Archive dans janvier 29, 2021

Vive la lutte des paysans, des travailleurs et des ouvriers de l’Inde.

Communique ICOR – 22 janvier 2021.

Vive la lutte des paysans, des travailleurs et des ouvriers de l’Inde.

Nous soutenons la protestation permanente des agriculteurs et autres travailleurs indiens. Rassemblés par dizaines de milliers dans le froid de l’hiver, campant en plein air, les agriculteurs s’opposent à trois lois qui ont été adoptées de façon anticonstitutionnelle au Parlement sous l’égide du BJP, le parti au pouvoir qui soutient le fascisme hindouiste.

Le Covid : un catalyseur.

Le Covid a mis en évidence la fragilité du système capitaliste mondial. Partout, les gens sont désespérés de trouver du travail et des revenus. Partout dans le monde, des gens meurent, non seulement à cause de la pandémie directement, mais aussi à cause du stress économique causé par les politiques capitalistes en arrière-plan de la pandémie. Les seules personnes qui ont tiré des bénéfices massifs de cette pandémie sont les grandes entreprises.

Apple, Tesla, Amazon, etc. ont vu leurs actions atteindre des sommets sans précédent alors que le niveau de chômage dans le monde entier a également augmenté. Malgré cela, de nombreux gouvernements considèrent que le seul soulagement pour leur économie est de continuer à mettre en œuvre et à intensifier les politiques capitalistes en accordant des allocations et des concessions massives aux employeurs.

En Inde également, le gouvernement, sous le couvert du covid, a décidé de réduire davantage les droits des travailleurs, des agriculteurs et des autres travailleurs par diverses politiques. Les quatre codes du travail, les trois lois sur les agriculteurs, la loi sur l’électricité et d’autres lois qui vont encore accroître la détresse économique des masses laborieuses tout en enrichissant les grandes entreprises ne sont pas les moindres.

Le gouvernement Modi à l’attaque.

Les codes du travail ont d’abord été introduits au nom de la consolidation d’un nombre important de lois sur le travail. Cependant, en réalité, ils autorisent le “travail à durée déterminée” (alors que, auparavant, les travailleurs avaient droit à la permanence et à la protection contre les licenciements arbitraires, les réductions d’effectifs et les fermetures à l’issue de 240 jours de service continu). Ils autorisent également le règlement individuel des conflits par les travailleurs, en contournant les syndicats, et autorisent les licenciements, les réductions d’effectifs et les fermetures dans tous les établissements de moins de 300 travailleurs (contre 100 auparavant).

Ils ont rendu les grèves légales impossibles et réduit les protections déjà maigres accordées aux travailleurs contractuels en les limitant aux établissements employant plus de 50 travailleurs contractuels (contre 20 auparavant). En outre, de nombreuses grandes entreprises d’État comme Air India, BPCL (Bharat Petroleum Corporation Ltd), les usines d’ordonnances militaires, de nombreuses banques d’État, etc. sont en cours de privatisation. Tous les syndicats et fédérations centrales se sont opposés à ces mesures et sont en train de lutter contre elles.

Le même jour de septembre où les quatre codes du travail ont été adoptés, le parti au pouvoir a également adopté trois projets de loi sur les agriculteurs. Ces projets de loi ont supprimé la protection accordée aux agriculteurs (comme le fait que le gouvernement a fixé un “prix de soutien minimum” pour les produits, qu’il n’autorise la commercialisation des produits agricoles que dans les comités de commercialisation des produits agricoles (APMC) où la pesée et le prix sont contrôlés, qu’il n’autorise les contrats de vente de terres agricoles que dans certaines conditions, etc.

L’argument du gouvernement est que toutes ces mesures ne constituaient que des restrictions au droit de chaque agriculteur de conclure des contrats pour lui-même. En réalité, il s’agit de protections contre l’exploitation des agriculteurs et contre l’esclavage contractuel.

La paysannerie indienne dans le collimateur.

Dans un pays comme l’Inde, où les personnes possédant ne serait-ce que 10 hectares ou plus sont considérées comme de riches agriculteurs et où la superficie moyenne des terres détenues est à peine d’un hectare, de telles lois sont désastreuses. En bref, ces lois visent à asservir les agriculteurs aux grandes entreprises autant que les codes du travail visent à asservir les travailleurs. De même, la nouvelle loi sur l’électricité démantèle l’ensemble du système d’électrification protecteur en vigueur en Inde et confie le secteur de l’électricité à des acteurs privés.

