Archive dans mars 14, 2021

Vivent les 150 ans de la Commune (1871 – 2021) :Continuons le combat – pour une société socialiste !

Les Communards, peinture de Diego Rivera
Les Communards de Diego Rivera

Collectif « Vive la Commune de 1871» 

Vivent les 150 ans de la Commune (1871 – 2021) :

Continuons le combat – pour une société socialiste !

L’actualité ne cesse de nous convaincre que nous sommes entrés dans une période de fascisation de l’appareil d’État : État d’urgence, démantèlement des conquêtes sociales et économiques, répression des oppositions légitimes, déploiement policier, … Mais nous n’ignorons pas que les « Forces de cet Ordre » sont au service d’un gouvernement gérant une société capitaliste en déclin qui multiplie les crises.

Malgré les contraintes et la situation lourde de la pandémie, malgré le climat de peur créé après des attentats fascistes, etc., de larges couches populaires se battent, s’opposent, s’insurgent, mais bien souvent sans perspective de rupture avec l’ordre capitaliste. Nous savons qu’une réelle rupture ne peut être portée que par un mouvement communiste.

Lors du 150ème anniversaire de la « Commune de Paris » et des Communes révolutionnaires dans d’autres villes nous aurons l’occasion de relever le drapeau du communisme. La Commune c’est l’exemple vivant d’un « gouvernement de la classe ouvrière » (Karl Marx). Que de transformations accomplies, que de projets prévus qui serviront d’exemples pour toutes les révolutions qui suivront !

Hier, pendant 72 jours, les prolétaires, hommes et femmes, guidés par l’élan révolutionnaire, résisteront au gouvernement bourgeois réfugié à Versailles ainsi qu’à l’armée prussienne assiégeant Paris. Les prolétaires ont pris le pouvoir ! Après le renversement du gouvernement bourgeois, Le peuple se lancera dans de grandes transformations, guidé par ses seuls intérêts de classe et internationalistes. Il dissoudra l’armée permanente et la police et armera tous les citoyens valides (nés en France ou ailleurs) dans la Garde Nationale. Il élira tous les fonctionnaires (juges, administrations, etc) qui seront payés au salaire ouvrier. Il donnera des droits nouveaux aux femmes ; rendra les ateliers et autres entreprises aux travailleurs ; réduira le temps de travail ; bloquera les loyers et les dettes, établira enseignement laïque et gratuit pour tous filles et garçons …

Les femmes, surtout les ouvrières, ont joué un rôle primordial dans la Commune de Paris. En tant que femmes révolutionnaires, elles ont combattu les bourgeois. Elles ont largement contribué à créer une société favorable à l’émancipation des femmes et à l’émancipation de la classe ouvrière. Elles ont combattu l’obscurantisme, pour la libération de l’exploitation et de l’oppression. Pleines de courage, elles ont défendu la Commune sur les barricades, souvent au prix de leur vie. 

Mais nous n’oublions pas l’échec de la Commune lié à l’inexpérience des exploités, peu organisés, peu éclairés par la science socialiste et surtout manquant de son avant-garde communiste, de son Parti révolutionnaire traçant le chemin qui mène au Communisme.

Aujourd’hui, notre société est plus que mûre pour le communisme. Nous avons acquis de multiples expériences depuis 150 ans. Ce qui nous manque à nouveau en France, c’est l’organisation forte qui pourrait guider les prolétaires dans le combat pour leur libération de l’exploitation et de l’oppression capitalistes. Menons campagne militante en liant l’expérience des Communard.e.s aux questions que l’actualité politique nous pose. La Commune vit ! Avec ses leçons, elle est l’avenir !

Que ces 150 ans de la Commune fassent refleurir les drapeaux rouges du 18 Mars, redonnent un nouvel élan à nos forces unies. C’est à portée de main. C’est à nous d’en prendre l’initiative. Renforcer la voix des communistes et l’internationalisme est de notre responsabilité à l’ère où la bourgeoisie internationale développe l’anticommunisme pour nous faire à nouveau régresser vers le fascisme et la guerre. Construisons nos organisations dans la perspective de nous unir pour tracer la voie qui mènera les exploités et les opprimés vers le communisme.

Nous combattons la bourgeoisie aujourd’hui…

…riches de l’héritage des communard.e.s de 1871 –  jusqu’à la victoire.

