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Déclaration internationale des coordinatrices de la Conférence mondiale des femmes de la base concernant la Pandémie du Corona

Déclaration internationale des coordinatrices de la Conférence mondiale des femmes de la base concernant la Pandémie du  Corona

L’appel et le catalogue de revendications
du mouvement international des militantes féminines adressées à tous les gouvernements de la pandémie de Corona dans le monde

Nous exigeons une protection –

Nous ne voulons pas d’état d’urgence mais un monde libéré!

Sans nous, les femmes, il n’y a pas de solution à aucun des problèmes urgents de cette époque. Nous, les femmes, nous unissons dans la lutte pour un avenir digne d’être vécu pour toute l’humanité. Nous ne sommes pas d’accord avec la façon dont nous sommes gouvernés. Nous avons appris du passé. La crise économique et financière mondiale de 2008 a apporté des bénéfices aux banques et aux monopoles tandis que le fardeau de la crise a été transféré sur les travailleurs, les femmes et les familles. Avec cet appel international, nous nous élevons. Nous gérons cette crise quotidienne. Nous adressons nos demandes aux gouvernements et aux monopoles. Maintenant !

La pandémie Corona se propage dans nos pays et continents. Il a déjà tué plus de 100 000 personnes dans le monde. Nous pleurons la perte de ces personnes et nous nous sentons connectés à leurs proches. Pourquoi tant de gens doivent-ils mourir ? Parce que le capitalisme a créé une crise sanitaire mondiale et que les systèmes de santé s’effondrent. Il y a un manque de vêtements de protection pour les médecins, les infirmières et les soignants. Il y a un manque de protection pour la population. Les personnes âgées, malades et pauvres ne sont pas traitées. C’est un scandale. Ce qui est déjà terrible pour les pays riches industrialisés, c’est une catastrophe dans les pays pauvres d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, du Moyen-Orient et pour les réfugiés. Nous luttons pour un système de santé dans lequel les personnes sont au centre des intérêts.

Nous accusons l’économie capitaliste de profit de faire passer le profit avant les gens. Alors que d’une part la propagation du virus doit être ralentie par des interdictions de contact et des couvre-feux dans le monde entier, les travailleurs des usines industrielles, des usines textiles, doivent continuer à travailler très près les uns des autres.

Nous exigeons dans le monde entier:

Protection étendue des travailleurs de l’industrie textile, des usines industrielles, interdiction des licenciements et licenciements, maintien du paiement des salaires en cas de fermetures d’usines, augmentation des salaires et réduction de s heures de travail avec pleine compensation salariale !

Des vêtements de protection efficaces pour les médecins, les infirmières et le personnel soignant !

Test de masse gratuit de toutes les personnes dans les quartiers où nous vivons!

Expansion immédiate de l’infrastructure médicale!

Création de nouveaux emplois et stages dans le secteur infirmier!

Distribution gratuite de masques de protection et de désinfectants!

Soins et médicaments gratuits pour les malades!

L’argent pour cela doit être pris aux grandes entreprises et aux gigantesques budgets militaires!

Bien que les soi-disant «jeux de simulation» existent depuis longtemps pour préparer les pays à une épidémie, aucun gouvernement au monde n’a pris les précautions appropriées. Tous les gouvernements se trompent, certains dénigrent même la pandémie avec de graves conséquences.

Nous dénonçons ceux qui volent des équipements de protection par égoïsme national, exportent des équipements de protection à des fins lucratives tout en laissant leur propre peuple sans protection, ou débauchent les soignants des pays pauvres.

Nous exigeons une recherche et un développement coordonnés dans le monde entier de vaccins, de médicaments, pour tous! Aucune incitation de personnel qualifié!

La crise actuelle démontre une solidarité transnationale écrasante des travailleurs. Il révèle créativité, inventivité et courage. Les femmes sont au centre de l’organisation de cette vie de crise au quotidien dans le monde: dans les métiers de la prise en charge, dans le commerce, dans les familles. Nous sommes prêts à tout donner pour la vie, nous soutenons les mesures nécessaires à notre santé, mais nous sommes en colère lorsque notre volonté de faire des sacrifices est exploitée pour réduire nos droits et libertés.

Nous exigeons de larges campagnes d’information plutôt que des violences étatiques de la part de l’armée et de la police, des menaces d’arrestation et des avertissements! Nous ne laisserons pas nos droits durement acquis être enlevés! Pas d’exercices sur l’état d’urgence!

Nous condamnons ces mesures!

En raison du couvre-feu, les femmes en Afrique, en Asie et en Amérique latine ne peuvent plus vendre leurs produits, elles n’ont ni argent, ni nourriture – la famine menace les gens dans les régions du monde frappées par la pauvreté. Les femmes migrantes et les réfugiés sont particulièrement touchés dans le monde. Les journaliers, les travailleurs migrants travaillent dans des provinces souvent éloignées de leurs foyers. Les propriétaires de l’usine les ont jetés dans la rue sans salaire, et eux aussi meurent de faim. La police et l’armée sont souvent brutales. Les agriculteurs ne peuvent plus vendre leurs récoltes.

Nous demandons:

Sécurité financière pour les journaliers, les travailleurs migrants et temporaires et pour les petits commerçants!

Acceptation et distribution des produits agricoles par les gouvernements!

Distribution gratuite de nourriture aux familles pauvres des villes et des zones rurales!

De l’eau courante et propre pour chaque foyer!

Des mesures globales pour les plus vulnérables: réfugiés, pauvres, sans-abri!

Dissolution des camps de réfugiés et logement sûr pour eux!

Luttez contre les tentatives racistes de créer la division!

Nous condamnons ces mesures!

Pour la majorité de la population, le couvre-feu signifie en fait vivre ensemble dans un petit espace, sans pratiquement aucune possibilité de pause ou de retraite personnelle. Pas d’école, pas de jardin d’enfants, pas de travail. Cela augmente la violence domestique contre les femmes et les enfants. Les femmes prennent soin de la santé mentale, émotionnelle et physique de tous les membres de la famille sans prêter attention à leurs propres besoins.