Toutes ces lois sont également clairement anticonstitutionnelles. Par exemple, la structure fédérale de l’Inde exige que les lois sur l’agriculture ne soient adoptées que par les gouvernements des États. En utilisant une faille dans d’autres entrées, le Parlement central cherche maintenant à faire ces lois. De même, l’Inde est signataire des résolutions de l’OIT appelant à une consultation tripartite (travailleurs, employeurs et gouvernement) pour apporter des modifications à certains droits du travail. Ces droits ont clairement été violés. On cherche également à restreindre les droits des États et le gouvernement central cherche à s’approprier tout le pouvoir.

Dans cette situation, les travailleurs et les agriculteurs ont protesté. Après une série de journées de protestation dans l’atmosphère du Covid-19, dans le respect des restrictions en matière de distanciation sociale, de masques et d’assainissement, le 26 novembre a été marqué par une grève massive dans tout le pays. Les syndicats sont toujours en mode de protestation et ont fait le vœu de se joindre aux protestations des agriculteurs.

La lutte !

Mais c’est la protestation des agriculteurs qui a coupé le souffle. Des centaines de milliers d’agriculteurs sont descendus à Delhi depuis diverses régions du pays et ont assiégé la capitale nationale. Ils continuent à venir en bus et en tracteurs et à camper aux frontières de Delhi. De nombreux programmes de protestation sont prévus.

Le 13 janvier sera la journée de l’incinération des nouvelles lois sur l’agriculture et des codes du travail. Le 16 janvier sera le jour des protestations des minorités dans tout le pays, qui comprendront également des protestations contre la nouvelle loi de 2019 sur la citoyenneté, qui est ouvertement discriminatoire à l’égard des musulmans.

Le 18 janvier sera une journée de solidarité des femmes avec les agriculteurs qui protestent. Le point culminant sera le 26 janvier, qui sera célébré comme le Jour de la République de l’Inde avec un grand défilé à Delhi et dans les capitales des États. Les paysans ont lancé un appel à défiler à Delhi après le défilé du jour de la République afin d’organiser leur propre défilé au cœur de Delhi. De tels défilés auront également lieu dans toutes les capitales des États.

En préparation de cette manifestation, des manifestations de protestation auront lieu dans toutes les capitales des États à partir du 23 janvier. Tous les syndicats, à l’exception de ceux qui sont directement contrôlés par le parti au pouvoir, ont appelé à soutenir ces manifestations. Une épreuve de force est en vue. La lutte n’est pas seulement pour les droits des travailleurs et des agriculteurs, mais aussi pour l’essence même de la démocratie et pour préserver les droits des masses populaires indiennes contre les entreprises nationales et internationales en maraude.

Un seul monde : un seul front !

Nous appelons toutes les forces démocratiques du monde entier à soutenir ce mouvement. C’est la tâche de toutes ces forces démocratiques dans un monde qui est de plus en plus en proie au fascisme encouragé par l’impérialisme. Nous souhaitons le plus grand succès à la lutte des travailleurs et des agriculteurs de l’Inde.


Pour le travail, la terre, la liberté, la démocratie et le socialisme !



Signataires (à partir du 22 janvier 2021, autres signataires possibles) :

1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire (Proletarian Communist Party of Ivory Coast)
2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
4. Parti communiste du Kenya (CPK)
5. MMLPL Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine
6. CPSA (ML) Parti communiste d’Afrique du Sud (marxiste-léniniste)
7. PCT Parti Comuniste du Togo
8. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
9. MLOA Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan
10. Parti communiste du Bangladesh (CPB)
11. CPI (ML) Red Star Parti communiste de l’Inde (marxiste-léniniste) Red Star
12. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal
13. NDMLP Parti marxiste-léniniste néo-démocrate, Sri Lanka
14. CPA/ML Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
15. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie-Herzégovine)
17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
18. UC Unité Communiste, France
19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord-Turquie))
21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation communiste du Luxembourg)
22. RM Rode Morgen (Red Dawn), Pays-Bas
23. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
24. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
25. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti des travailleurs tchécoslovaques), République tchèque
26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti communiste léniniste marxiste Turquie / Kurdistan)
27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement de la classe ouvrière), Ukraine
28. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
29. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste paraguayen (indépendant))
30. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc Démocratique Populaire), Pérou
31. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République dominicaine
32. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti communiste révolutionnaire de l’Uruguay)

Entretien avec Houssem Hablani, porte parole du PPDS Tunisien (Parti des Patriotes Démocrates Socialistes, une organisation marxiste léniniste tunisienne, membre de l’ICOR).