Rejoignez notre collectif et nos initiatives :

7 mars – Place de la République/ Paris pour la Journée internationale de lutte des femmes
20 mars – Manifestation et célébration à Paris de la prise de pouvoir de la Commune Place du Châtelet 14 h
18 avril – réunion/débat sur la lutte des femmes aujourd’hui et les femmes de la Commune 1er mai – participation à la manifestation de la journée internationale de lutte des travailleurs
29/30 mai – manifestation, réunion-débat et célébration au cimetière du Père Lachaise avec la participation de délégations internationales de l’ICOR

Paris, mars 2021

Membres et signataires actuels du collectif « Vive la Commune de 1871» : 

*Amis de l’ICOR (Coordination internationale des organisations révolutionnaires)

*Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT)

*Comite Solidarité Pérou (CSP)

*Nouveau Parti Communiste Haïtien (NPCH)

*Union des Populations du Cameroun -Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie (UPC-Manidem),

*Union des travailleurs et de la fraternité des Peuples (Bir-Kar)

*Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (UPML)

*Union des Femmes Socialistes (SKB)

*Unité Communiste (UC)

Pour plus d’informations : Facebook: Vive la Commune 1871      email : communedeparis150@gmail.com

Pas de libération des femmes sans révolution socialiste

Pas de libération des femmes sans révolution socialiste

Le mouvement féministe prend une nouvelle fois de l’ampleur . La question de sa perspective est donc de taille. Dans l’article suivant, Aurore Koechlin développe une vue stratégique de la question des femmes. Elle expose de manière claire l’exploitation et l’oppression particulière de la femmes dans le cadre de la société capitaliste et lie la critique du capitalisme et du patriarcat. Karl Marx et Friedrich Engels ont jeté les bases d’une telle position par leur critique de la conception de la famille bourgeoise comme unité économique de la production et reproduction de la vie et de la main d’œuvre. Lecture conseillée !!

Manifestation de femmes en Inde

Aurore Koechlin : « Aucune révolution  féministe sans renversement des classes »

08 février 2021

Entretien inédit pour le site de Ballast

Mettre sur la table une question cruciale mais souvent négligée : la stratégie. Telle est l’ambition d’Aurore Koechlin dans son livre La Révolution féministe. S’il est évident, pour l’autrice, que le féminisme réformiste (dialoguer avec les institutions de l’État, intégrer ses administrations, bénéficier de ses financements associatifs) ne permet pas l’affranchissement plein et entier des femmes et la construction d’une société plus juste, Koechlin n’en fait pas moins état des impasses d’une autre tendance, incontournable dans le camp de l’émancipation : la « stratégie intersectionnelle ». Tout en soulignant la nécessité d’appréhender l’enchevêtrement des différentes dominations, elle conteste les effets politiques concrets produits par ce qu’elle tient pour une déformation de ce que propose, initialement et justement, l’intersectionnalité comme outil sociologique. Effets qu’elle résume ainsi : dénonciation des « privilèges » des individus plutôt que des structures du pouvoir ; désintérêt pour la construction d’un grand mouvement collectif ; focalisation élitiste sur la pureté radicale, les codes admis, le langage requis. L’ouvrage entend dès lors proposer une stratégie de nature « révolutionnaire », héritière d’un marxisme critique : la constitution d’un mouvement féministe de masse en lien avec les mouvements ouvrier et antiraciste, permettant, ensuite, la formation d’une force populaire à même de tourner la page du capitalisme, c’est-à-dire de prendre le pouvoir. Nous en discutons.

En 2019, un manifeste a appelé à un Féminisme pour les 99 %. Ça vous parle ?

Oui, énormément. Je partage avec ses autrices l’essentiel des analyses, tant théoriques que stratégiques, sur le féminisme. Elles se réclament toutes de la théorie de la reproduction sociale, elles font l’analyse qu’une nouvelle vague du féminisme est en cours et elles défendent stratégiquement que le féminisme doit à la fois se démarquer du féminisme libéral et être pensé en lien avec la lutte des classes et les luttes antiracistes. La principale différence entre nous repose sur le fait qu’elles ont choisi de mettre davantage en avant un féminisme anticapitaliste plutôt que révolutionnaire — c’est-à-dire qui souligne surtout contre quoi elles se battent. À l’inverse, il m’a semblé important de mettre en évidence que pour en finir avec la domination des femmes et des minorités de genre, une révolution est nécessaire.

Qu’entendez-vous exactement par « révolution » ?

« Pour en finir avec la domination des femmes et des minorités de genre, une révolution est nécessaire. »

Ce terme a connu un double mouvement dans les dernières années, qui l’a beaucoup galvaudé. D’un côté, il a été diabolisé : source de peur, présenté comme un moment unilatéralement violent, à l’opposé de la démocratie. De l’autre côté, il a pu être vidé de sa substance, notamment sous l’effet du marketing néolibéral (pour vendre un produit, il le présente comme « révolutionnaire »). Tout est révolution : rien n’est révolution ; le mot n’a plus de sens. Ces deux mouvements ont un même but, enterrer collectivement l’idée d’une alternative à la société actuelle. C’est pourquoi il me paraît important de se réapproprier le terme et de lui donner une autre connotation — en soulignant, par exemple, que si on a une analyse structurelle conséquente des rapports sociaux de domination, on ne peut qu’être révolutionnaire. Si, vraiment, il y a des dominations parce qu’il existe des structures qui les portent (l’État, la Justice, la police, la famille, l’école, le travail…), alors il faut les renverser et en penser de nouvelles pour mettre fin aux dominations.

L’histoire des féminismes est souvent présentée par différentes « vagues ». Mais cette historiographie a pu être contestée. En quoi cette métaphore vous paraît-elle pertinente ?