Nous demandons:

Interdire toutes les expulsions et saisies

Interdiction de donner au locataire un préavis de résiliation en cas de retard de loyer!

Aides d’État, repas chauds et soins d’urgence aux enfants et aux personnes âgées!

Du matériel pédagogique et pédagogique ainsi qu’une aide aux enfants en cas de fermeture d’écoles!

Information dans les médias pour les victimes de violence!

Aide et mise à disposition de chambres pour l’hébergement des victimes de violences!

Utilisez les réseaux pour interdire la violence sexiste!

Femmes du monde, la crise corona est un défi historique et nous y répondons par un pas historique. À travers les continents, nous nous sommes mis d’accord sur cet appel et ces demandes. La crise Corona révèle une crise systémique. Le capitalisme n’est pas en mesure de nous offrir une vie dans la dignité. Nous prenons donc les choses en main. Aujourd’hui, nous pouvons constater une fois de plus que les femmes sont «essentielles» au système. Et cette prise de conscience nous donne la force de lutter pour nos revendications. Par conséquent, nous devons développer la coopération internationale que nous avons déjà entamée à un niveau supérieur:

Nous renforçons notre solidarité les uns avec les autres et coordonnons nos activités à travers les différences idéologiques en tant que mouvement international.

Nous partageons des formes de lutte telles que les «démonstrations sonores», frappons avec des pots, et en trouvons de nouvelles.

Pour les pays les plus pauvres, un allégement de la dette est nécessaire.

Les monopoles au pouvoir doivent payer pour la crise – pas les larges masses. Cela peut être fait grâce à une taxe spéciale.

Nous devons lutter pour de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés.

Ce n’est que si nous nous organisons que nous deviendrons une force, dans les syndicats, dans les quartiers, dans les associations de femmes. 

Renforcer le mouvement mondial des femmes de la Conférence mondiale des femmes de la base. 

Une grande opportunité pour cela est la Conférence mondiale des femmes de la base en Tunisie à la fin de 2021.

Soyons comme un olivier
enraciné dans la terre
Atteindre le soleil et la force
Personne et rien ne peut nous briser!

Sur la Journée Internationale de lutte pour la libération des femmes

www.icor.info                                                                          12 février 2021

Résolution de l’ICOR sur la Journée internationale de lutte pour la libération des femmes 2021

Il y a 150 ans, en mars 1871, le prolétariat parisien renversa pour la première fois l’ancien pouvoir et établit un nouveau pouvoir, le premier État des travailleurs. La Commune de Paris était « le glorieux fourrier d’une nouvelle société ». Les femmes étaient des atouts, elles étaient parmi les plus courageuses des combattantes aux barricades ! La Commune a jeté les premières graines d’une véritable libération des femmes, a créé des emplois en usine pour leur indépendance financière, des écoles professionnelles industrielles pour les filles, une loi sur le divorce, a traité les enfants légitimes et illégitimes sur un pied d’égalité. Elle a publié un décret pour l’égalité des femmes. L’organisation de femmes indépendante « Union des femmes » était membre de l’Internationale. Jusqu’à ce jour, la Commune de Paris trace la voie des grandes révolutions socialistes ultérieures et de la lutte pour la libération des femmes.

Les femmes travailleuses sont doublement opprimées et doublement exploitées dans ce système capitaliste parce qu’elles sont des travailleuses et parce que ce sont elles qui sont responsables des travaux ménagers, des soins à leurs enfants, à leur partenaire et aux personnes à leur charge – tout ce que l’on subsume sous « travaux ménagers » non rémunérés. En réalité, rien de tout cela n’est une affaire privée pour les femmes ! Ce sont des tâches pour la société dans son ensemble ! Elles doivent être résolues et organisées en conséquence. Là aussi, la Commune de Paris a ouvert la voie ! Dans ce système, en revanche, leur corps devient une marchandise, comme par l’exploitation à des fins sexuelles et la traite des êtres humains. Chaque jour, partout dans le monde, des femmes sont violées, mutilées, violantées dans la rue, dans leur maison, assassinées simplement parce qu’elles sont des femmes. En bref, ce système est basé sur des relations familiales et sociales patriarcales qui trouvent leur origine dans la propriété privée. Une politique particulièrement misogyne est menée par la réaction islamiste.

L’ICOR encourage la lutte pour la libération des femmes en liaison avec la lutte pour la libération nationale, la révolution prolétarienne, la véritable démocratie et le socialisme aussi bien dans les pays impérialistes que dans les pays dépendant de l’impérialisme. Elle promeut le rôle des femmes dans les mouvements politiques et les partis révolutionnaires ! Elle invite donc les organisations internationales de femmes à participer à la construction du Front uni anti-impérialiste international contre le fascisme et la guerre.

Dans la pandémie de Corona, en interaction avec la crise économique et financière mondiale, l’impérialisme montre son vrai visage. L’économie du profit est incompatible avec une protection durable de la santé de la masse de la population. Sur le fond de la crise de Corona qui s’étend de façon incalculable, de millions de personnes affamées, de systèmes de santé qui ne fonctionnent pas, de la destruction massive d’emplois, de la pauvreté généralisée, une tendance accélérée vers une crise sociale globale du système impérialiste mondial se développe avec des mouvements de masse, des grèves, des protestations dans lesquelles les femmes jouent un rôle important. Les forces s’accroissent et se renforcent qui poursuivent la voie commencée par la Commune de Paris et emboîtent le pas des femmes combattantes courageuses.