Tunisie, nouvelle crise sociale et politique, 10 ans après le «printemps arabe».

En Tunisie, la crise économique et politique s’est aggravée. Les prix des aliments de base ont doublé ou triplé: semoule, farine, huile, légumes et fruits. Plusieurs vagues de licenciements dans l’industrie ont accru la pauvreté et la misère des travailleurs tunisiens.

Les jeunes tunisiens des quartiers populaires sont descendus dans la rue avec colère. Si les émeutes nocturnes semblaient s’être apaisées ces derniers jours, elles ont repris de plus belle après la mort d’un jeune homme, Haykel Rachdi, de Sbeïta. Il a été touché à la tête par une grenade lacrymogène lors d’une manifestation le 19 janvier. Selon plusieurs témoins, la police l’a délibérément abattu. Depuis la mi-janvier, une répression brutale a été menée contre les manifestants. Avec plus de 600 arrestations en 4 jours, des arrestations violentes et des tirs de balles en caoutchouc, le gouvernement tente d’étouffer dans l’œuf une inévitable mobilisation.

L’impérialisme français n’a pas hésité à apporter un soutien logistique et policier pour réduire les protestations : pas moins de 60 engins anti-émeute ont été envoyés cette semaine de Marseille. L’impérialisme français agit également pour ses propres intérêts économiques en Tunisie et dans la région en général. Cela rappelle qu’en 2011 la ministre française de l’Intérieur, Michelle Alliot-Marie, a offert au dictateur Ben Ali «le savoir-faire français» pour le maintien de l’ordre.

Solidarité avec les luttes du peuple tunisien!