Je comprends parfaitement que cette historiographie, simplificatrice, soit contestée par des historien·nes qui montrent que l’histoire du féminisme est plus complexe qu’une question de séquençage en vagues. Ou par des militant·es, qui rappellent que cette histoire est centrée sur les pays occidentaux et fait fi de l’histoire des luttes féministes hors de ce contexte. Je partage ces critiques. Néanmoins, la notion de vagues me semble apporter deux choses. D’une part, sa simplification même permet une facile appropriation. L’histoire des féminismes est peu connue, en grande partie parce qu’elle a été volontairement invisibilisée et oubliée. Je fais partie d’une génération qui a dû grandir en redécouvrant ce qu’avaient accompli les générations féministes antérieures, au prix d’un long apprentissage parfois difficile. Les choses sont en train d’évoluer avec un dynamisme certain du côté de l’histoire du féminisme, comme en témoigne par exemple la publication du récent ouvrage Ne nous libérez pas, on s’en charge — Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours, de Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel.

Il me semblait utile de livrer un premier repère historique en trois vagues, qui permet de fixer simplement de grandes périodes. L’autre apport de cette notion, c’est qu’il s’agit d’une caractérisation militante. Bibia Pavard a montré dans son article « Faire naître et mourir les vagues : comment s’écrit l’histoire des féminismes » que ce sont les nouvelles générations féministes qui se sont à chaque fois qualifiées de nouvelles vagues, ce qui a un effet performatif : proclamer qu’on entre dans une nouvelle vague contribue ainsi à la faire advenir. À ce titre, il me semblait intéressant de souligner qu’on assiste actuellement à une quatrième vague du féminisme, afin de prendre la mesure de la situation et de réfléchir collectivement aux tâches politiques que cela implique. La particularité de cette quatrième vague est qu’elle ne naît pas dans les pays occidentaux, mais en Amérique latine — ce qui permet justement de sortir du reproche qu’on a pu faire. Il serait d’ailleurs intéressant de relire ce séquençage avec les apports des recherches historiques sur les féminismes non occidentaux.

Franck Gaudichaud nous disait justement toute l’importance du féminisme pour comprendre les mouvements sociaux en Amérique latine. Les féminismes latino-américains sont-ils aujourd’hui les plus à même de faire la jonction avec le mouvement ouvrier ?

« Les femmes de chambre de l’hôtel Ibis-Batignolles lient indissociablement le féminisme, la lutte antiraciste et celle pour l’amélioration de leurs conditions de travail. »

Cette question du lien est très compliquée. Historiquement, le mouvement féministe en tant que tel est né au sein des révoltes sociales. Mais sa particularité a toujours été d’être transclasse. Il a ainsi pu être réduit par des fractions du mouvement ouvrier, parfois par ses dirigeants staliniens, à un mouvement bourgeois ou petit-bourgeois. Cela a entraîné une crise durable entre mouvement féministe et mouvement ouvrier depuis les années 1970, avec l’émergence d’un mouvement féministe autonome du mouvement ouvrier — au moins partiellement. Même si cette autonomie est à relativiser : les féministes du courant « lutte de classes » faisaient, dès cette époque, le lien entre les deux mouvements. Aujourd’hui, une partie de l’extrême gauche continue de nier la centralité politique du féminisme et ne se souvient de sa force que lorsqu’il parvient à mobiliser massivement des milliers, voire des millions de personnes. Cette fraction de l’extrême gauche conteste surtout sa centralité à un niveau stratégique : elle peut reconnaître qu’il existe des formes d’oppression spécifiques qui pèsent sur les femmes et les minorités de genre, mais elle ne pense pas que l’oppression de genre est consubstantielle au capitalisme et nie qu’elle est aussi une forme d’exploitation, c’est-à-dire d’appropriation de la force de travail. On pourrait faire exactement les mêmes remarques sur la centralité politique de l’antiracisme.

Mais, bien sûr, on ne saurait réduire le mouvement ouvrier à cette fraction de l’extrême gauche. Je crois qu’à la base des mouvements, au contraire, il y a une forte conscience de la nécessité de la convergence des luttes. Et concernant le féminisme, elle est en partie réalisée dans les faits : de nombreuses travailleuses en lutte font le lien entre ces différents combats, car le sexisme et/ou le racisme structurent leur exploitation au travail, et cela n’a pas de sens de les séparer. Un bon exemple est la lutte des femmes de chambre toujours en cours de l’hôtel Ibis-Batignolles. Elles lient indissociablement le féminisme, la lutte antiraciste et celle pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Mais pour revenir à l’Amérique latine, je crois que sa particularité repose sur le fait que, justement, le mouvement féministe y est très puissant. C’est peut-être actuellement le mouvement le plus puissant. Dès lors, les féministes peuvent faire en acte la convergence des luttes. En France, je pense que cette convergence adviendra lorsque nous aurons réussi à construire un mouvement féministe fort et populaire, qui pèsera sur le mouvement ouvrier et donnera de l’écho aux femmes et aux minorités de genre du mouvement ouvrier.