D’autant plus il est temps aujourd’hui de faire connaître et d’ancrer la Commune de Paris et ses enseignements auprès de la masse des femmes : Que ce soit en Inde où neuf grèves générales ont eu lieu pendant un an, la dernière avec 250 millions de participants. Où des paysans de tout le pays se rebellent avec mépris de la mort contre les lois du gouvernement fasciste Modi. Et les femmes qui travaillent dans le secteurs de la santé, de la garde d’enfants et comme cuisinières s’y joignent. Les paysannes luttent également contre leur manque de droits, car elles peuvent travailler la terre mais ne pas la posséder. Comme au Bangladesh où les ouvrières du textile se battent depuis des mois pour des salaires non payés et contre les licenciements. Ou en Afrique du Sud où 59 % des jeunes sont au chômage et où une grève générale contre la corruption, répercutant le fardeau de la crise sur les travailleurs, et contre la violence sexiste, a été largement suivie par les masses. En France, où les luttes de masse s’opposent au président Macron quand il pousse à la fascisation de l’appareil d’État, et est incapable de lutter contre la pandémie de Corona, et où les femmes révolutionnaires s’apprêtent à célébrer les 150 ans de la Commune de Paris. Ou dans des pays comme le Pérou, l’Équateur, le Brésil – où, parfois, les morts du coronavirus ne sont même plus enterrés et où les femmes prennent en charge l’aide sociale et l’assistance mutuelle au mieux de leurs capacités et font partie de la lutte contre le gouvernement.

Il est d’une importance stratégique que le mouvement combatif international des femmes devienne l’allié du prolétariat mondial et que les femmes dans les partis révolutionnaires jouent leur rôle avec confiance. Toutes les contradictions du système capitaliste-impérialiste s’aggravent par la crise économique et financière internationale, s’exacerbant par la pandémie de Covid 19. La contradiction entre les forces productives internationalisées et les rapports capitalistes de production appelle une solution. Ce que la Commune de Paris a commencé, ce que la révolution d’Octobre socialiste et la révolution socialiste dans la Chine de Mao Zedong en lutte contre l’oppression féodale, arriérée ont continué, ce que les pays à l’époque socialistes ont essayé et réalisé – tout cela est aujourd’hui sur l’agenda de l’histoire mondiale : la libération des femmes dans des pays libérés, démocratiques et socialistes.

Luttons au niveau transnational et ensemble, femmes et hommes, au sein de l’ICOR et du Front uni pour la libération des femmes, la liberté, la démocratie et le socialisme !

Signataires (en date du 23/2 2021, d’autres signataires sont possibles):

  1. UPC-Manidem   Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
  2. CPK   Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
  3. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
  4. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
  5. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  6. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
  7. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
  8. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
  9. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
  10. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
  11. PPRF   Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
  12. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
  13. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  14. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
  15. БРП(к)   Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
  16. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
  17. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
  18. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
  19. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
  20. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
  21. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
  22. UMLP   União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
  23. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
  24. VZDOR   VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
  25. TKP-ML   Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
  26. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
  27. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
  28. UoC   Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
  29. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
  30. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
  31. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  32. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
  33. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)

150 ans, Vive la Commune de Paris !

Organisons-nous pour le socialisme révolutionnaire !

La Conférence continentale de l’ICOR Europe début 2020, sur proposition de ses organisations membres en France Unité Communiste et Union prolétarienne Marxiste- Léniniste, a décidé à l’unanimité de mener une campagne pour célébrer les 150 ans de la Commune de Paris.

Cet anniversaire, pour nous, n’est pas une chose morte, un fétiche. Nous disons avec Karl Marx : « Le Paris ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d’une société nouvelle », débarrassée de la dictature des exploiteurs, des capitalistes, des fossoyeurs du progrès humain. Ceci est d’une importance particulière face à des crises touchant toute la société. Elles surgissent dans quelques pays et montrent que les masses cherchent des alternatives.

La Commune de Paris fut un éclair, flamboyant, puissant, le jaillissement violent de la souffrance, de la colère et de l’espoir du peuple parisien. Elle fut brève mais comme un météore, entre le 18 mars au 28 mai 1871. Elle n’en a pas moins formé un point de rupture, que les révolutionnaires avaient su saisir pour créer leur propre ordre. Un ordre de justice, de démocratie, de liberté, d’égalité et de paix. La Commune de Paris fût une onde de choc qui, après les révolutions de 1830 et de 1848, ne recherchait plus seulement la liberté bourgeoise, mais bien une étape nouvelle, une étape socialiste et internationaliste.

La Commune de Paris est un exemple brillant pour une alternative fondamentale de société au capitalisme et au système impérialiste mondial secoués par des crises.

– La Commune de Paris a créé le premier gouvernement d’ouvriers et d’ouvrières, la première dictature du prolétariat. Elle a développé dans le combat des règles et des caractéristiques importantes de cette démocratie des ouvriers et des ouvrières et du peuple. Elle a servi d’exemple aux révolutionnaires du 20ème siècle. Mais la Commune de Paris a été encore trop hésitante dans l’oppression des oppresseurs et des ennemis de la révolution et de leur base comme la banque de France.

– La Commune de Paris a démontré la nécessité de renverser le capitalisme par une révolution socialiste. L’État bourgeois ne peut être utilisé ou réformé simplement. Marx et Engels ont tiré la leçon : les révolutionnaires doivent le démanteler.

– La Commune de Paris a montré la nécessité impérative d’une organisation forte, clairvoyante, unifiée et résolue, pour obtenir et pour assurer la victoire. Ceci a été et est toujours un débat entre s’organiser ou compter sur le cours spontané de l’Histoire. L’absence de direction communiste claire a été une des raisons du démantèlement rapide de la Commune de Paris par la bourgeoisie après 72 jours.

– Enfin, la Commune a confirmé la nécessité de l’internationalisme prolétarien pour une solidarité étroite des révolutions futures: ennemies, les puissances française et prussienne n’en ont pas moins mis de côté leurs différents pour écraser la tempête révolutionnaire de la Commune. Puisque la commune a représentée une menace pour le capitalisme, l’impérialisme naissant et les anciens royaumes autoritaires en Europe. Dans l’avenir, les États socialistes du monde vont créer l’étape transitoire vers une société sans classes, le communisme.