UPML


Entretien avec Houssem Hablani, porte parole du PPDS Tunisien (Parti des Patriotes Démocrates Socialistes, organisation marxiste léniniste tunisienne, membre de l’ICOR). 
(Les questions ont été posée par le Rassemblement Communiste) Votre analyse politique affirme que le processus révolutionnaire qui se déroule en Tunisie suit plusieurs phases depuis les années 80 : Comment inscrivez-vous les soulèvements populaires ces derniers jours dans ce processus ? Houssem Hablani: La révolution est tout un processus progressif qui commence par l’émeute et le soulèvement jusqu’à arriver à la révolution qui transforme entièrement la société. Sachant bien sûr qu’on peut avoir plusieurs soulèvements sans pourtant parler d’une révolution. Comme dans le cas tunisien. La Tunisie vit depuis les années 70 du siècle précédent jusqu’aujourd’hui dans un long parcours révolutionnaire, malheureusement il n’a pas abouti à un vrai bouleversement social en faveur du socialisme, mais, l’expérience politique que le peuple a accumulé est extrêmement importante. Le peuple est sorti le 26 janvier 1978 pour dire NON à la politique répressive et policière du régime bourguibien, puis ce fut le soulèvement du 03 janvier 1984  contre la hausse des prix des produits alimentaires, ensuite, les soulèvements dans le bassin minier à Gafsa en 2008, et en 2011 le soulèvement le plus avancé, qui a eu comme résultat un bouleversement politique menant à la fuite de Ben Ali et un changement de régime politique de présidentiel à parlementaire, pour plus de liberté politique. Mais ce changement était loin d’installer la vraie justice transitionnelle qui se base sur la liberté et la dignité et sur le développement économique et social. Cette nouvelle machine politique depuis 2011, gérée par les obscurantistes, les islamistes, n’a fait que poursuivre la même politique d’injustice contre le peuple, ce qui a engendré plus d’appauvrissement et de misère. Cela a attisé le soulèvement populaire encore une fois, qui s’inscrit bel et bien dans ce qu’on appelle le processus révolutionnaire. Que répondez-vous aux médias officiels qui répètent depuis le début des affrontements qu’il s’agit de bandits et de terroristes ? HH: Certes, toutes les politiques du système d’aujourd’hui incriminent les soulèvements populaires. Les dirigeants vont, à travers les médias qui collaborent, accuser les jeunes qui protestent de bandits et de terroristes. Mais nous connaissons cette politique qu’on a pensé finie avec l’ancien régime. Notre parti a participé aux protestations et nous soutenons fortement la jeunesse révoltée, et au contraire de plusieurs partis du centre et de la droite, nous avons insisté sur le fait que même si on vole ou on casse pendant la révolte, ce sont les actes de ceux qu’on a trop longtemps méprisé et appauvri, ces jeunes sont les victimes du régime corrompu et mafieux. Toutefois, notre rôle en tant que révolutionnaires et intelligentsia est d’augmenter la conscience de ces jeunes révoltés et de les orienter pour qu’ils ne soient plus des victimes passives et pour les protéger contre toutes sortes de manipulations quelles qu’elles soient, et enfin les guider sur le chemin de la révolution. Il y a sans doute un lien direct entre ces soulèvements populaires et les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire qui sévissent depuis des mois en Tunisie, avec l’étincelle du couvre-feu décrété pendant la célébration des 10 ans de la révolte populaire qui a fait tomber le dictateur Ben Ali : Quel est le contexte social et économique qui conduit à la situation actuelle ? Quelle est la place des puissances impérialistes, dont la France, dans cette crise ? HH: Depuis 2011, la Tunisie et son peuple subissaient toutes sortes de violations, car ceux qui ont pris la place de l’ancien régime ont été pires que leurs prédécesseurs : ils ont trouvé un pays fortement épuisé, et au lieu de le reconstruire ils l’ont détruit. En effet, il n’y a pas de soulèvement sans raisons et sans motifs ; l’injustice sociale, les politiques non patriotiques, la corruption, les inégalités, et plusieurs autres causes, sont à la base de ces révoltes populaires. Outre la pauvreté, on est obligé de subir les conséquences néfastes du COVID19 qu’on était capable de surmonter, si ce n’est les décisions arbitraires prises par la mafia politique et commerciale qui pensaient investir dans l’épidémie au lieu de fournir l’infrastructure sanitaire et monétaire pour lutter contre ce fléau. Comment donc un peuple qui témoigne de ces politiques d’exploitation atroce peut supporter un couvre feu qui ne fait qu’augmenter ses malheurs ! Concernant la place des puissances impérialistes, notamment la France en Tunisie, on le sait très bien, et on est conscient de cette intervention obscène, et qu’un pays semi colonisé comme le nôtre ne peut être qu’un terrain fertile pour les grandes puissances occidentales pour y piller les richesses et exploiter la main d’œuvre locale. En fait, la dernière période difficile sur le plan sanitaire et économique nous a dévoilé le vrai visage de l’impérialisme qui ne considère pas la santé humaine : il y a l’Italie qui nous envoie ses ordures, il y a la France qui épuise notre terre et notre classe ouvrière (les usines françaises qui n’ont pas appliqué les règles du confinement, ce qui a augmenté la contamination), Les USA qui nous envoient des fourgons pour faire face au soulèvement populaire… Je dirais que s’il y a un fléau plus mortel que la Coronavirus, c’est bien l’impérialisme. La période ouvre t-elle une possibilité de recomposition pour les forces révolutionnaires tunisiennes et de préparer l’avenir ? HH: Nous gardons toujours l’espoir en tant que révolutionnaires, dans la coalition des forces patriotiques  démocratiques et toute la gauche,  et dans l’avenir aussi. Car effectivement notre parti a présenté depuis son dernier congrès du 28/29/30 août 2020 tout un programme de coalition des partis patriotes démocrates qui sera elle-même un appel à la reconstruction d’un front populaire porteur d’une nouvelle vision et qui réunira démocratiquement toute les forces de la gauche révolutionnaire. Je ne vous cache pas qu’un tel processus peut prendre du temps bien qu’on se soit mis d’accord avec plusieurs partis pour organiser des évènements de protestations et de soutien au peuple révolté : ça marche, en fait, et on espère améliorer l’entente pour atteindre notre but, qui est la construction de la plus grande coalition de gauche pour renverser le régime actuel et bâtir l’avenir qui sera l’indépendance totale et le socialisme.

Non à la militarisation de la jeunesse, Non au SNU

Non au Service national universel !

Sarah El Haïry, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et des Sports, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, vient de réaffirmer que le Service national universel (SNU) serait obligatoire en 2026, pour 800 000 jeunes de 16 ans.