Dans une perspective d’articulation du marxisme et du féminisme, vous mettez en avantune théorie de la reproduction sociale afin de penser les rapports de production, de reproduction et les rapports sociaux. Pourquoi est-elle essentielle à vos yeux ?

Cette théorie a émergé au croisement de la théorie marxiste et de la théorie féministe dès les débats des années 1960–1970, autour du travail domestique. Puis elle s’est cristallisée dans les années 1980 autour d’un ouvrage majeur, Marxism and the oppression of women de Lise Vogel, pour connaître un renouveau ces dernières années dans un contexte politique et universitaire spécifique. D’un côté, le marxisme a en effet connu un regain d’intérêt dans le contexte de la crise économique de 2007–2008. De l’autre, la théorie féministe, à la faveur de la nouvelle vague, est particulièrement dynamique ces dernières années. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’importance qu’a prise la théorie de la reproduction sociale. Elle essaie de livrer une analyse de l’oppression des femmes et des minorités de genre dans le cadre théorique du marxisme — ce qui implique bien évidemment d’avoir un rapport souple à ce dernier. La théorie de la reproduction sociale montre que si les femmes et les minorités de genre sont dominé·es, ce n’est pas dû à une simple oppression idéologique qui aurait perduré (comme une réminiscence d’un ancien temps). Elle montre également que ce n’est pas accessoire au capitalisme, et que le capitalisme n’aurait pas pu être indifférent au genre. Si cette domination existe, c’est qu’elle a une base matérielle et que cette dernière est nécessaire au capitalisme. Cette base matérielle, c’est l’assignation des femmes et des minorités de genre dans le cadre d’une division genrée du travail, à un type de travail spécifique : le travail reproductif. Celui-ci consiste à produire et à reproduire la vie, c’est-à-dire les travailleurs et les travailleuses dans le cadre de l’économie capitaliste. Dit à un plus haut niveau d’abstraction, et en utilisant les catégories marxistes, le travail reproductif est le travail qui produit et reproduit la force de travail. Il faut donc bien voir qu’il ne s’agit pas d’un travail centré sur le biologique. Au contraire : l’essentiel des tâches qui y sont liées ne sont pas d’ordre biologique. Même quand le travail reproductif inclut des processus biologiques, ils sont marqués du sceau du social. D’où le terme de « reproduction sociale ».

Comment ce travail reproductif se traduit-il concrètement ? 

« Il est impossible de penser un capitalisme qui soit indifférent au genre (de même qu’à la race).

Il s’effectue à un double niveau. D’abord à un niveau quotidien, il consiste à accomplir l’ensemble des tâches nécessaires pour que les travailleurs et travailleuses soient fraîches et disposes pour retourner travailler le lendemain : préparation des repas, lessives, entretien de la maison, etc. Ensuite, à un niveau intergénérationnel, il consiste à reproduire la force de travail dans le temps : par la production et l’éducation des enfants, notamment. L’un des lieux centraux dans lequel se déploie le travail reproductif est la famille — il correspond alors au travail domestique théorisé par les féministes des années 1970. Mais l’intérêt de la théorie de la reproduction sociale est de montrer qu’il peut aussi être effectué dans d’autres espaces.

Lesquels, par exemple ?

Il peut être en partie collectivisé via les services publics, notamment en matière d’éducation et de santé. Dans ce cadre, il demeure extrêmement genré : ce sont majoritairement les femmes et les minorités de genre qui le prennent en charge. De la même façon que le travail reproductif est invisibilisé et méconnu comme travail dans le cadre de la famille, mais présenté comme le résultat d’une aspiration « naturelle », il est dévalorisé socialement et faiblement rémunéré dans le cadre des services publics — et considéré comme à la limite d’un travail. Mais il peut aussi être intégré à la sphère du marché, cette fois-ci principalement via les services à la personne. Dans ce cadre, on constate qu’il n’est pas seulement genré mais également extrêmement racisé : ce sont en grande partie les femmes des classes populaires et racisées qui l’effectuent. Cela permet de montrer que des actrices centrales de la lutte féministe sont les femmes racisées, qui prennent aujourd’hui de plus en plus en charge le travail reproductif. Dans le cadre capitaliste, la domination des femmes et des minorités de genre est ce qui permet indirectement la production des profits. Il est donc impossible de penser un capitalisme qui soit indifférent au genre (de même qu’à la race) : tout son fonctionnement repose sur l’existence et la perpétuation de ces rapports sociaux de domination.

Selon vous, le point faible du féminisme dit « matérialiste »« réside […] dans son manque d’élaboration stratégique ». Vous esquissez la voie d’une stratégie révolutionnaire et marxiste : pourquoi serait-elle plus à même de réussir ?