Aujourd’hui, lors des multiples crises du système impérialiste mondial, la dictature bourgeoise montre de plus en plus ouvertement qu’elle porte le fascisme. La classe dominante cherche à maintenir son système dépassé encore une fois par le fascisme et dans la guerre. Dans cette situation, notre campagne doit être un « éclair » : un État ouvrier et socialiste, la dictature du prolétariat sont l’alternative brillante à un système capitaliste dépassé et pourri. Aujourd’hui, les conditions pour cet État ouvrier et ouvrière sont plus mûres que jamais.

Les organisations de l’ICOR en Europe prennent l’initiative en 2021:

  • Nous organisons des activités attractives, fières et bien visibles dans nos pays respectifs, liées à l’actualité. Combattons l’anticommunisme sous toutes ses formes – Vive la Commune !
  • Renforçons nos organisations et l’ICOR par de nouveaux camarades et organisations ! Renforçons notre coopération ! L’importance de l’ICOR grandit pour coordonner les luttes et pour les orienter vers la solution révolutionnaire aux multiples crises.
  • Retrouvons-nous en mai 2021 à Paris avec des délégations pour mettre en commun nos forces, nos messages, talents et initiatives pour un week-end digne de la Commune.
  • Une campagne de souscription servira de financer la campagne dans le but de renforcer l’ICOR. Chaque organisation membre, chaque Ami.e de l’ICOR devrait se fixer un objectif financier dans ce sens.
  • Notre campagne se déroulera, dans tous ses aspects, sous des conditions sanitaires correctes et sera adaptée à l’évolution de la crise sanitaire.

Organisons-nous pour la révolution prolétarienne ! En avant avec l’ICOR !

Vive la Commune (1871) !

Signataires (en date du 29/01 2020, d’autres signataires sont possibles):

  1. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
  2. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
  3. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
  4. UCLyon Unité Communiste Lyon, France
  5. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
  6. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
  7. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
  8. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
  9. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
  10. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
  11. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
  12. VZDOR VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
  13. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
  14. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

Résolution ICOR. Solidarité. Contre la vague brutale de répression anticommuniste aux Philippines

Résolution ICOR

Depuis 52 ans, le mouvement révolutionnaire aux Philippines, sous la direction du Parti communiste des Philippines (CPP), mène la lutte justifiée pour la libération nationale et sociale. Le régime fascisant de Duterte aux Philippines agit contre lui avec une terreur croissante, en qualifiant de « terroristes » les organisations de libération et leurs représentants et en les diffamant, en assassinant des représentants de premier plan, en tuant et en persécutant les militants des mouvements pour les droits de l’homme, des femmes et des jeunes ainsi que des syndicats. Avec des méthodes de terreur et une fascisation croissante de l’appareil d’État, le régime Duterte veut réprimer le déclenchement d’une crise qui touche la société dans son ensemble. Mais aux Philippines aussi, la crise économique et financière mondiale s’intensifie en corrélation avec la crise du coronavirus, et la recherche d’une véritable alternative sociale par les masses ne cesse de s’accroître.

La diffamation de la lutte de libération en tant que terroriste est anticommuniste et criminalise les cinq décennies de lutte de libération aux Philippines et la résistance armée du peuple philippin.

Duterte a commencé son règne en déclarant une prétendue guerre aux drogues, ce qui a conduit, sous ce drapeau trompeur, à plus de 30 000 meurtres illégaux et à des dizaines de milliers d’autres arrestations. Par ces méthodes contre-révolutionnaires le gouvernement Duterte tente de réprimer le mouvement de libération et de le faire taire. Juste avant la fin de l’année 2020, neuf militants indigènes ont été assassinés de manière coordonnée et sanguinaire dans la ville de Capiz, sept syndicalistes ont été arrêtés. Au début de son mandat, il a très tôt annoncé qu’il organiserait des négociations de paix avec le NDFP, mais ceux-ci ont été abandonnées en 2017 et, à la place, on a commencé à tuer les communistes en masse. Il est très urgent de renforcer la solidarité internationale contre cette répression anticommuniste agressive.

  • L’ICOR condamne le dénigrement anticommuniste de la lutte de libération des Philippines, du CPP et du NDFP, comme étant terroriste.
  • Elle exige du gouvernement philippin qu’il cesse de violer le droit international et de réprimer la lutte de libération !
  • Elle exige la mise hors la loi internationale du régime Duterte et
  • que les organisations CPP et NPA (New Peoples Army) soient retirées des listes de terroristes des États-Unis, de l’UE, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni.
  • Reprise des négociations de paix entre le gouvernement philippin et le NDFP.
  • La solidarité à l’échelle mondiale avec la lutte du peuple philippin pour la libération nationale et sociale est nécessaire !

Signataires (en date du 02/02 2021, d’autres signataires sont possibles):

  1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
  2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
  3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
  4. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
  5. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
  6. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
  7. PCT Parti Comuniste du Togo
  8. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  9. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
  10. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
  11. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
  12. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
  13. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
  14. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
  15. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
  16. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  17. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
  18. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
  19. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
  20. UCLyon Unité Communiste Lyon, France
  21. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
  22. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
  23. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
  24. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
  25. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
  26. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
  27. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
  28. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
  29. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
  30. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
  31. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
  32. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  33. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
  34. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
  35. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela

Résolution de l‘ICOR

Commémorons l’assassinat de Lumumba (1925 – 1961) d’il y a 60 ans

Soixante années se sont écoulées depuis l’assassinat de Patrice Emery LUMUMBA le 17 janvier 1961. Il a été le premier Premier ministre de la République démocratique du Congo après l’indépendance de la Belgique. Il a été arrêté par Mobutu deux mois et demi après son entrée en fonction et a été assassiné quelques mois plus tard par la CIA avec la participation des services de renseignement belges. Il a été un des grands dirigeants du mouvement de libération en Afrique qui a lutté avec intransigeance contre le colonialisme et le néocolonialisme, deux formes de domination impérialiste. L’élimination physique de P.E. LUMUMBA fait partie des stratégies des puissances financières dont le but est de détourner les peuples africains de la voie de l’émancipation totale du joug de l’oppression et de l’exploitation capitalistes par les grands monopoles, le capital financier, les pays impérialistes et leurs institutions.