A la question d’un rédacteur du journal Le Parisien: « Face à des lycéens, en octobre, vous avez chanté « la Marseillaise »… seule, après vous être accrochée avec eux au sujet de la laïcité. Est-ce à coups de drapeau tricolore qu’on fabrique des citoyens ? » 

Sarah El Haïry a répondu : « Je considère que chanter « la Marseillaise » et donner du respect au drapeau font partie d’un moment d’unité citoyenne. Donc si, au cours du séjour, un jeune refuse de chanter « la Marseillaise », d’assister au lever des couleurs, ou de porter l’uniforme, il devra quand même s’y conformer ». 

La propagande pour le recrutement a repris, dans la presse écrite, à la radio, à la télévision, sur le web, dans les établissements scolaires et dans les préfectures. Le gouvernement veut 25 000 volontaires en 2021.

Depuis un an, dans les conditions sanitaires et sociales que nous connaissons, les jeunes n’ont pas manqué de « s’engager » : à travers les opérations de solidarité organisées dans de nombreux quartiers et villages, par l’exercice de leurs métiers socialement utiles, ou encore en manifestant contre le reculs des droits individuels et collectifs ou pour défendre notre environnement. Ils et elles n’ont pas attendu les injonctions de l’Etat pour le faire. Au contraire, il s’agissait de répondre aux carences gouvernementales. Pour leur engagement social, nombre de ces jeunes ont même été réprimé·es, poursuivi·es, sanctionné·es.

Le Service national universel, c’est :

– Une opération de soumission de la jeunesse

– La remise en cause des droits des travailleurs et travailleuses

– Des dépenses considérables

– Le renforcement de la militarisation

La « cohésion sociale » vantée par les promoteurs du SNU est une dangereuse fumisterie dans le cadre d’un système qui repose sur l’exploitation de la majorité de la population par une minorité, le sexisme, le racisme ou le militarisme.La cohésion sociale n’est envisageable que dans le cadre d’une société reposant sur les valeurs de la démocratie et de la solidarité, la culture de la paix.

Le 19 janvier 2021

Non au SNU ! Abrogation du SNU !

Campagne unitaire contre le SNU : Union pacifiste, Union syndicale Solidaires, ASSO-Solidaires, Solidaires Lycéen·nes région parisienne, Fédération Solidaires Étudiant·e·s, Fédération SUD éducation, SUNDEP Solidaires Sud Enseignement privé, Solidaires Jeunesse et Sports, Fédération SUD Collectivités territoriales, Fédération Éducation de la Confédération Nationale du Travail, CNT Santé, Éducation, Social et Territoriale de Lorraine, Fédération éducation/recherche de la CNT-SO, Émancipation tendance intersyndicale, Les Jeunesses Syndicalistes, Mouvement National Lycéen, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, Fédération nationale de la Libre Pensée, Droits Devant !!, Ni guerres ni état de guerre, Causes communes, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, Réseau des Centres de Recherche, d’Etude et de Formation à l’Animation et au Développement, Mouvement de la paix, ATTAC-France, Stop Fuelling War, Abolition des Armes Nucléaires – Maison de Vigilance, Mouvement de l’Objection de Conscience (MOC – Nancy), Parti Communiste des Ouvriers de France, Europe Écologie – Les Verts, Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, L’insurgé, Les Jeunes écologistes, Union des Jeunes Révolutionnaires, Union Prolétarienne ML, Unité Communiste de Lyon, Groupe libertaire Jules Durand, Mouvement Résilience, Radio-Libertaire, Revue Silence, Arc en ciel théâtre réseau coopératif. Collectifs locaux unitaires Non au SNU Nantes, Lyon, Bordeaux, Angoulême, Nancy, Chambéry…

Pour rejoindre le collectif : nonsnu@lists.riseup.net

Le Café Militant rouvre ses portes le dimanche 31 à 16h

Hello vous, « les 66 millions de procureurs » !

Vous avez déçu Macron ! C’est vous et votre défiance, le « problème de la France » !

Traquons ensemble – non pas les « erreurs », mais la LOGIQUE de la politique du gouvernement face aux divers crises.

Débattons au Café militant :

« Attaques sur nos droits démocratiques, sur nos emplois, sur notre santé physique et psychologique, sur l’environnement

Quelle aurait été la réponse de la Commune de 1871 face à la misère et à l’oppression ? » (une façon de parler du 150ème anniversaire!)