Pour être précise, je fais l’hypothèse qu’une des causes de la rapide institutionnalisation du mouvement féministe repose sur le manque d’élaboration stratégique du féminisme matérialiste hors mouvement. De façon significative, Christine Delphy pouvait dire dans les années 1970, revenant sur son article « L’ennemi principal », que parler de lutte révolutionnaire « ne veut pas dire qu’on sait comment s’y prendre, ni ce qu’il faut détruire pour détruire [le patriarcat]. Le découvrir fait partie intégrante de la lutte ». Je pense que c’est en partie symptomatique du fait que la lutte féministe se suffisait en quelque sorte à elle-même, et qu’il y avait ici une forme de refus d’élaborer une stratégie concrète de renversement du patriarcat. Mais je ne l’écrirais probablement plus exactement sous cette forme aujourd’hui…

Pourquoi ?

« Nous ne devons pas avoir peur de tirer les bilans de nos erreurs passées pour pouvoir construire un mouvement féministe qui soit le plus victorieux possible. »

J’ai l’impression que c’est un mouvement indépassable du capitalisme que de coopter les différents mouvements contestataires. Par contre, sur la question du débat entre féministes matérialistes et féministes marxistes, il me semble important, d’abord, de souligner combien nous sommes toutes et tous débitrices, en tant que féministes, des élaborations extrêmement riches théoriquement du féminisme matérialiste. Le désaccord se place davantage à un niveau politique. Christine Delphy en particulier a défendu l’idée d’un mode de production patriarcal autonome et parallèle au mode de production capitaliste, alors que je trouve que l’articulation entre production et reproduction que propose la théorie de la reproduction sociale est une analyse plus convaincante. À un niveau stratégique, cela l’a menée à défendre une totale autonomie du mouvement féministe par rapport aux autres mouvements. Or cela me semble faux, théoriquement, tant le genre, la classe et la race sont entrelacés : ils se produisent et se reproduisent mutuellement. Faux et grave, stratégiquement. Je doute qu’aucun mouvement n’ait le pouvoir de renverser le capitalisme ou le patriarcat à lui tout seul et de mettre en place une autre organisation sociale sans poser centralement la question de la production et de la reproduction, la question du genre comme de la classe et de la race.

Vous faites une lecture critique de ce que vous nommez « la stratégie intersectionnelle », c’est-à-dire de certaines appropriations du concept d’intersectionnalité par des milieux militants : notion de « privilèges » qui efface la question du pouvoir, individualisation de la domination au détriment d’une approche structurelle, « safe spaces »[« espaces sûrs »] peu démocratiques, recherche de pureté individuelle… C’est là un constat amer de militante ?

Cela part effectivement d’une expérience militante. Le bilan me semblait nécessaire. Non pas que j’en garde une amertume particulière, mais plutôt parce que nous assistons à une renaissance du féminisme. Nous ne devons pas avoir peur de tirer les bilans de nos erreurs passées pour pouvoir construire un mouvement féministe qui soit le plus victorieux possible. Je suis moi-même entrée dans ces logiques, à une époque : il ne s’agit pas tant d’une critique que d’une forme d’autocritique. J’ai d’ailleurs l’impression que je ne suis pas la seule à dresser ce bilan : en réalité, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à le faire. Le nombre de collectifs féministes qui ont explosé — c’est par exemple le cas de mon ancien collectif — et de personnes qui ont arrêté de militer suite à ces phénomènes a poussé à une réflexion collective d’importance et à une profonde remise en question de ces pratiques.


D’aucuns estiment que l’intersectionnalité est un cadre théorique, et non une stratégie. L’objet de votre critique semble parfois osciller entre ce cadre théorique et son appropriation stratégique…

Dans la lignée des élaborations du Black feminism, l’intersectionnalité est conceptualisée par la juriste américaine noire Kimberlé Crenshaw dans deux articles fondateurs de 1989 et 1991. Si elle développe tout un ensemble de réflexions, on peut dire que le noyau central de son propos est de montrer qu’il est impossible d’isoler un rapport social de domination des autres (notamment ceux de genre, classe, race) : ils sont articulés entre eux et se reconfigurent mutuellement. Le terme connaît un tel succès, tant théorique que militant, qu’il est en partie approprié par la sociologie du genre, notamment, et sert alors à désigner avant tout une méthode — celle du croisement des dominations sociales. Je suis donc d’accord sur le fait que l’intersectionnalité est d’abord et avant tout une théorie. Cela n’a pas empêché certaines appropriations militantes, qu’il faut distinguer de l’intersectionnalité originelle — ce que j’essaie de faire dans mon ouvrage, peut-être avec plus ou moins de succès. Je montre qu’il s’agit d’une déformation à une échelle individuelle ou interindividuelle de l’analyse matérialiste, et parfois marxiste, du Black feminism originel. Je précise systématiquement quand j’en ai l’occasion que j’ai nommée cette stratégie « intersectionnelle » faute de meilleurs mots pour la caractériser… Dans un contexte où le gouvernement vise à diaboliser l’intersectionnalité et à censurer la production théorique et militante sur le sujet, je suis bien sûr pour revendiquer le terme ! Mais cela ne doit pas empêcher pour autant d’avoir un regard critique sur certaines de ses appropriations militantes.