Depuis l’assassinat de Patrice Emery LUMUMBA jusqu’à ce jour le peuple congolais ne s’est jamais résigné, et ce malgré un tribut très lourd qui dépasse des dizaines de millions de victimes, en terme de vies humaines. Aussi grâce aux enseignements de LUMUMBA, le peuple congolais a réalisé qu’il ne mettrait fin au pillage de ses richesses et à l’oppression que par une lutte systématique et organisée contre l’impérialisme. C’est de cette façon qu’il arrivera à mobiliser sa classe ouvrière, ses femmes et ses hommes issus des campagnes et des villes et en particulier aussi la jeunesse.

C’est ainsi, qu’il réussira à se doter d’un ordre social nouveau susceptible de le défendre et de lui procurer une vie digne. C’est pourquoi l’ICOR appelle les forces révolutionnaires et progressistes à travers le monde de soutenir le peuple congolais dans sa lutte pour l’émancipation, et surtout de le soutenir dans la construction d’un parti révolutionnaire capable de pérenniser l’esprit de lutte amorcée par Patrice Emery LUMUMBA.

Vive la solidarité internationale !

En avant avec l’ICOR !

Signataires (en date du 29/1 2021, d’autres signataires sont possibles):

  1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
  2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
  3. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
  4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
  5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
  6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  7. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
  8. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
  9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
  10. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
  11. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
  12. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
  13. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
  14. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  15. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
  16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
  17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
  18. UCLyon Unité Communiste Lyon, France
  19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
  20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
  21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
  22. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
  23. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
  24. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
  25. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
  26. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
  27. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
  28. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
  29. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
  30. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
  31. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  32. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
  33. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
  34. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela

LES MASSES POPULAIRES EN TUNISIE SE SOULÈVENT

POUR LA LIBÉRATION ET LA JUSTICE SOCIALE

Déclaration commune de Tunis du 20 janvier 2021

Les masses populaires tunisiennes sont entrées aujourd’hui dans une nouvelle phase de lutte

contre le régime en place, une lutte de classe qui n’a jamais été interrompue. Ce régime connaît

une crise qui a atteint un point de non-retour du fait de ses choix politiques et sociaux hostiles

aux intérêts des classes populaires, pauvres et marginalisées. Cette crise se manifeste surtout,

à ce stade, par un endettement très élevé, hors limites qui conduit à l’exacerbation du taux de

pauvreté et de la misère sociale. A cela s’est aussi ajouté les attaques frontales contre tout ce

qui restait des acquis sociaux obtenus après de longues années de luttes ardues menées sur

plusieurs générations – attaques qui ont notamment conduit à la casse de ce qui restait du

système éducatif et du système de santé.

Cette crise est l’expression d’un échec politique cuisant du système politique en place mis

désormais dans l’incapacité de faire passer les options et les choix politiques et économiques

de la coalition au pouvoir, reflet de la classe dirigeante qui essaie de vendre l’illusion d’une soi-

disant transition démocratique.

Les manifestations populaires actuelles, parfaitement légitimes, affrontent aujourd’hui une

répression politique sauvage, accompagnée de décisions judiciaires iniques et de comparutions

immédiates en masse – qui s’abattent même sur des enfants mineurs, ce qui ne s’était jusqu’ici

pas vu, même dans le cas d’affaires liées au terrorisme et à la corruption.

En conséquence, nous, organisations signataires de ce texte et parties prenantes actives des

révoltes des masses populaires, affirmons ce qui suit :

– ces révoltes populaires sont aujourd’hui le seul moyen pour exiger et imposer la liberté et

l’égalité.

– notre participation aux manifestations et luttes menées par les masses populaires est et

restera active et déterminée jusqu’à la victoire.

– nous appelons les manifestants à redoubler de vigilance face aux opérations d’infiltration de

la part des organisation politiques de la coalition au pouvoir qui tentent à diviser, de saborder

et de liquider ces luttes justes et légitimes.- nous posons comme revendication urgente et non négociable la libération immédiate et sans

condition de tous les détenus, y compris ceux déjà condamnés par les tribunaux.

– nous en appelons à toutes les forces patriotiques, révolutionnaires et aux masses populaires

révoltées (pauvres et marginalisées) à s’unir pour constituer une force cohésionnée contre la

coalition politique au pouvoir composée du pouvoir constitutionnel et des partis de l’islam

politique.

– Nous appelons, enfin, l’ensemble de notre peuple à poursuivre ses luttes par tous les moyens

qui sont à sa disposition et cela jusqu’au départ de la coalition politique au pouvoir.

* Le Parti des travailleurs

* Le Parti démocratique national uni

* Le Parti patriote et démocratique socialiste

* Le réseau des militants frontistes

* Coordination de la lutte

* Militants indépendants

* Le Parti communiste en cours de constitution et regroupant en son sein :

– La nouvelle voie communiste

– Le Parti de la lutte progressiste

– Le mouvement de la bannière des travailleurs

– Les Marxistes révolutionnaires

– Groupe de lutte révolutionnaire

Webinaire international : 200e anniversaire de Engels.

Webinaire international : 200e anniversaire de Engels.

Le samedi 13 février, la Coordination Internationale des Organisations et partis Révolutionnaires (ICOR), dont nous sommes membres, organise un webinaire (séminaire en ligne) à l’occasion du bicentenaire de la naissance du théoricien et militant communiste Friedrich Engels.

Ce webinaire sera sous la forme d’une présentation-débat sur sa lutte, son œuvre, son apport au mouvement révolutionnaire et de ses enseignements pour ce dernier. Il sera notamment animé par Sanjay Singhvi, membre du CPI(ML) Red-Star d’Inde.

Engels est un pilier bien trop peu connu du marxisme. Il est souvent remisé à un rôle de second couteau, occulté par Karl Marx. Pourtant, son œuvre reste encore d’actualité et mérite d’être connue et reconnue.