Dimanche 31 janvier à 16 heures.

Obligés de se rencontrer par visioconférence (Jitsi-meet), signalez-vous à notre adresse mail, si vous êtes intéressés : contact-upml@riseup.net ou au Kafé Militant : cafemilitant@gmail.com

On vous enverra le code d’entrée pour dimanche.

Bonne semaine à tous les « procureurs » !

Turquie

Vague de répression contre les organisations et institutions socialistes

Dans la nuit du 13 au 14 janvier a eu lieu une nouvelle vague de répression contre des organisations et institutions socialistes en Turquie.

Au moins 48 arrestations sont connues à ce jour. Les locaux de plusieurs alliances progressistes et socialistes ont été fouillés et saccagés. Une opération de police à grande échelle contre plusieurs organisations socialistes en Turquie a commencé dans les trois villes d’Istanbul, Izmir et Diyarbakir. Sont concernés le Parti socialiste des opprimés (ESP), la Fédération socialiste des associations de jeunes (SGDF), ainsi que des associations culturelles, l’agence de presse ETHA (Etkin Haber Ajansı) et le journal Atılım. Ils sont accusés du soutien présumé du MLKP Turquie / Kurdistan, qui est interdit en Turquie.

Les détenus ont été isolés pendant les 24 heures suivantes et ne sont pas autorisés à avoir des contacts avec des avocats. Le mandat d’arrêt du procureur d’Izmir serait fondé sur des déclarations faites par un informateur aux autorités de l’État. Parmi les personnes arrêtées figurent le coprésident à part entière de l’ESP, Özlem Gümüştaş, le député du HDP Sıtkı Güngör, l’employé de l’ETHA Pınar Gayıp et le membre du comité directeur central du Conseil des femmes socialistes (SKM) Satiye Ok.

Des syndicalistes actifs, par exemple du syndicat des dockers Limter-İş, sont également concernés.

Les rédactions de l’agence de presse ETHA et du journal Atılım à Istanbul ont été fouillées et les locaux ont été vandalisés. La police a confisqué des disques durs, des ordinateurs et 6 600 livres turques en espèces. Dans une première réaction, l’agence de presse très respectée ETHA a déclaré: « Même si vous arrêtez tous nos employés et confisquez tous nos ordinateurs et équipements techniques, vous ne pourrez pas faire taire ETHA ou Atılım.« 

L’Union Prolétarienne ML apporte tout son soutien et sa solidarité à la lutte contre le régime fasciste turc

INDE : LE SOULÈVEMENT PAYSAN S’INTENSIFIE TOUJOURS PLUS…


IL FAIT PEUR AUX PUISSANTS ET FAIT CÉDER LES AUTORITÉS SUR LES REVENDICATIONS DE LEURS ALLIÉS OUVRIERS, EMPLOYÉS MUNICIPAUX, AGENTS DE SANTÉ , EMPLOYÉS DES CRÈCHES AGRICOLES… CE QUI RENFORCE ENCORE UN PEU PLUS LA LUTTE GÉNÉRALE
Article publié le 15 janvier 2021 sur Luttes Invisibles