« Donner la parole aux concerné·es » est un mot d’ordre désormais répandu. Vous regrettez qu’un glissement puisse parfois s’opérer : quand on passe « d’une théorie des points de vue situés […] à une théorie du privilège épistémologiqueabsolu des dominé·es sur leur domination », c’est-à-dire quand « toute personne, si elle est opprimée, détient la vérité incontestable de son oppression, donc la clé de sa libération. » Mais quel serait le « bon » équilibre, alors ?

« Il faut mettre l’accent sur le fait que seule une infime partie de la population n’est dominée d’aucune façon — c’est elle qui possède le pouvoir politique et économique de déterminer les vies de toutes et tous les autres. »

Là aussi, il s’agit d’une déformation de la théorisation originelle. On passe de l’idée tout à fait marxiste que la position sociale détermine notre façon d’appréhender le monde (et qu’il est donc intéressant, pour analyser la domination, de repartir de l’expérience de celles et ceux qui la vivent — et que cela peut, politiquement, nécessiter des moments et des organisations en non-mixité) à l’idée que seul·es celles et ceux qui vivent la domination ont le droit d’en parler. Et qu’ils doivent s’organiser politiquement de façon absolument autonome de celles et ceux qui ne la vivent pas. Lorsqu’on adopte une perspective intersectionnelle, justement, on voit que c’est difficile à tenir : cela a pour effet d’atomiser les luttes et d’empêcher toute convergence. A contrario, je pense qu’il faut mettre l’accent sur le fait que seule une infime partie de la population n’est dominée d’aucune façon — c’est elle qui possède le pouvoir politique et économique de déterminer les vies de toutes et tous les autres. Même si, actuellement, nous ne vivons pas les mêmes types de domination, même si, ponctuellement, nos intérêts peuvent diverger, nous avons un intérêt matériel supérieur à nous unir pour renverser les structures de la société et mettre en place une autre façon de vivre, de produire, de reproduire et de faire de la politique.

Au vu de l’héritage théorique et politique dans lequel vous vous inscrivez, de quel œil voyez-vous le phénomène de réhabilitation des sorcières dans le féminisme occidental — avec la part « ésotérique » qu’il charrie parfois ?

La spécificité de la figure de la sorcière, c’est qu’elle est particulièrement plastique. Elle peut être revendiquée comme un symbole féministe large : la chasse aux sorcières est un exemple historique de féminicide de masse. Ou être appropriée par différents courants au sein même du féminisme, qui en feront à chaque fois une lecture différente. C’est le propre des symboles. La sorcière a pu être convoquée par des black blocs féministes, nommés « Witch Blocs », pendant la mobilisation contre la loi Travail. C’est le noir qui y est associé, et sa connotation féministe, qui ont rendu possible cette appropriation. Théoriquement, c’est une figure que convoque aussi bien Silvia Federici dans une lecture matérialiste de l’avènement du capitalisme comme accumulation primitive du corps des femmes dans Caliban et la sorcière, que Starhawk, qui revendique sa part d’ésotérisme. Je pense donc que les significations de la sorcière ne sont pas figées et que c’est un symbole puissant et mobilisateur qu’il ne faut pas hésiter à convoquer.

Vous faites partie du Collectif féministes révolutionnaires, créé, justement, dans l’élan de la mobilisation contre la loi Travail…

On a voulu faire un espace qui soit à la fois féministe et marxiste. Un lieu de formations, de débats, de luttes. Un espace bienveillant où chacun·e puisse à la fois se former collectivement, exprimer des désaccords et militer. Bien sûr, le fait de se définir comme « révolutionnaires » crée de fait une délimitation avec l’ensemble du mouvement féministe. L’idée n’était pas forcément de faire le collectif le plus large possible mais plutôt de défendre au sein du mouvement féministe une certaine politique et une certaine stratégie. Pour mobiliser, il nous semble plus approprié de développer l’auto-organisation à une échelle locale et nationale : via des comités de quartiers et sur les lieux de travail, par exemple, comme au moment du MLAC dans les années 1970. Notre but est d’intervenir conjointement dans le mouvement féministe et dans le mouvement social au sens large, c’est-à-dire aussi bien dans les mobilisations nationales qu’auprès du mouvement antiraciste ou du mouvement ouvrier — en défendant à chaque fois la convergence des luttes. Nous militons activement au sein de la nouvelle vague du féminisme : nous avons par exemple participé à des assemblées générales MeToo en 2017 et nous poussons à la création de comités locaux pour la préparation de la grève féministe pour le 8 mars. Nous soutenons également les différents mouvements sociaux et y mettons en avant les mots d’ordre et les revendications féministes. Lors de la mobilisation des cheminot·es contre la casse de leur statut, par exemple, nous sommes intervenu·es en soutien au technicentre du Landy à Saint-Denis ; en retour, ils et elles sont venu·es manifester avec nous à la Marche des fiertés qui a suivi. Plus récemment, nous soutenons la grève des femmes de chambre de l’hôtel Ibis-Batignolles, dont nous parlions, en lutte depuis plus d’un an.

Mais, au fait : si le féminisme n’est pas un bloc unifié, comme vous l’avez montré, pourquoi avoir intitulé votre ouvrage… La Révolution féministe ?