Ce Webinaire est pour nous tous l’occasion de revenir sur Friedrich Engels et d’approfondir la compréhension que nous avons de son travail. Cela nous permet de voir, à travers ses combat et ses réflexions toute la pertinence de ses enseignements. Engels a influencé autant l’histoire, la politique, la lutte des classes, les mouvements révolutionnaire, les sciences sociales…

Evènement international, ce webinaire offre également l’opportunité de pouvoir élargir nos horizons respectifs. Cela permet de découvrir d’autres expériences, d’autres regards, d’autres compréhension de l’histoire des luttes.

Elle aura lieu à 14 h GMT + 1 (fuseau horaire de Paris.), pout toute inscription, passez par nous ou directement par la coordination, en particulier pour les questions relatives aux traductions.

Vous pouvez également consulter le film réalisé par le MLPD et traduit en Français :

https://youtube.com/watch?v=q86lSCXPlTo%3Ffeature%3Doembed

Vive la lutte des paysans, des travailleurs et des ouvriers de l’Inde.

Communique ICOR – 22 janvier 2021.

Vive la lutte des paysans, des travailleurs et des ouvriers de l’Inde.

Nous soutenons la protestation permanente des agriculteurs et autres travailleurs indiens. Rassemblés par dizaines de milliers dans le froid de l’hiver, campant en plein air, les agriculteurs s’opposent à trois lois qui ont été adoptées de façon anticonstitutionnelle au Parlement sous l’égide du BJP, le parti au pouvoir qui soutient le fascisme hindouiste.

Le Covid : un catalyseur.

Le Covid a mis en évidence la fragilité du système capitaliste mondial. Partout, les gens sont désespérés de trouver du travail et des revenus. Partout dans le monde, des gens meurent, non seulement à cause de la pandémie directement, mais aussi à cause du stress économique causé par les politiques capitalistes en arrière-plan de la pandémie. Les seules personnes qui ont tiré des bénéfices massifs de cette pandémie sont les grandes entreprises.

Apple, Tesla, Amazon, etc. ont vu leurs actions atteindre des sommets sans précédent alors que le niveau de chômage dans le monde entier a également augmenté. Malgré cela, de nombreux gouvernements considèrent que le seul soulagement pour leur économie est de continuer à mettre en œuvre et à intensifier les politiques capitalistes en accordant des allocations et des concessions massives aux employeurs.

En Inde également, le gouvernement, sous le couvert du covid, a décidé de réduire davantage les droits des travailleurs, des agriculteurs et des autres travailleurs par diverses politiques. Les quatre codes du travail, les trois lois sur les agriculteurs, la loi sur l’électricité et d’autres lois qui vont encore accroître la détresse économique des masses laborieuses tout en enrichissant les grandes entreprises ne sont pas les moindres.

Le gouvernement Modi à l’attaque.

Les codes du travail ont d’abord été introduits au nom de la consolidation d’un nombre important de lois sur le travail. Cependant, en réalité, ils autorisent le “travail à durée déterminée” (alors que, auparavant, les travailleurs avaient droit à la permanence et à la protection contre les licenciements arbitraires, les réductions d’effectifs et les fermetures à l’issue de 240 jours de service continu). Ils autorisent également le règlement individuel des conflits par les travailleurs, en contournant les syndicats, et autorisent les licenciements, les réductions d’effectifs et les fermetures dans tous les établissements de moins de 300 travailleurs (contre 100 auparavant).

Ils ont rendu les grèves légales impossibles et réduit les protections déjà maigres accordées aux travailleurs contractuels en les limitant aux établissements employant plus de 50 travailleurs contractuels (contre 20 auparavant). En outre, de nombreuses grandes entreprises d’État comme Air India, BPCL (Bharat Petroleum Corporation Ltd), les usines d’ordonnances militaires, de nombreuses banques d’État, etc. sont en cours de privatisation. Tous les syndicats et fédérations centrales se sont opposés à ces mesures et sont en train de lutter contre elles.

Le même jour de septembre où les quatre codes du travail ont été adoptés, le parti au pouvoir a également adopté trois projets de loi sur les agriculteurs. Ces projets de loi ont supprimé la protection accordée aux agriculteurs (comme le fait que le gouvernement a fixé un “prix de soutien minimum” pour les produits, qu’il n’autorise la commercialisation des produits agricoles que dans les comités de commercialisation des produits agricoles (APMC) où la pesée et le prix sont contrôlés, qu’il n’autorise les contrats de vente de terres agricoles que dans certaines conditions, etc.

L’argument du gouvernement est que toutes ces mesures ne constituaient que des restrictions au droit de chaque agriculteur de conclure des contrats pour lui-même. En réalité, il s’agit de protections contre l’exploitation des agriculteurs et contre l’esclavage contractuel.

La paysannerie indienne dans le collimateur.

Dans un pays comme l’Inde, où les personnes possédant ne serait-ce que 10 hectares ou plus sont considérées comme de riches agriculteurs et où la superficie moyenne des terres détenues est à peine d’un hectare, de telles lois sont désastreuses. En bref, ces lois visent à asservir les agriculteurs aux grandes entreprises autant que les codes du travail visent à asservir les travailleurs. De même, la nouvelle loi sur l’électricité démantèle l’ensemble du système d’électrification protecteur en vigueur en Inde et confie le secteur de l’électricité à des acteurs privés.

Toutes ces lois sont également clairement anticonstitutionnelles. Par exemple, la structure fédérale de l’Inde exige que les lois sur l’agriculture ne soient adoptées que par les gouvernements des États. En utilisant une faille dans d’autres entrées, le Parlement central cherche maintenant à faire ces lois. De même, l’Inde est signataire des résolutions de l’OIT appelant à une consultation tripartite (travailleurs, employeurs et gouvernement) pour apporter des modifications à certains droits du travail. Ces droits ont clairement été violés. On cherche également à restreindre les droits des États et le gouvernement central cherche à s’approprier tout le pouvoir.

