriétés et leurs privilèges. Mais nous sommes herbe. Nous poussons partout.

Vijay Prashad, historien indien, journaliste et chroniqueur, est le directeur exécutif de Tricontinental : Institute for Social Research [Institut de recherche sociale, NdT] et rédacteur en chef de Left Word Books.

Source : Consortium News, Vijay Prashad, 04-12-2020
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Pour un FRONT antifasciste

Mettons fin au nouveau cycle de violences fascistes à Lyon.

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Communiqué commun.

Rassemblement le 20 – 12 à 14h, esplanade de Croix-Rousse.

La ville de Lyon a été le témoin depuis près de 10 ans d’une montée en puissance des violences fascistes à Lyon : agressions racistes, LGBTphobes, contre des militantes syndicalistes, associatifs ou politiques, ou de simples passant dont la tenue était associés par leurs auteurs à “la gauche”, attaques ou dégradation de locaux politiques, associatifs, de lieux de cultes (mosquée, synagogues) ont eu lieu ces dernières années.

Si la fermeture du bastion social, local fasciste, a représenté un coup d’arrêt à ces violences, celles-ci ont repris depuis l’été avec une nouvelle vigueur : incendie de mosquées, saccage du restaurant “le tonton burger”, menace contre les locaux du PCF… Et la dernière en date : l’agression très violente de 2 bénévoles d’une association d’entraide, à l’issue d’une collecte de jouets pour les fêtes de fin d’année, devant la librairie libertaire la plume noire où elle avait lieu, ce samedi 12 décembre 2020.

Les locaux fascistes, tels que la Traboule, local de Génération identitaire ou l’Agogé, salle de boxe de la même organisation, servent de lieu d’organisation à une mouvance tente d’imposer par la violence et la terreur contre les minorités et le mouvement social son projet politique.

Suite à cette violente agression en date, nous entendons réaffirmer le refus de la violence d’extrême droite à Lyon, qui s’exerce contre les minorités, les bénévoles associatifs qui ne correspondent pas à leur
vision du monde, et le mouvement social et progressiste.

Nous appelons à nous rassembler ce dimanche 20 décembre à 14 h, sur l’esplanade de la Croix Rousse, en haut de la montée de la grande côte. Nous continuerons d’exiger des pouvoir publics la fermeture des locaux fascistes !
Il est grand temps de reconstruire un front unitaire sur la lutte contre l’extrême-droite à Lyon.

Premiers Signataires : Union communiste Libertaire, Solidaires Rhône, Union Départementale CGT 69, Union Départementale CNT 69, Planning Familial du Rhône, Jeune Garde Lyon, Unité Communiste, Mouvement National Lycéen…

Pérou: lutte de masse

Résolution

Le peuple du Pérou a parlé ! Démission du président Merino après seulement 5 jours !

Le 9 novembre 2020, les partis de droite et d’ultra-droite du Parlement péruvien avaient déposé à une large majorité le président non partisan Martin Vizcarra. Ce coup d’État parlementaire illégal a été perpétré par les anciens partis de droite traditionnels et modernes AP, APP, FUERZA POPULAR (Fujimori), APRA, FREPAP. La procédure a été secrètement convenue avec les secteurs « de gauche » de l’AF et de l’UPP.

Immédiatement après, des luttes de masse se sont développées dans tout le pays. Les jeunes, les ouvriers, les mineurs, expérimentés dans le combat, les femmes sont courageusement descendues dans la rue. Même dans les plus petits villages. Ils ne peuvent pas être chassés. Malgré les canons à eau, les balles en caoutchouc et les morts. Malgré les restrictions imposées par la pandémie de Covid-19.

L’indignation est énorme face à l’incapacité du gouvernement à protéger les personnes touchées par la pandémie de Corona, au système de santé défaillant et à la misère sociale. L’aide promise par le gouvernement pour faire face aux conséquences de la pandémie de Corona a disparu dans les poches des corrompus. Le Pérou, avec sa population de 31 millions d’habitants seulement, avec 932 000 personnes infectées et plus de 35 000 morts jusqu’en août, avait le taux de mortalité le plus élevé au monde par rapport à la population.

Moins de cinq jours et le nouveau président Merino a dû partir. En tout cas, personne ne croyait que la déposition de Vizcarra serait le début de la lutte contre la corruption envahissante. Un procès pour corruption est également en cours contre son successeur de 5 jours, ainsi que contre la majorité des parlementaires. Des rangées et des rangées d’anciens présidents et de hauts responsables politiques sont en détention, ont fui en exil ou se sont soustraits à leur responsabilité par le suicide. Dans les protestations des voix s’élèvent pour revendiquer une nouvelle constitution.

L’organisation de l’ ICOR « Bloque Democratico Popular » (Bloc démocratique poopulaire)/Peru a distribué une déclaration politique condamnant le coup d’État le 12 novembre et a appelé à des manifestations. L’appel dit : «Face à la crise économique et financière mondiale, la crise du coronavirus et la crise écologique, le BDP travaille pour une solution qui va à la racine des choses, qui se focalise sur l’élite capitaliste afin de vaincre la faim et la pauvreté, la catastrophe sanitaire, de sauver l’environnement et d’offrir à la jeunesse un avenir avec une perspective socialiste. Le slogan de José Carlos Mariátegui est plus valable que jamais : ‘Un nouveau Pérou dans un nouveau monde. Le peuple uni ne sera jamais vaincu’».

Le mouvement de masse au Pérou se trouve côte à côte avec les luttes déterminées et les grèves ouvrières dans de nombreux pays d’Amérique latine : Argentine, Chili, Uruguay, Colombie.

Renforcer l’ICOR en tant que force fiable et internationalement unie dans ces luttes.

Solidarité avec le mouvement de masse au Pérou !

Libération de toutes les personnes arrêtées lors des récentes manifestations !

Les responsables des trois personnes assassinées lors des protestations et des 18 autres, dont certaines ont été gravement blessées, doivent être traduits en justice !

L’ICOR soutient la lutte pour la liberté, la démocratie, le socialisme !

Vive la solidarité internationale ! Vive l’ICOR !

Signataires (en date du 04/12 2020, d’autres signataires sont possibles):

  1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
  2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
  3. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
  4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
  5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
  6. PCT Parti Comuniste du Togo
  7. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  8. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
  9. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
  10. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
  11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
  12. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
  13. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  14. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
  15. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
  16. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
  17. Symp.PFLP Sympathisanten der PFLP (Les sympathisants du PFLP), Allemagne
  18. UCLyon Unité Communiste Lyon, France
  19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
  20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
  21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
  22. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
  23. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
  24. TIKB Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
  25. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
  26. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
  27. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
  28. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
  29. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
  30. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  31. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
  32. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)