Grace à leur grève illimitée commencée le 7.01 dans le contexte du soulèvement paysan et ayant clairement affiché leur soutien, les 100 000 employés municipaux de Delhi en lutte ont obtenu le paiement de leurs salaires non payés depuis 5 mois, mais méfiants à juste titre, ils continuent la lutte tant que l’argent n’est pas dans leurs poches. Ils ont fait aujourd’hui 15 janvier une grande manifestation ; les paysans de l’Etat du Madhya Pradesh ont décidé d’intensifier leurs actions (après déjà des grèves et manifestations du 7 au 15 janvier et une grève illimitée des employés des marchés d’Etat,agricoles, les mandis) en tenant une occupation illimitée d’une place de marché à Bhopal à partir du 21.01 et en organisant grèves, manifestations, blocages de l4assemblée, du siège du gouverneur… les 18, 20, 23 et 26 janvier ; des vétérans de l’armée nationale sont venus soutenir les paysans ; les 13 et 14 janvier les lois anti paysans et anti ouvriers ont été brûlées dans des actions collectives sur de nombreux sites dans le pays dont 20 000 sites pour la fête de Lohri rien que dans la journée du 13/01 ; mannequins en paille du 1er ministre Modi qui ont été brûlés tout au long des journées des 13 et 14 janvier ; soupe populaire organisée sur une place de Calcutta occupée en permanence par le soulèvement et ses soutiens, avec débats, spectacles, fêtes et repas…; réunion paysanne à Beguniapada Block du Ganjam District, de l’Etat d’ODISHA, comme il y en a dans quasi chaque village de l’Etat et d’où sont déjà parties 5 marches de jeunes qui ont franchis les 2 700 km qui les séparent de Delhi ; meeting du syndicat ouvrier CITU au campement paysan de Singhu à Delhi ; meeting de soutien aux paysans dans l’Etat de Tripura ; arrivée d’une des marches venant de l’Etat du Kerala au campement autoroutier paysans de Shahjahanpur à Delhi ; Manifestation paysanne avec musique à Nandigram (5 800 habitants) dans l’Etat du Bengale occidental ; comme par « miracle » les salaires des employées ds crèches agricoles qui sont en grève illimitée aux côtés des paysans, ont été fortement augmentés tout comme ceux des travailleurs de santé qui s’étaient aussi rangés aux côtés du soulèvement paysan ; les paysans dénoncent les manœuvres de la Cour Suprême qui en proposant de « suspendre » (mais pas annuler) les lois anti-paysans tout en les associant à ce processus de « suspension » essaient de les enfumer et de les engluer dans des négociations sans fin ; Assemblée Générale ouverte pour le 16 janvier sur l’autoroute Jaipur-Delhi au campement Shahjahanpur-Khedn ; Les paysans soutiennent en manifestant à leurs côtés les travailleurs de BEML (aérospatiale, défense) en grève depuis plusieurs jours contre leur privatisation, ce qui est important vu que le gouvernement veut privatiser tout le secteur public et que les confédérations syndicales ouvrières n’organisent aucune riposte sinon corporatiste

METTONS FIN A L’OCCUPATION MONETAIRE FRANCAISE

LA FRANCE DOIT SORTIR TOTALEMENT DE NOS POLITIQUES MONETAIRES !

Les soussignés de cette pétition condamnent sans réserve le complot de la France d’Emmanuel Macron visant à saboter la décision africaine de mettre fin au colonialisme monétaire, financier et bancaire qu’elle impose aux pays africains à travers de prétendus accords monétaires qui durent depuis 75 ans.

C’est, en effet, à travers les larmes et le sang que les populations africaines de 15 pays (Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte-d’Ivoire, Comores, Gabon, Guinée Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo) ont été artificiellement séparés et dont les monnaies sont inconvertibles de l’une à l’autre et sont arrimées à l’Euro, ce qui plombe nos revenus commerciaux et nos capacités d’épargne.

Aujourd’hui, 21 décembre 2020, cela fait un an que la France a entamé la réforme du franc CFA de la zone UMOA.

Cette reculade est le fruit de la mobilisation anti-impérialiste de toutes celles et de tous ceux qui se sont battus pendant des décennies pour l’abolition de la monnaie coloniale et qui ont donc contraint la France et ses affidés à annoncer précipitamment la « fin du Franc CFA »

Cette « fin » prétendue se résume en réalité à un changement de dénomination de la monnaie Franc CFA en ECO, la fin de la centralisation des réserves de change des États de l’Uemoa auprès du Trésor français, le « départ » des représentants de la France du conseil d’administration de la BCEAO.

Ces « changements » annoncés par les présidents Macron et Ouattara ne sont que des modifications de façade approuvées en urgence par les institutions françaises cependant qu’elles n’ont encore fait l’objet d’aucune approbation parlementaire africaine.

Il est important de retenir que :

1- Le processus initié par la France est anti-démocratique, anti-populaire et exclut les peuples, les sociétés civiles, les patronats et les parlements africains d’une décision qui les concerne au premier chef ;

2- L’accord monétaire avec la France a été renouvelé alors que nous exigeons la fin de l’occupation monétaire française. Nous demandons que la France sorte de de la gestion de nos politiques monétaires par la fin de l’accord entre nos pays et la France ;

3- Le maintien de la parité fixe entre cet ECO-Macron et l’Euro est une préférence commerciale accordée à l’Union Européenne et à la France ; cette parité fixe vise, en outre, à éliminer le risque de change pour les investisseurs européens et français en particulier ;

4- Le choix par la France et ses valets de la dénomination ECO, qui a été volée à la CEDEAO, révèle l’intention française de torpiller le projet de la monnaie CEDEAO afin d’étendre le franc CFA à d’autres pays africains avec une nouvelle dénomination ECO.