Dans cette situation, les travailleurs et les agriculteurs ont protesté. Après une série de journées de protestation dans l’atmosphère du Covid-19, dans le respect des restrictions en matière de distanciation sociale, de masques et d’assainissement, le 26 novembre a été marqué par une grève massive dans tout le pays. Les syndicats sont toujours en mode de protestation et ont fait le vœu de se joindre aux protestations des agriculteurs.

La lutte !

Mais c’est la protestation des agriculteurs qui a coupé le souffle. Des centaines de milliers d’agriculteurs sont descendus à Delhi depuis diverses régions du pays et ont assiégé la capitale nationale. Ils continuent à venir en bus et en tracteurs et à camper aux frontières de Delhi. De nombreux programmes de protestation sont prévus.

Le 13 janvier sera la journée de l’incinération des nouvelles lois sur l’agriculture et des codes du travail. Le 16 janvier sera le jour des protestations des minorités dans tout le pays, qui comprendront également des protestations contre la nouvelle loi de 2019 sur la citoyenneté, qui est ouvertement discriminatoire à l’égard des musulmans.

Le 18 janvier sera une journée de solidarité des femmes avec les agriculteurs qui protestent. Le point culminant sera le 26 janvier, qui sera célébré comme le Jour de la République de l’Inde avec un grand défilé à Delhi et dans les capitales des États. Les paysans ont lancé un appel à défiler à Delhi après le défilé du jour de la République afin d’organiser leur propre défilé au cœur de Delhi. De tels défilés auront également lieu dans toutes les capitales des États.

En préparation de cette manifestation, des manifestations de protestation auront lieu dans toutes les capitales des États à partir du 23 janvier. Tous les syndicats, à l’exception de ceux qui sont directement contrôlés par le parti au pouvoir, ont appelé à soutenir ces manifestations. Une épreuve de force est en vue. La lutte n’est pas seulement pour les droits des travailleurs et des agriculteurs, mais aussi pour l’essence même de la démocratie et pour préserver les droits des masses populaires indiennes contre les entreprises nationales et internationales en maraude.

Un seul monde : un seul front !

Nous appelons toutes les forces démocratiques du monde entier à soutenir ce mouvement. C’est la tâche de toutes ces forces démocratiques dans un monde qui est de plus en plus en proie au fascisme encouragé par l’impérialisme. Nous souhaitons le plus grand succès à la lutte des travailleurs et des agriculteurs de l’Inde.


Pour le travail, la terre, la liberté, la démocratie et le socialisme !



Signataires (à partir du 22 janvier 2021, autres signataires possibles) :

1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire (Proletarian Communist Party of Ivory Coast)
2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
4. Parti communiste du Kenya (CPK)
5. MMLPL Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine
6. CPSA (ML) Parti communiste d’Afrique du Sud (marxiste-léniniste)
7. PCT Parti Comuniste du Togo
8. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
9. MLOA Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan
10. Parti communiste du Bangladesh (CPB)
11. CPI (ML) Red Star Parti communiste de l’Inde (marxiste-léniniste) Red Star
12. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal
13. NDMLP Parti marxiste-léniniste néo-démocrate, Sri Lanka
14. CPA/ML Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
15. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie-Herzégovine)
17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
18. UC Unité Communiste, France
19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord-Turquie))
21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation communiste du Luxembourg)
22. RM Rode Morgen (Red Dawn), Pays-Bas
23. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
24. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
25. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti des travailleurs tchécoslovaques), République tchèque
26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti communiste léniniste marxiste Turquie / Kurdistan)
27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement de la classe ouvrière), Ukraine
28. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
29. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste paraguayen (indépendant))
30. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc Démocratique Populaire), Pérou
31. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République dominicaine
32. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti communiste révolutionnaire de l’Uruguay)

Entretien avec Houssem Hablani, porte parole du PPDS Tunisien (Parti des Patriotes Démocrates Socialistes, une organisation marxiste léniniste tunisienne, membre de l’ICOR).

Tunisie, nouvelle crise sociale et politique, 10 ans après le «printemps arabe».

En Tunisie, la crise économique et politique s’est aggravée. Les prix des aliments de base ont doublé ou triplé: semoule, farine, huile, légumes et fruits. Plusieurs vagues de licenciements dans l’industrie ont accru la pauvreté et la misère des travailleurs tunisiens.

Les jeunes tunisiens des quartiers populaires sont descendus dans la rue avec colère. Si les émeutes nocturnes semblaient s’être apaisées ces derniers jours, elles ont repris de plus belle après la mort d’un jeune homme, Haykel Rachdi, de Sbeïta. Il a été touché à la tête par une grenade lacrymogène lors d’une manifestation le 19 janvier. Selon plusieurs témoins, la police l’a délibérément abattu. Depuis la mi-janvier, une répression brutale a été menée contre les manifestants. Avec plus de 600 arrestations en 4 jours, des arrestations violentes et des tirs de balles en caoutchouc, le gouvernement tente d’étouffer dans l’œuf une inévitable mobilisation.

L’impérialisme français n’a pas hésité à apporter un soutien logistique et policier pour réduire les protestations : pas moins de 60 engins anti-émeute ont été envoyés cette semaine de Marseille. L’impérialisme français agit également pour ses propres intérêts économiques en Tunisie et dans la région en général. Cela rappelle qu’en 2011 la ministre française de l’Intérieur, Michelle Alliot-Marie, a offert au dictateur Ben Ali «le savoir-faire français» pour le maintien de l’ordre.

Solidarité avec les luttes du peuple tunisien!