J’utilise le terme de « révolution féministe » de la même façon que je parle de « mouvement féministe » au singulier — tout en sachant très bien qu’il est traversé par des courants opposés, qu’il existe une diversité de féminismes et que l’étiquette « féministe » peut être appropriée pour défendre des choses qui n’ont pas beaucoup à voir avec le féminisme ! Parfois, il est bon d’avoir des termes plus abstraits, donc au singulier, qui permettent d’englober un ensemble d’espaces différents. Le mouvement féministe est, à l’image du mouvement ouvrier, un terme qui permet de ressaisir l’ensemble de l’espace social féministe, en étant momentanément aveugle à sa diversité consubstantielle. La révolution féministe, c’est à la fois une période, celle qu’on est en train de vivre : la montée d’un mouvement féministe depuis plus d’un siècle, à l’échelle planétaire, qui, comme une lame de fond, une vague, menace de tout renverser sur son passage. Et c’est aussi une promesse. Celle qu’à un moment, une révolution féministe adviendra. Mais j’espère avoir été suffisamment claire sur le fait que, dans ma conception, si aucune révolution ne peut advenir si elle n’est pas féministe, inversement, aucune révolution ne sera féministe si elle ne renverse pas le capitalisme, le système des classes sociales et l’organisation raciste de la société. Si elle ne met pas en place, également, une réorganisation de la production et de la reproduction

REBONDS

Lire notre abécédaire de Clara Zetkin, septembre 2020
Lire notre article « Checker les privilèges ou renverser l’ordre ? », Kaoutar Harchi, juin 2020
Lire notre entretien avec Silvia Frederici : « Le féminisme d’État est au service du développement capitaliste », avril 2020
Lire notre entretien avec Maud Simonet : « Travail gratuit ou exploitation ? », février 2019
Lire notre entretien avec Emma: « Faire péter le patriarcat en même temps que le capitalisme », avril 2018



Déclaration internationale des coordinatrices de la Conférence mondiale des femmes de la base concernant la Pandémie du Corona

Déclaration internationale des coordinatrices de la Conférence mondiale des femmes de la base concernant la Pandémie du  Corona

L’appel et le catalogue de revendications
du mouvement international des militantes féminines adressées à tous les gouvernements de la pandémie de Corona dans le monde

Nous exigeons une protection –

Nous ne voulons pas d’état d’urgence mais un monde libéré!

Sans nous, les femmes, il n’y a pas de solution à aucun des problèmes urgents de cette époque. Nous, les femmes, nous unissons dans la lutte pour un avenir digne d’être vécu pour toute l’humanité. Nous ne sommes pas d’accord avec la façon dont nous sommes gouvernés. Nous avons appris du passé. La crise économique et financière mondiale de 2008 a apporté des bénéfices aux banques et aux monopoles tandis que le fardeau de la crise a été transféré sur les travailleurs, les femmes et les familles. Avec cet appel international, nous nous élevons. Nous gérons cette crise quotidienne. Nous adressons nos demandes aux gouvernements et aux monopoles. Maintenant !

La pandémie Corona se propage dans nos pays et continents. Il a déjà tué plus de 100 000 personnes dans le monde. Nous pleurons la perte de ces personnes et nous nous sentons connectés à leurs proches. Pourquoi tant de gens doivent-ils mourir ? Parce que le capitalisme a créé une crise sanitaire mondiale et que les systèmes de santé s’effondrent. Il y a un manque de vêtements de protection pour les médecins, les infirmières et les soignants. Il y a un manque de protection pour la population. Les personnes âgées, malades et pauvres ne sont pas traitées. C’est un scandale. Ce qui est déjà terrible pour les pays riches industrialisés, c’est une catastrophe dans les pays pauvres d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, du Moyen-Orient et pour les réfugiés. Nous luttons pour un système de santé dans lequel les personnes sont au centre des intérêts.

Nous accusons l’économie capitaliste de profit de faire passer le profit avant les gens. Alors que d’une part la propagation du virus doit être ralentie par des interdictions de contact et des couvre-feux dans le monde entier, les travailleurs des usines industrielles, des usines textiles, doivent continuer à travailler très près les uns des autres.

Nous exigeons dans le monde entier:

Protection étendue des travailleurs de l’industrie textile, des usines industrielles, interdiction des licenciements et licenciements, maintien du paiement des salaires en cas de fermetures d’usines, augmentation des salaires et réduction de s heures de travail avec pleine compensation salariale !

Des vêtements de protection efficaces pour les médecins, les infirmières et le personnel soignant !

Test de masse gratuit de toutes les personnes dans les quartiers où nous vivons!

Expansion immédiate de l’infrastructure médicale!

Création de nouveaux emplois et stages dans le secteur infirmier!

Distribution gratuite de masques de protection et de désinfectants!

Soins et médicaments gratuits pour les malades!

L’argent pour cela doit être pris aux grandes entreprises et aux gigantesques budgets militaires!