Il est grand temps que nos chefs d’État cessent d’être les préfets de la France pendant que nos économies continuent d’être pillées outrageusement à travers l’onction d’une monnaie, paravent du vol et de l’appauvrissement continu de nos populations. Tant qu’il en sera ainsi le développement ou même la chimère de « l’émergence » resteront une illusion.

C’est pourquoi nous :

– Dénonçons cette parodie de mise à mort du Franc CFA néocolonial et exigeons la fin de l’accord de coopération monétaire entre la France et nos pays ;

– Invitons tous les Africains, toutes les organisations progressistes à se mobiliser contre la présence monétaire française en Afrique et à faire barrage en Afrique et dans la diaspora à cette nouvelle tromperie monétaire ;

– Exigeons l’organisation de débats nationaux et de référendums nationaux démocratiques et sincères sur la monnaie ;

– Saluons l’attitude progressiste et internationaliste de démocrates français qui contribuent à éventer ce complot impérialiste et invitons à la jonction de toutes nos forces pour la souveraineté monétaire de l’Afrique ; Ensemble, mettons fin à l’occupation monétaire française !

Fait à Dakar, le 21 Décembre 2020

Signataires au Sénégal et en Afrique :

– Forces Démocratiques du Sénégal (FDS) – Forum Social Sénégalais (FSS) – Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (FRAPP) – Jif Afrik – Ligue Démocratique Debout (LD Debout) – Mouvement Def Li là War – Mouvement Gilets Rouges – Mouvement Panafricain de Rejet du Franc CFA (MPR-FCFA) – Nittu Dëgg Valeurs – Pan African Congress (PAC de l’Azanie) – PASTEF – Les Patriotes – Radi KL Bomb Shot CREW (RBS CREW) – Rassemblement National Démocratique (RND) – Rassemblement pour la Vérité/ And ci dëgg (RV/And ci dëgg) – Sénégal Notre Priorité (SNP) – Urgences panafricanistes-Sénégal (UP-Sénégal)

– Yoonu Askan Wi/Mouvement pour l’autonomie populaire (YAW) – Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI), Mali – Ferñent/l’Etincelle, Sénégal – Parti Communiste du Bénin (PCB) –

Organisations signataires en France :

– Collectif Afrique (CA) – Front Uni de l’Immigration et des Quartiers Populaires (FUIQP) – Union des Travailleurs Sénégalais en France (UTSF) – Rassemblement Communiste (RC) – Association Nationale des Communistes (ANC) – Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCFR) – Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) – Union Prolétarienne ML –

Individualités – personnalités :

– Boubacar Boris Diop, écrivain – Amina Fofana, Mouvement « On a tout compris » (Mali) – Chris Sankara, Coordinateur national du Pan African Congress de l’Azanie et président du mouvement panafricain mondial – Leuz Diwane G, artiste rappeur – Yassine Fall, économiste, présidente du mouvement Def Li Là Wàr – Amadou Lamine Diallo, Yerewolo Debout sur les ramparts (Mali) – Nit Dof, artiste rappeur – Mme Ndeye Fatou Ndiaye Blondin Diop, Avenir Senegal Bii Nu Bëgg – Dr Mohamed Lamine Ly, médecin généraliste – Saïd Bouamama, Sociologue, militant du Rassemblement Communiste – Jacques Habib Sy, ancien directeur de Transparency International – Makhily Gassama, ancien ministre de la culture du Sénégal – Elimane Haby Kane, président LEGS Africa – Moustapha Diakhaté, patriote africain et citoyen sénégalais – Professeure N’Dri Assié Lumumba, université Cronell, New York, Usa, citoyenne de Côte d’Ivoire – Cheikh Oumar Diagne, économiste – Imam El Hadji Mamadou Lamine Dramé – Niousha Roshani, Ph.D Co-Founder Global Black Youth, Citoyenne de Côte d’Ivoire – Mohamed Fall, Strategic Mine planning engineer Kinross gold corporation, Brésil – Honorable Martha Karua, ancienne ministre de la justice du Kenya – Mme Gisèle Yitamben, CEO Asafe knowledge Academy for Developement – Nouhoum keita, journaliste, Bamako (Mali) – Cheick Oumar Sissoko, cinéaste Bamako (Mali) –

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