UPML


Entretien avec Houssem Hablani, porte parole du PPDS Tunisien (Parti des Patriotes Démocrates Socialistes, organisation marxiste léniniste tunisienne, membre de l’ICOR). 
(Les questions ont été posée par le Rassemblement Communiste) Votre analyse politique affirme que le processus révolutionnaire qui se déroule en Tunisie suit plusieurs phases depuis les années 80 : Comment inscrivez-vous les soulèvements populaires ces derniers jours dans ce processus ? Houssem Hablani: La révolution est tout un processus progressif qui commence par l’émeute et le soulèvement jusqu’à arriver à la révolution qui transforme entièrement la société. Sachant bien sûr qu’on peut avoir plusieurs soulèvements sans pourtant parler d’une révolution. Comme dans le cas tunisien. La Tunisie vit depuis les années 70 du siècle précédent jusqu’aujourd’hui dans un long parcours révolutionnaire, malheureusement il n’a pas abouti à un vrai bouleversement social en faveur du socialisme, mais, l’expérience politique que le peuple a accumulé est extrêmement importante. Le peuple est sorti le 26 janvier 1978 pour dire NON à la politique répressive et policière du régime bourguibien, puis ce fut le soulèvement du 03 janvier 1984  contre la hausse des prix des produits alimentaires, ensuite, les soulèvements dans le bassin minier à Gafsa en 2008, et en 2011 le soulèvement le plus avancé, qui a eu comme résultat un bouleversement politique menant à la fuite de Ben Ali et un changement de régime politique de présidentiel à parlementaire, pour plus de liberté politique. Mais ce changement était loin d’installer la vraie justice transitionnelle qui se base sur la liberté et la dignité et sur le développement économique et social. Cette nouvelle machine politique depuis 2011, gérée par les obscurantistes, les islamistes, n’a fait que poursuivre la même politique d’injustice contre le peuple, ce qui a engendré plus d’appauvrissement et de misère. Cela a attisé le soulèvement populaire encore une fois, qui s’inscrit bel et bien dans ce qu’on appelle le processus révolutionnaire. Que répondez-vous aux médias officiels qui répètent depuis le début des affrontements qu’il s’agit de bandits et de terroristes ? HH: Certes, toutes les politiques du système d’aujourd’hui incriminent les soulèvements populaires. Les dirigeants vont, à travers les médias qui collaborent, accuser les jeunes qui protestent de bandits et de terroristes. Mais nous connaissons cette politique qu’on a pensé finie avec l’ancien régime. Notre parti a participé aux protestations et nous soutenons fortement la jeunesse révoltée, et au contraire de plusieurs partis du centre et de la droite, nous avons insisté sur le fait que même si on vole ou on casse pendant la révolte, ce sont les actes de ceux qu’on a trop longtemps méprisé et appauvri, ces jeunes sont les victimes du régime corrompu et mafieux. Toutefois, notre rôle en tant que révolutionnaires et intelligentsia est d’augmenter la conscience de ces jeunes révoltés et de les orienter pour qu’ils ne soient plus des victimes passives et pour les protéger contre toutes sortes de manipulations quelles qu’elles soient, et enfin les guider sur le chemin de la révolution. Il y a sans doute un lien direct entre ces soulèvements populaires et les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire qui sévissent depuis des mois en Tunisie, avec l’étincelle du couvre-feu décrété pendant la célébration des 10 ans de la révolte populaire qui a fait tomber le dictateur Ben Ali : Quel est le contexte social et économique qui conduit à la situation actuelle ? Quelle est la place des puissances impérialistes, dont la France, dans cette crise ? HH: Depuis 2011, la Tunisie et son peuple subissaient toutes sortes de violations, car ceux qui ont pris la place de l’ancien régime ont été pires que leurs prédécesseurs : ils ont trouvé un pays fortement épuisé, et au lieu de le reconstruire ils l’ont détruit. En effet, il n’y a pas de soulèvement sans raisons et sans motifs ; l’injustice sociale, les politiques non patriotiques, la corruption, les inégalités, et plusieurs autres causes, sont à la base de ces révoltes populaires. Outre la pauvreté, on est obligé de subir les conséquences néfastes du COVID19 qu’on était capable de surmonter, si ce n’est les décisions arbitraires prises par la mafia politique et commerciale qui pensaient investir dans l’épidémie au lieu de fournir l’infrastructure sanitaire et monétaire pour lutter contre ce fléau. Comment donc un peuple qui témoigne de ces politiques d’exploitation atroce peut supporter un couvre feu qui ne fait qu’augmenter ses malheurs ! Concernant la place des puissances impérialistes, notamment la France en Tunisie, on le sait très bien, et on est conscient de cette intervention obscène, et qu’un pays semi colonisé comme le nôtre ne peut être qu’un terrain fertile pour les grandes puissances occidentales pour y piller les richesses et exploiter la main d’œuvre locale. En fait, la dernière période difficile sur le plan sanitaire et économique nous a dévoilé le vrai visage de l’impérialisme qui ne considère pas la santé humaine : il y a l’Italie qui nous envoie ses ordures, il y a la France qui épuise notre terre et notre classe ouvrière (les usines françaises qui n’ont pas appliqué les règles du confinement, ce qui a augmenté la contamination), Les USA qui nous envoient des fourgons pour faire face au soulèvement populaire… Je dirais que s’il y a un fléau plus mortel que la Coronavirus, c’est bien l’impérialisme. La période ouvre t-elle une possibilité de recomposition pour les forces révolutionnaires tunisiennes et de préparer l’avenir ? HH: Nous gardons toujours l’espoir en tant que révolutionnaires, dans la coalition des forces patriotiques  démocratiques et toute la gauche,  et dans l’avenir aussi. Car effectivement notre parti a présenté depuis son dernier congrès du 28/29/30 août 2020 tout un programme de coalition des partis patriotes démocrates qui sera elle-même un appel à la reconstruction d’un front populaire porteur d’une nouvelle vision et qui réunira démocratiquement toute les forces de la gauche révolutionnaire. Je ne vous cache pas qu’un tel processus peut prendre du temps bien qu’on se soit mis d’accord avec plusieurs partis pour organiser des évènements de protestations et de soutien au peuple révolté : ça marche, en fait, et on espère améliorer l’entente pour atteindre notre but, qui est la construction de la plus grande coalition de gauche pour renverser le régime actuel et bâtir l’avenir qui sera l’indépendance totale et le socialisme.