Bien que les soi-disant «jeux de simulation» existent depuis longtemps pour préparer les pays à une épidémie, aucun gouvernement au monde n’a pris les précautions appropriées. Tous les gouvernements se trompent, certains dénigrent même la pandémie avec de graves conséquences.

Nous dénonçons ceux qui volent des équipements de protection par égoïsme national, exportent des équipements de protection à des fins lucratives tout en laissant leur propre peuple sans protection, ou débauchent les soignants des pays pauvres.

Nous exigeons une recherche et un développement coordonnés dans le monde entier de vaccins, de médicaments, pour tous! Aucune incitation de personnel qualifié!

La crise actuelle démontre une solidarité transnationale écrasante des travailleurs. Il révèle créativité, inventivité et courage. Les femmes sont au centre de l’organisation de cette vie de crise au quotidien dans le monde: dans les métiers de la prise en charge, dans le commerce, dans les familles. Nous sommes prêts à tout donner pour la vie, nous soutenons les mesures nécessaires à notre santé, mais nous sommes en colère lorsque notre volonté de faire des sacrifices est exploitée pour réduire nos droits et libertés.

Nous exigeons de larges campagnes d’information plutôt que des violences étatiques de la part de l’armée et de la police, des menaces d’arrestation et des avertissements! Nous ne laisserons pas nos droits durement acquis être enlevés! Pas d’exercices sur l’état d’urgence!

Nous condamnons ces mesures!

En raison du couvre-feu, les femmes en Afrique, en Asie et en Amérique latine ne peuvent plus vendre leurs produits, elles n’ont ni argent, ni nourriture – la famine menace les gens dans les régions du monde frappées par la pauvreté. Les femmes migrantes et les réfugiés sont particulièrement touchés dans le monde. Les journaliers, les travailleurs migrants travaillent dans des provinces souvent éloignées de leurs foyers. Les propriétaires de l’usine les ont jetés dans la rue sans salaire, et eux aussi meurent de faim. La police et l’armée sont souvent brutales. Les agriculteurs ne peuvent plus vendre leurs récoltes.

Nous demandons:

Sécurité financière pour les journaliers, les travailleurs migrants et temporaires et pour les petits commerçants!

Acceptation et distribution des produits agricoles par les gouvernements!

Distribution gratuite de nourriture aux familles pauvres des villes et des zones rurales!

De l’eau courante et propre pour chaque foyer!

Des mesures globales pour les plus vulnérables: réfugiés, pauvres, sans-abri!

Dissolution des camps de réfugiés et logement sûr pour eux!

Luttez contre les tentatives racistes de créer la division!

Nous condamnons ces mesures!

Pour la majorité de la population, le couvre-feu signifie en fait vivre ensemble dans un petit espace, sans pratiquement aucune possibilité de pause ou de retraite personnelle. Pas d’école, pas de jardin d’enfants, pas de travail. Cela augmente la violence domestique contre les femmes et les enfants. Les femmes prennent soin de la santé mentale, émotionnelle et physique de tous les membres de la famille sans prêter attention à leurs propres besoins.

Nous demandons:

Interdire toutes les expulsions et saisies

Interdiction de donner au locataire un préavis de résiliation en cas de retard de loyer!

Aides d’État, repas chauds et soins d’urgence aux enfants et aux personnes âgées!

Du matériel pédagogique et pédagogique ainsi qu’une aide aux enfants en cas de fermeture d’écoles!

Information dans les médias pour les victimes de violence!

Aide et mise à disposition de chambres pour l’hébergement des victimes de violences!

Utilisez les réseaux pour interdire la violence sexiste!

Femmes du monde, la crise corona est un défi historique et nous y répondons par un pas historique. À travers les continents, nous nous sommes mis d’accord sur cet appel et ces demandes. La crise Corona révèle une crise systémique. Le capitalisme n’est pas en mesure de nous offrir une vie dans la dignité. Nous prenons donc les choses en main. Aujourd’hui, nous pouvons constater une fois de plus que les femmes sont «essentielles» au système. Et cette prise de conscience nous donne la force de lutter pour nos revendications. Par conséquent, nous devons développer la coopération internationale que nous avons déjà entamée à un niveau supérieur:

Nous renforçons notre solidarité les uns avec les autres et coordonnons nos activités à travers les différences idéologiques en tant que mouvement international.

Nous partageons des formes de lutte telles que les «démonstrations sonores», frappons avec des pots, et en trouvons de nouvelles.

Pour les pays les plus pauvres, un allégement de la dette est nécessaire.

Les monopoles au pouvoir doivent payer pour la crise – pas les larges masses. Cela peut être fait grâce à une taxe spéciale.

Nous devons lutter pour de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés.

Ce n’est que si nous nous organisons que nous deviendrons une force, dans les syndicats, dans les quartiers, dans les associations de femmes. 

Renforcer le mouvement mondial des femmes de la Conférence mondiale des femmes de la base. 

Une grande opportunité pour cela est la Conférence mondiale des femmes de la base en Tunisie à la fin de 2021.

Soyons comme un olivier
enraciné dans la terre
Atteindre le soleil et la force
Personne et rien ne peut nous briser!